Trois épines, deuxième tome de la saga Rose Morte de Céline Landressie, est sorti vendredi dernier aux éditions Milady. On retrouve notre héroïne 10 ans après La Floraison. Elle s’est fâchée avec Artus et mène sa vie en Russie. Lorsque la révolte gronde, son mentor lui demande de revenir auprès de lui afin de l’aider à mettre de l’ordre dans tout ce chaos. Arrivera-t-elle à survivre aux intrigues des immortels et surtout, arrivera-t-elle à pardonner au comte son long silence ? Une chose est sûre, leur mésentente leur fera prendre de plus gros risques…

Six mois après la sortie de La Floraison (la chronique ici), Céline Landressie revient avec Trois épines, la suite des aventures de Rose, une jeune femme devenue immortelle. Ce nouveau tome se situe dix ans après l’histoire que nous avons découverte au mois d’avril. Artus a envoyé Rose en Russie et ce qui devait n’être qu’un court voyage s’est transformé en une très longue attente sans aucune nouvelle de la part de son mentor. C’est donc pleine de ressentiments que notre héroïne retourne chez les frères d’Holival après avoir reçu une lettre d’Artus lui demandant son soutien.

trois-epines-rose-morteLà où nous avions laissé une Rose quémandant de l’affection et totalement perdue, nous retrouvons une femme forte, déterminée mais également brisée. Ces dix années sans aucune nouvelle l’ont rendue aigrie. Elle n’acceptera aucune excuse, aucune explication, si bien que le lecteur n’en aura pas non plus puisque Rose est l’unique narratrice.

En effet, Trois épines est placé sous le signe de la mésentente, si bien que le comte Artus, qui sait toujours aussi bien cacher ses secrets, ne nous renseignera en aucune manière sur le pourquoi de son silence ainsi que sur la nécessité du retour de Rose. La tension est palpable tout au long de récit et le lecteur devra attendre les derniers chapitres pour enfin saisir l’étendue du quiproquo.

Céline Landressie nous emmène cette fois-ci dans une époque où les conflits qui règnent chez les Humains vont réussir à atteindre les Arimath. La révolte va également gronder chez les êtres surnaturels : des alliances improbables vont se créer afin d’attaquer Artus et son clan. Rose sera bien plus en danger qu’elle ne le croit et elle devra faire confiance à l’homme qu’elle déteste si elle veut survivre.

Trois épines est un tome surprenant, l’intensité du récit étant totalement différent de celui de La Floraison. L’histoire étant bien amenée dans le premier tome, on comprend ici que l’auteure souhaite avancer et nous faire rentrer encore plus dans le monde qu’elle a créé. Les complots seront nombreux, l’intrigue bien au rendez-vous et la tension incroyable. Un second tome très bien écrit qui réussira à frustrer le lecteur tant les indices nous sont donnés avec parcimonie.

Céline Landressie réussit une fois de plus à convaincre le lecteur et à le rendre totalement accro à son histoire. Romance, aventure et créatures fantastiques se mêlent à la perfection pour un roman étonnant et totalement original. Seul point négatif de Trois épines, car il en faut bien un, les descriptions qui entachent parfois le récit et qui font sortir le lecteur de l’histoire. Dommage…

« Le comte l’observait, arborant toujours ce vague froncement de sourcils.

– Rose, laissez-moi vous ex…

– Allons, mon seigneur, vous n’avez pas à vous expliquer, coupa-t-elle avec un sourire sucré. Ce fut on ne peut plus claire. Croyez-m’en.

– Madame, s’il vous plait, intercéda Adelphe, qui s’était rapproché de son frère. Ecoutez-le.

Rose haussa un sourcil, conférant ainsi à son sourire une touche de moquerie. L’écouter ? Elle n’était plus assez naïve pour cela. Le risque était trop grand de se laisser bercer par sa voix de miel tandis qu’il lui déverserait à l’oreille un astucieux verbiage. Or, elle avait assez soupé de sa duplicité. »