Alors que Blumhouse continue d’envahir le cinéma d’horreur avec ses projets à petits budgets plus ou moins bien ficelés selon les cas, certains projets sont même assez attrayants pour être sur d’avoir l’honneur de passer dans les salles. C’est le cas de Lazarus Effect, au casting ambitieux et à la thématique intéressante. Mais venons-en aux faits.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Lazarus Effect commence assez mal. Durant les 20 premières minutes du film, le spectateur se retrouve en effet assailli de screamers en tous genres, et de situations prétendument inquiétantes mais globalement manquées. C’est donc avec crainte que le spectateur, du moins si il est un peu aguerri au genre, se met à croire que le film ne va être qu’une énième production ratée à la « Chroniques de Tchernobyl » ou « Catacombes« , assuré qu’il va encore passer un (pas si long) moment à ne plus croire à l’horreur contemporaine.

C’est sans compter le talent du réalisateur David Gelb, du scénariste et des interprètes, qui semblent avoir profité de cette assez longue introduction pour préparer leurs effets, à l’image du staff de Metropolitan durant l’avant-première du film (cf photos en fin d’article). En effet, à partir du moment de la renaissance du personnage d’Olivia Wilde (au demeurant très crédible et enthousiaste dans son premier rôle horrifique), le film commence vraiment, et l’équipe du film laisse libre court à leur imagination. Sans vouloir trop dévoiler l’intrigue, disons que les spectateurs pourront alors de délecter de Poltrergeist-eries, de visions cauchemardesques et de morts plutôt originalement traitées, tout cela étant justifié par un scénario qui n’est pas sans rappeler celui de Lucy, mais qui a ici pleinement sa place dans un film d’horreur sans vraie prise de tête.

lazarus effect

©Metropolitans

Bien sûr, tout n’est pas réussi dans cette seconde partie d’1h10 non plus : quelques tics scénaristiques pourront parfois agacer le spectateur , comme la répétition abusive de lumière clignotantes. Certaines situations se retrouvent également un peu sur la touche, la faute à un Mark Duplass pas toujours à l’aise dans son rôle, et l’utilisation de musique stridente pas toujours très utile ou inspirée. Mais tous ces défauts ne suffisent pas à gâcher un film généralement bien interprété, avec en plus un Evan Peters toujours aussi convaincant hors d’American Horror Story. Un film à l’ambiance glaçante comme il le faut, qui sait proposer certaines (très) bonnes idées.

Si il ne révolutionne pas le genre, Lazarus Effect prouve une fois de plus que Blumhouse reste au top de sa force, et n’a pas besoin de beaucoup plus faire peur. Alors que les films de la firme continuent à rapporter, le budget reste toujours aussi serré, ce qui ne gâche en rien le film. Certains devraient en prendre de la graine…

 

A.M.D.