L’échéance approche. Après des années d’attente, de circonvolutions et de surprises, le jour va enfin arriver : dans 10 jours sort le nouvel épisode de Star Wars, début d’un nouveau cycle pour la saga, 30 ans après l’épisode IV.

Bonne occasion de reparler, avec un grand plaisir, de la saga cinématographique la plus culte de l’Histoire du Cinéma, qui a bercé tant d’enfances et, au vu des nouvelles récentes, continuera d’en bercer d’autres. Cette année, pour couvrir cet évènement cinématographique majeur, Small Things a mis les petits plats dans les grands.  En effet, le site propose cette année un contenu pour le moins complet : il s’agit pour nous de rendre hommage à l’ampleur mondiale de cet évènement, en en explorant toutes les facettes. Si moi-même, Adrien, parlerai des films (ou au moins de la prélogie et des épisodes V et VI), Léo parlera des dessins animés, Tom des curiosités liées à l’univers Star Wars, Akiha du film Fanboys, traitant justement du rapport des fans à cette franchise, et Mélanie aura enfin le privilège de parler du film qui a tout lancé, à savoir Un Nouvel Espoir. L’équipe entière concluera par ailleurs avec les attentes de chacun envers ce nouveau, septième, pavé de la saga, avant bien sûr la critique du tant attendu Le Réveil de la Force pour finir en beauté. Vous étiez prévenu, cette semaine (longue, de 10 jours) sera centrée sur la saga des étoiles. Et c’est moi qui ai le privilège d’ouvrir le bal : parlons donc de l’Episode I : Star Wars, la Menace Fantôme.

Remarquez d’emblée, au vu du titre ; que nous procéderons de manière chronologique quant à l’histoire racontée par les films, et non la chronologie des films eux mêmes (rappelons que les trois derniers épisodes, auxquels fait plus ou moins suite le film à venir, font figure de Trilogie Originale et sont sortis avant les trois « premiers »). On en vient donc, en ce premier jour de notre longue semaine dédiée à la saga initiée par George Lucas, à vous parler de l’Episode I, La Menace Fantôme. Après avoir été absent de la réalisation lors des deux derniers films (les épisodes V et VI étant respectivement réalisés par Ivan Krishner et Richard Marquand),  George Lucas annonce, environ vingt ans après la sortie du Retour du Jedi, la sortie dans les années 2000 (plus précisément en 1999, 2002 et 2005), d’une nouvelle trilogie relatant les débuts de certains personnages iconiques de la saga, mais surtout le récit de la victoire de l’Empire Galactique Sith contre la République Jedi. C’est donc en 1999 que sort cet Episode I, aujourd’hui plutôt conspué par les fans de la saga, pour de nombreuses raisons, dont certaines pourront être reprises ici.
Nous sommes donc dans une situation de paix instable, où les séparatistes tentent de résister aux taxes commerciales que veulent leur imposer la République, en bloquant une des principales planètes en faveur de cette taxe, dirigée par la Reine Padmé Amidala. Seulement, la guerre semble proche, les Jedi combattant avec de plus en plus de difficulté les séparatistes et les Seigneurs Sith qui les aident, alors qu’une personne puissante de leur propre camp, inconnue d’eux, semble œuvrer à leur dépens. C’est dans cette situation que nos personnages croiront à l’accomplissement immédiat d’une ancienne prophétie, d’un jeune homme capable à lui seul de rétablir l’équilibre dans la Force, et d’instaurer une paix durable dans la galaxie. Ils placent ainsi leurs espoirs dans un enfant, le jeune esclave de Tatooine, Anakin Skywalker
Star Wars I

