After Earth semblait briser la carrière de Shyamalan et de Will Smith. Avec Diversion, l’un se remettait en selle. Avec The Visit, Shyamalan fait dans la facilité… pour mieux repartir ?

Que nous cachent les grands-parents de Tyler et Becca ? Les deux enfants vont rendre visite à leurs grands-parents qu’ils n’ont jamais vus. À leur arrivée, le comportement étrange des deux septuagénaires inquiète.

Night Shyamalan restera-t-il l’homme au film unanime unique ? Sixième Sens a été son premier gros succès et depuis, il peine à retenir l’attention du public. Incassable est culte pour certains, nuls pour d’autres. La Jeune Fille de l’eau, Le Village, Signes, Phénomènes e Avatar sont très discutés. The Visit est un retour à la terreur pure… normalement.

The Visit

©Universal

Avec The Visit, on sentait ce désir de revenir à un film sobre, jouant sur les codes du film de terreur, un Signes sans alien. En voyant les premières images, on doutait de la capacité à Shyamalan de pouvoir revenir avec des films qui ne jouent pa que sur des bouts de ficelle et des rebondissements hasardeux. De plus, l’utilisation du found-footage rajoutait une couche de désintérêt. Étant réputé pour sa mise en scène, Shyamalan se désavouait lui-même en répondant à l’appel du found footage, genre déjà mort. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça n’a rien apporté au film. Si le principe est justifié (les enfants font un documentaire) permettant de ne pas avoir des séquences inutilement narratives, le found footage annihile quasiment les ambitions créatives. A un ou deux rares moments, le plan est recherché (dont un zoom inexpliqué) mais ce gimmick de mise en scène n’était vraiment pas nécessaire pour The Visit.

Les moments de terreur sont dans la bande-annonce. Après 40 minutes, tout le trailer est passé. Il ne reste donc que les effets de surprise du scénario. Les jumpscares de la bande-annonce sont dépassés, le film ne va pas au-delà et le scénario s’enlise alors dans un traitement bête du genre. Si la révélation n’est pas surprenante, le scénario prend son temps et joue alors sur des non-surprises. Il y a alors deux façons d’appréhender la suite. Soit on accepte que Shyamalan ait choisi de brouiller les pistes pendant la première moitié du film, soit on n’accepte pas que Shyamalan ne soit pas plus cohérent dans son traitement du genre.

SPOILER INTRIGUE

Inscrire son film dans du réel est la meilleure idée du film. On peut avoir peur lors d’une certaine séquence en pensant que le film allait prendre un côté grandguignol mais The Visit arrive à garder les pieds sur Terre et devient un très honnête film sur une terreur véritable, humaine, réaliste.

The Visit

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Il est alors dommage de constater que le film nous a surpris pour les mauvaises raisons pendant 40 minutes, et ne nous surprend plus pour de bonnes raisons pendant les 40 autres. The Visit se permet quand même de mettre au premier plan des enfants pas insupportables, et mêmes drôles avec Tyler. Les ajouts comiques sont bien dosés et très efficaces. L’humour rajoute un joli décalage avec la vraie terreur et la découverte avec ce recul du vrai visage des grands-parents. Shyamalan se permet aussi de réutiliser un gimmick de Signes avec le passé des personnages qui sert à passer un cap et à gérer l’urgence. Dommage. L’humour rajoute un joli décalage avec la vraie terreur et la découverte avec ce recul du vrai visage des grands-parents.

On termine également sur une note mélancolique et dramatique bien gérée malgré la fausse note du plan final. Shyamalan ne transparaît dans aucun compartiment du film. The Visit reste un film bien rythmé mais maladroit dans son traitement. On ne sort pas déçus, mais on sort un peu trompé. Les codes d’un genre ont cannibalisé ceux d’un autre et Shyamalan a encore du pain sur la planche pour réussir à nous bluffer.