David Robert Mitchell propose son second film après The Myth of the American Sleepover. Il passe du côté obscur du thriller d’épouvante avec un propos hautement improbable et intelligent pour le genre.

Jay est enlevé par son petit ami de passage qui le met devant le fait accompli : elle va devoir faire face à sa malédiction. En effet, quelqu’un le suit sans arrêt prenant la forme de n’importe qui. S’il se fait attraper, il meurt. Désormais suivie, Jay va devoir faire face à une terreur de tous les jours.

Maika Monroe transperce l’écran dans It Follows, petit film de terreur filmé comme un Carpenter avec une musique très synthétique mais avec une modernité du propos affolante. Le film aurait pu sortir à l’époque où le Sida explosait, il aurait eu un retentissement absolument dantesque. Là, It Follows arrive presque à remettre dans les consciences la peur de la MST. Brillament orchestré, It Follows intrigue dès ses premières minutes. Ces figures qui suivent les personnages sont d’autant des figures morbides représentant la Mort, le Destin Funeste, la Maladie mais aussi la Culpabilité.
Avec une réalisation particulière, proche du film d’auteur chiant  il faut le dire, le film narre par petites scènettes la lente descente aux enfers de Jay. Panoramiques, économie de dialogues, Mitchell en dit plus par l’aspect formelle que par le fond diablement percutant en quelques secondes.

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©Metropolitan

Malgré une présence un peu fatiguante d’une musique trop démonstrative; It Follows prend le contrepied de tous les films d’horreur qui se veulent sensationnels. Il n’y a peut-être que James Wan qui pourrait se vanter d’avoir un nouveau fils spirituel. On pense aussi à Sofia Coppola dans son désir de filmer le vide de cette jeunesse et de parler plus qu’on ne l’imagine de sujets importants. Dommage aussi que le film se perde dans sa dernière bobine par un excès de confiance peut-être car Mitchell est allé un peu trop dans la démonstration aussi.

It Follows a déjà surpris les festivaliers de Dannes (nommé pour le Grand Prix de la Semaine de la Critique) ou de Deauville (Prix de la critique internationale), le film a surpris le jury de Gerardmer ces derniers  jours avec le Grand prix ! Assurément, le début d’une carrière intéressante pour David Robert Mitchell.

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