L’impressionnante course de PodRacers

Ce sont de nouvelles bases à sa saga intergalactique qu’à voulu apporter George Lucas avec cette nouvelle trilogie, et les premières minutes de ce nouvel épisode le confirment bien. Une esthétique fondamentalement différente, fondée sur le tout numérique, beaucoup plus lumineuse et colorée, apporte un sentiment d’irréalisme et de monde onirique assez étrange mais au moins intéressante. Bien plus de créatures improbables (c’est d’ailleurs d’une d’entre elles, Jar Jar Binks, qui mettra le feu aux poudres chez les fans, de par son côté ridicule, presque parodique et impropre à ce qu’est la saga Star Wars), plus de batailles d’une plus grande longueur, des droïdes en tous genres, Lucas s’amuse et s’approprie avec ambition les nouvelles technologies pour s’assurer une réussite visuelle. C’est le cas, et le spectateur en a plein les yeux ; bigger and louder, le film propose de nombreuses scènes épiques, d’une course de lanspeeder ahurissante (la vitesse des engins rendue vivante comme jamais au cinéma, un genre de Fast and furious 7 intergalactique… presque 20 ans avant), à un combat final en double main (Gungans contre Droides, Obi­Wan et Qui­Gon contre Dark Maul), tout est bon pour affoler la rétine du spectateur, sans toutefois l’abrutir d’un trop plein, de nombreuses scènes de discussions et d’apprentissage de valeurs Jedi, ainsi que de fomentation de plans maléfiques, étant au programme.
Les nouvelles bases évoquées, Lucas les propose aussi au niveau de l’écriture de ses films.. Si la trilogie originale, on y reviendra, avait su proposer une opposition classique mais pour une fois efficace entre Bien et Mal, cette nouvelle série, origine de Dark Vador oblige, semble souhaiter complexifier les choses, montrant l’arrogance souvent problématique de certains Jedi, le comportement obscur et méprisant des plus élevés, ainsi que le côté séduisant du Côté Obscur, de sorte que l’on comprenne mieux comment une reconversion, qui n’arrive ici pas encore, est possible dans un univers pourtant dominé par les bonnes intentions. Si elle a pu gêner les fans les plus hardcore de la trilogie originelle, force est de constater que cette nouvelle ambition est louable, et témoigne au moins d’une volonté de ne pas se reposer sur ses acquis. L’envie de proposer au spectateur plus qu’une simple opposition bien/mal peut bien sûr paraître banale aujourd’hui, à l’ère du divertissement à la Nolan où la figure du héros intouchable et propre sur lui est devenue presque inexistante, mais rappelons que pour l’époque, le film arrivait, encore, à proposer de la nouveauté à un public nourri à la trilogie originale et aux divertissements des années 80/­90 comme Jurassic Park, pleins de bons sentiments et bon enfants, manichéens en Diable.
C’est une nouvelle ambition thématique qu’apporte donc Lucas à sa saga culte, dépassant le cadre de l’épopée qu’elle était pour proposer une véritable aventure humaine, les oppositions sont moins flagrantes, les rivalités sont en revanche plus marquées, la méfiance et partout. Le manichéisme,  principal défaut, que d’ailleurs n’avait pas réussi à contourner Spielberg dans son dernier Indiana Jones (autre déclencheur de réactions de dégoût hystériques et parfois malvenus des fans des films originaux), est ici dont assez brillamment évité par Lucas, quitte à en décevoir certains qui auraient préféré une ambiance plus fidèle. Obi­Wan un peu impétueux face à son maître, Jar Jar qui semble donner tout son corps pour décrédibiliser ce film, une ambiance colorée et numérisée, cela faisait sans doute un peu trop pour les fans, en l’occurrence nombreux, qui se sont empressés d’y voir une trahison par son propre créateur de la brillante œuvre de base.
Star Wars I

Le terrifiant diable Sith : Darth Maul

Bien sûr, le film n’est pas exempt de véritables et objectifs défauts, bien qu’il soit difficile de faire preuve d’une impartialité totale quand on est soi-­même amateur du genre. Le jeu d’acteur, par exemple, est souvent très moyen, certains comme Liam Nesson et Natalie Portman en font tout simplement trop, l’un dans on rôle de faux Alec Guiness inflexible et sage, l’autre en jeune ingénue fatiguée par le poids du monde sur ses épaules, mais un peu trop aimante et bienveillante. Le jeune Anakin, enfin, est tête à claque et insupportable au possible dans un rôle qui, par ailleurs, pour l’anecdote, le poursuivra toute sa vie et le dégoutera même de sa possible vocation d’acteur. Par ailleurs, et il s’agira d’un problème récurrent dans cette nouvelle trilogie, certains personnages secondaires fascinants manquent cruellement de développement, et n’ont pas le temps de passage à l’image suffisant pour s’assurer une quelconque complexité. Etonnant et agaçant, par exemple, de voir le personnage de Jar Jar (encore lui, il revient même dans la critique, quelle horreur) prendre le temps d’écran et le gâcher, alors que Dark Maul doit se contenter d’une réplique à peine audible et de deux combats (dont un second quand même superbe). Bien sûr, Dark Maul comme d’autres se verront développés par la suite dans les séries animées sur l’univers, mais en l’occurrence, dans le film, cela génère beaucoup de frustration et d’agacement par rapport à ce que le personnage aurait pu apporter au film.
Une fatigue peut par ailleurs se faire ressentir au bout du visionnage, un certain sentiment d’ennui face à la multitude d’informations explicatives qui nous sont données (la Force due à un grand nombre de … midi­-chloriens ? On est bien avancés avec cette connaissance si précise), l’impression un peu étouffante se fait ressentir, d’une volonté écrasante, presque scolaire, d’un élève qui veut montrer qu’il connait tellement son sujet qu’il digresse en permanence sur tel ou tel détail fort anecdotique.
George Lucas, au vu des qualités et défauts que l’on a pu relever, semble donc avoir vouloir bien faire pour ce premier épisode de la nouvelle trilogie. Les qualités, presque toutes, amènent bien quelques défauts, mais le tout est plongé dans un besoin de montrer le spectaculaire (en témoigne la bande ­son seule, entraînante et épique, écoutée pour tout vous dire en cours d’écriture de cet article), d’impressionner et d’intéresser le spectateur, dans une démonstration de talent parfois bancale mais très certainement impressionnante. Réussite, peut être pas encore, mais cet Episode I est au moins un belle profession de foi, un nouveau début de qualité pour Star Wars. Ce que ne sera pas le cas pour sa version 3D…
Star Wars I

Agréable, non ?

 

Qu’ajouter ? Que vous retrouverez demain Akiha, qui vous parlera du film « Fanboys », contant une histoire fortement liée à ce nouveau premier épisode de la saga… Quant à moi, vous me retrouverez dans deux jours, pour vous parler de l’Episode II de la saga intergalactique, second de cette nouvelle trilogie : Star Wars, l’Attaque des Clones !
AMD