The 100 avait la mission de prouver qu’elle était l’une des meilleures productions TV de networks. Cette saison, la série a fait parler d’elle à cause de polémique mais également de sa qualité assez balbutiante.

Aucun spoiler sauf indications.

Nous ne reviendrons pas sur l’histoire de la polémique Lexa qui a causé beaucoup de remouds sur le Net. Nous vous invitons à regarder notre émission Serial Causeurs sur le sujet. En dessous de la vidéo, vous trouverez également tous les articles relatifs à cette polémique.

Cette histoire n’a pas foncièrement propulsé la série niveau curiosité puisque les audiences ont encore baissé cette saison. The 100 atteint maintenant péniblement les 1.5 millions de personnes. Et ce n’est pas qualité globale de cette saison 3 qui va aider à faire renaître l’intérêt et l’excitation que l’on avait en regardant la saison 1.

Vous pouvez également retrouver notre avis sur une bonne partie de la saison 3 dans Serial Causeurs.

Pour résumer la pensée, la saison 3 est partie sur des luttes de clans assez indigestes. La partie exploration de la saison 1 avait déjà disparu durant la saison 2 mais on était en face d’intrigues un peu plus tenue et originales avec ce Mont Weather qui tendait à proposer quelque chose au goût de SF. La saison 3 semblait aller vers une thématique plus terre à terre, c’est le mot, avec des guerres de territoires, de hiérarchie et de pouvoir.

Mille fois hélas, la sauce ne prend pas, la faute à des luttes intestines qui prouvent que la série restreint son univers à deux lieux et à autant de tenants et aboutissants. En effet, The 100 ne semble ne vouloir raconter qu’une chose : la colonisation et la survie ne peuvent produire que des guerres. Or, il est regrettable d’oublier toute la diversité de la planète Terre, sa faune (découverte dans le premier épisode, oubliée depuis mis à part le gorille mutant) et ses multiples lieux abandonnés ou récupérés. A ce titre, le final de la saison, nous prouve que l’univers doit s’étendre.

Où est l’intérêt de rester dans les tensions quand la planète se présente à vous ? Il est évident que personne ne semble apaisé et surtout personne ne semble comprendre contre qui se battre. Les adjuvants sont multiples, changeants et peu pertinents. Clarke a perdu beaucoup de son charisme à force de rester dans le stéréotype de la leader pacifiste, Octavia idem, mais du côté vengeresse. Tous les personnages s’obligent à prouver qu’un territoire et leur présence doivent se justifier. Au-delà des considérations politiques et sociétales que la thématique de la colonisation implique, créativement, nous sommes loin de quelque chose de vraiment jouissif. Certes, artistiquement, la série est dans le haut du panier avec des décors et une proposition graphique rares mais les intrigues ne jouent que sur des techniques rincées.

Il faut attendre les 5 derniers épisodes pour que le côté SF de la série reprenne le pas. ALIE est alors au centre de l’intrigue et nous avons enfin un objectif clair, précis. Les personnage sont tous impliqués, il n’y a plus de trahisons sorties de nulle part. Seulement voilà, le final de la saison est assez navrant.

The 100 -- "Fallen" -- Image HU310b_0053 -- Pictured (L-R): Michael Beach as Pike and Chris Larkin as Monty -- Credit: Bettina Strauss/The CW -- © 2016 The CW Network, LLC. All Rights Reserved

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Beaucoup TROP de scènes de ce genre cette saison….

ATTENTION SPOILERS

Clarke décide de porter la puce. Quelle révélation ! Nous l’avions deviné depuis une poignée d’épisodes. Outre cette idée peu surprenante, le final décide d’aligner les imbécillités. Clarke se retrouve dans la Cité des Lumières et y croise… Lexa, sortie de nulle part. Aucune explication n’est donnée à sa présence en tant que rebelle. Les esprits des corps portant la puce sont présents mais encore sous le contrôle de la puce, alors pourquoi Lexa est une rebelle ?

Outre le fan service, on ne voit aucune logique là-dedans. Autre idée, la mère de Clarke décide d’ouvrir la cage thoracique de Ontari pour un massage cardiaque manuel. On nage en plein délire. Mieux, Raven crée un portail pour que Clarke ait accès au fameux kill switch, cet interrupteur qui peut interrompre Alie. Cette notion d’interrupteur est légitime mais de là à montrer un VRAI INTERRUPTEUR, nous sommes créativement au rabais.
Le portail apparaît comme dans un jeu de réalité virtuelle, comme dans les séries et films qui ont surfait sur ce sujet dans les années 90 quand cette technique faisait sensation. Il se matérialise sur un mur près de Clarke. Ringard.

En quinze minutes, The 100 détruit toute ambition créative. D’ailleurs, on peut penser que la violence de la série pouvait être une solution facile pour choquer et être pertinent. Il n’en est rien. The 100 a fait le ménage dans ses personnages, en a tué nombre et réussit le pari de proposer une violence graphique encore troublante : crucifixion, tortures diverses, morts soudaines. IL faudrait cependant prendre le temps de proposer une atmosphère moins étouffante et d’avoir des personnages moins asphyxiés par les enjeux. On se dit à chaque fin de saison, que les personnages doivent être exténués et psychologiquement bien atteints (Monty qui tue deux fois sa mère, Jasper qui perd tous ces love interest…).

En apprenant que la Terre va devenir toxique, on se demande si cette révélation est véridique et si l’idée de voir une fin de série qui tend vers l’apaisement est crédible. Ne tendons nous pas vers une fin pessimiste avec une vraie fin du monde ?

FIN SPOILERS

The 100 en a dans le ventre, il suffit juste de ne pas subir le poids de ses intrigues. Elle a de sacrés atouts pour perdurer et proposer bien plus qu’une simple guerre. L’univers proposé est intéressant, les auteurs ont des personnages assez différents pour tenter de ne pas tous les mettre dans le même sac, alors on attend beaucoup de la saison 4 qui va relever le niveau. A être trop anxiogène, la série évolue dans le mauvais sens et perd son public.