Appelé Welcome to Yesterday avant d’être repoussé de plusieurs mois, Projet Almanac débarque sur nos écrans.

Un jeune étudiant brillant en physique découvre un plan pour fabriquer une machine à remonter dans le temps. Il initie ses potes pour des expériences temporelles.

Réalisé par Dean Israelite, cousin de Jonathan Liebesman (Ninja Turtles), ce Projet Almanac est une variation de Chronicle sur le thème du voyage dans le temps. Rien de plus, rien de moins. On filme façon found footage, le casting est principalement ado, le propos est profondément ancré dans des thématiques ados, bref c’est tout à fait un projet pour MTV.
Si Project X et Chronicle n’étaient pas du tout produit par MTV FIlms, ce Projet Almanach vient, avec quelques années de retard, surfer sur le succès des deux films. Si le choix de filmer en found footage est déjà dépassé depuis pas mal d’années, ça n’a vraiment plus aucun poids dans la narration (comme 80% des projets de ce type). Le scénario doit s’adapter à ce mode de mise en scène hélas. Nous avons alors des scènes dans l’ambiance « pris sur le vif » et le fait de filmer tout ce qu’il se passe n’est pas pertinent du tout.  Le scénario ne va pas plus loin que son postulat de départ, nous avons des jeunes qui voyagent jusqu’à trois semaines dans le passé pour aller à un concert, réussir un exam et draguer. Rien de plus.

projet almanac

©Paramount

On peut aisément trouver le film bas de gamme dans son traitement du voyage dans le temps. Malgré des tentatives qui aurait pu être ambitieuses, le film peine à maintenir l’intérêt par une prise de position évidente : vous avez moins de 25 ans? vous trouverez ça mauvais. Les seules préoccupations de ces voyageurs temporels ne dépassent pas le simple plaisir. Evidemment, ils ne peuvent revenir dans le temps que trois semaines mais il n’y a aucune ambition qui parcourent ne serait-ce qu’un instant les personnages. Voyez plutôt, le héros a perdu son père il y a dix ans et cette idée scénaristique ne sera reprise qu’à la toute fin pour donner un peu de pathos mais jamais durant le métrage, le héros n’aura pas l’ambition de proposer un peu de folie et de risquer sa vie pour briser cette limite de 3 semaines. Projet Almanach n’ose rien de peur, peut-être, de perdre sa cible de vue.

Tous les personnages sont assez dispensables. La soeur qui filme les mésaventures n’aura qu’une scène où on peut la voir des pieds à la tête, le reste ne se compte que sur les doigts dune main dont une scène où on verra son décolleté. Brillant… La love interest et le héros sont les deux principaux personnages, les deux potes sont la caution comique et raciale : du scénario de génie. Ne parlons pas de leur jeu qui est quand même assez limite.

Oui, le scénario est assez idiot. Parler de voyage dans le temps est assez risqué quand on n’a pas une vraie vision avec un semblant de règles plausibles. Projet Almanach ne cherche pas à creuser l’idée. On change le passé, ça a des répercussions sur le présent, point barre. Il n’y a même aucun message fort puisqu’on ressort juste avec l’idée qu’il faut s’amuser. Ca n’aide en rien la réputation des teen movies, loin de là. Quand le scénario s’emballe, c’est pour grossièrement évoquer que leur time-jumps ont provoqué des catastrophes. Quoi de plus débile de penser que des jeunes faisant la fête ont provoqué un accident d’avion avec 200 morts. Evidemment. Une lueur d’espoir apparaît quand un personnage évoque l’effet papillon qui rend un peu plus crédible cette idée mais dans l’exécution, les événements du film n’ont que très peu de densité dramatique. Après une bonne demi-heure de vide scénaristique, dix minutes de concert pour promouvoir Imagine Dragons et le Lollapalooza Festival (peut-être la scène la plus humaine du film), on se demande toujours où veut nous mener Projet Almanac. On pense avec bonheur que le film ira jusqu’à une conclusion avec des tripes comme l’une proposée par L’Effet Papillon. Nous n’aurons juste qu’un film où le héros perd pied, perd ses repères et joue trop avec le feu. La conclusion sera assez incohérente et ne permettra pas au film de gagner des points précieux.

Assez anecdotique mais avec une énergie estampillée MTV, Projet Almanac est fun, décomplexé mais très peu attirant par son contenu. Il est en deçà d’un Chronicle et même d’un Projet X. McFly peut dormir tranquille, Projet Almanac ne fera pas date dans les films sur les voyages dans le temps. Regardez plutôt le moins raté Plus One que nous avions critiqué sur le site.

En salle le 25 février.