Halloween se trouve derrière nous, mais cela n’empêche pas Scream Girl, un slasher comique de sortir aujourd’hui dans les salles et directement en VOD avec Sony Pictures.

L’autodérision, c’est bien, quand c’est meta, c’est encore mieux. Scream Girl aka The Final Girls contient des deux et c’est peut-être pour ça que le film d’horreur comique s’en sort pas mal du tout.

Todd Strauss-Schulson réalise ici une œuvre plutôt brillante avec de jolies images saturées. Scream Girl regorge de références à l’horreur et applique des méthodes comiques appréciables. Teen-movie slasher de second degré à la Cabane dans les bois, ou encore Tucker et Dale fightent le mal, on est loin de la parodie classique. La narration respecte les codes du genre et arrive même à expliquer les twists au public sans condescendance. Pour la touche d’authenticité, les décors vintage et bien sûr, la promenade dans les bois !

©Stage6

©SonyPictures

Le début de Scream Girl semble assez classique, Max (Taïssa Farmiga) et sa mère (Malin Akerman) entretiennent une relation très fusionnelle avec un rapport inversé à la Gilmore, mais hélas, un accident de voiture retire la vie à Nancy. Quelques temps plus tard, Max, lycéenne de son statut, se fait convaincre d’aller voir Camp Bloodbath, un slasher des années 80 culte dans lequel sa mère tient le rôle d’une des victimes… Beau moyen d’honorer sa mémoire. Mais quand un incendie se déclare dans le cinéma, Max, sa meilleure amie (Alia Shawkat), le demi-frère de celle-ci (Thomas Middleditch), le type sur lequel elle a des vues (Alexander Ludwig) et son ex (Nina Dobrev) entrent malencontrueusement dans le film (à la Pleasantville, tout à fait). Alors qu’eux connaissent en détails comment l’histoire va se dérouler, dès les premières minutes du film, l’héroïne qui est censée les sauver n’est plus vraiment en état de le faire. S’ensuit alors une improvisation bien comique de la meilleure façon de survivre. Très vite, les conseillers de la colonie de vacances se rendent compte que quelque chose cloche avec les nouveaux venus, mais enfermés dans leurs stéréotypes, ils ne s’attardent pas dessus. Toutefois, quand le tueur à la machete apparait, leur alliance va devenir nécessaire…

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Etrangement émotionnel quand on assiste aux scènes de retrouvailles entre la fille et la mère, qui ignore tout de son état de personnage fictif bien entendu, et si on oublie les blagues grasses et lourdes du début, le film se regarde avec grand plaisir. M.A. Fortin et Joshua John Miller, les scénaristes, dessinent des personnages clichés qui renforcent l’humour comme il faut pour être pris au second degré, avec la blonde potache qui n’a aucune chance de s’en sortir et la « mean girl » de service qui le reconnait elle-même. Au-delà de l’aspect délirant, le message se lit clairement, on peut s’affranchir de l’étiquette qu’on nous accole et dépasser les attentes. Puis malgré le sang et le gore, le spectateur s’attache réellement à Max et sa mère qui partagent des scènes très fortes.

(P.S. : Franchement, c’était pas gagné d’avance. Je n’accroche vraiment pas du tout au genre, voire sous-genre, le slasher comique, mais Scream Girl se hisse clairement au-dessus du lot. Et tant mieux.)