Au Coeur de L’Océan, c’est aller plus loin qu’une simple adaptation d’un livre connu ou remake d’une histoire, on adapte l’histoire vraie qui a inspiré le livre Moby Dick. Forcément, le processus créatif est limité par la véracité des faits et fatalement du gigantisme de la bête.

Au Coeur de l’Océan est le nouveau film de Ron Howard, réalisateur académique s’il en est avec entre autre Willow, Rush, Apollo 13 ou Da Vinci Code, Backdraft… des films connus, reconnus, bien ficelés, certains cultes, d’autres ressemblants à des commandes de studios. Mais au final, Howard fait toujours le travail et propose des films carrés qui vont à l’encontre des modes.

Pour In The Heart Of Sea / Au Coeur de l’Océan, Ron Howard réengage Chris Hemsworth (Thor, Rush) pour jouer Owen Chase, second capitaine de bateau qui a chassé le futur Moby Dick, gigantesque baleine. Il est aidé dans son aventure par les excellents Cillian Murphy, Benjamin Walker et le futur Spider-Man Tom Holland (The Impossible). Dans un schéma narratif rappelant un peu trop L’Odyssée de Pi, le film déroule son histoire sans temps mort. Pour les adorateurs du film d’Ang Lee, vous aurez la sensation d’assister à une version purement dramatique, en évitant toute poésie et toute fantaisie, du chef d’oeuvre de 2012. Le personnage revient sur son aventure pour qu’un écrivain en fasse le transcript. Il y a des menaces maritimes, un naufrage, une île, une histoire de survie et surtout il y a une volonté de proposer plus qu’un film de monstre. La bande-annonce est à 80% centré sur la chasse à la baleine alors qu’elle n’est qu’un prétexte pour proposer un film sur la survie et sur le courage (comme dans tous les films de Ron Howard). Une grosse partie du film se passe tout de même hors du bateau, narrant le long séjour des naufragés.

coeur de l'océan

©Warner

La bonne idée de Howard a été de rendre chaque personnage suffisamment indépendant de leur background pour offrir un film dénué de toute sensationnalisme ou de mélodrame. Owen Chase a laissé femme et enfant sur la côté mais jamais il ne sera pris de remords ou repensera avec nostalgie au foyer familial. Howard a réussi à raconter une histoire simple, sans chichis, sans boursouflures Hollywoodiennes. Et c’est là que le bas blesse car rien ne nous surprend, ne nous prend aux tripes. Tout semble déjà vu et peut-être mieux fait ailleurs. On ne sent aucun danger véritable, c’est toujours le problème quand on a un narrateur adulte qui parle de son enfance, on sait que ce personnage n’aura aucun problème à survivre à tout. Même si dans ce cas le personnage est secondaire, on ne pense pas que Chase pourra y laisser sa peau sauf si on veut en faire un héros. Et ça ne semble pas du tout le cas durant tout le film.

coeur de l'océan

©warner

Au Coeur de l’Océan reste un film très bien ficelé, avec des gimmicks de mise en scène (des gros plans sur des détails comme une corde, une bougie, un visage) sympathiques qui tranchent avec le côté très académique du projet. Hemsworth est plutôt bon mais ne tient pas le film. L’ensemble vaut mieux que la somme des parties et le film saura divertir sans surprendre. La baleine semble moins impressionnante que dans les trailers et n’est pas traitée comme une menace mais plutôt comme un catalyseur de beaucoup de choses. On parle de courage évidemment mais aussi de place dans la société, de défi et de regard de l’autre. Sans souffle réellement épique, Au Coeur de l’Océan saura tout de même vous proposer une aventure humaine de 2 heures complètement immersive.