Voilà, le rideau est tombé sur cette saison 4 de AHS intitulée Freak Show. Vous avez pu lire une review quasi hebdomadaire avec son lot de grandes réussites, de grands moments mais aussi de déceptions.

Finalement, chaque année, le même schéma s’opère, on attend beaucoup de la saison grâce à des somptueux teasers, le premier épisode nous amène sur une autre piste puis les dix épisodes suivants vont ça et là produire du sens, aller à droite, à gauche sans jamais être vraiment cohérent. Le dernier épisode ne conclut pas vraiment les intrigues, mais plutôt l’univers représenté. Freak Show n’y échappe pas.

L’épisode 4×13 Curtain Call offre une conclusion somme toute peu surprenante. L’art et la manière de proposer cette conclusion sont dans le ton de la saison avec violence, brutalité et grâce. Dandy est le personnage tampon de la saison et se rend utile dans cet épisode pour passer le point de non-retour chez beaucoup de personnages. Pendant dix minutes, on sera donc spectateur d’un massacre qui nous fait penser à deux choses. La première est que cette fin de saison a été assez pénible narrativement avec des personnages se rendant utiles périodiquement. Quand ce n’est pas Neil Parick Harris qui vient faire la guest inutilement, c’est donc le personnage de Dandy qui reprend le Freak Show pour en faire pas grand chose. La seconde chose est que l’épisode est construit par petites ellipses et se concentre sur les personnages plutôt que les intrigues. On peut faire le parallèle avec Lost qui s’est intéressée aux personnages durant deux saisons pour ensuite s’attarder sur des idées de narration pour ensuite terminer sur les personnages et embêter pas mal de fans aveuglés. Freak Show opère ce concept en dix épisodes. Elsa Mars, Jimmy et Bette & Dot sont les personnages centraux de cette saison et on s’intéresse à leur devenir.

freak show

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Suivant un rythme soutenu, l’épisode n’ennuie pas et on sent doucement pointer un sentiment de vie qui défile, de tranches de vie qui soulignent que le temps a beaucoup fait de ravages. C’est un peu dans cette vision que l’on doit inscrire Freak Show. L’histoire de ces freaks qui se cherchaient une place a été le point d’orgue dans beaucoup d’épisodes. Mais souvent, l’idée était éclipsée par des moments de haute volée qu’ils soient violents, surprenants ou narrativement osés. Sous-jacent, le propos était en filigrane de la saison avec pour exemple parfait l’épisode Orphans Pepper est au centre des attentions.

Souvent, c’est au détour d’un flashback ou d’une entrée dans l’intimité que Freak Show prenait son sens. Les meurtres, les coups bas ou les menaces n’avaient qu’un poids ridicule face à la dimension humaine et tragique de certains personnages. Encore une fois, Freak Show propose une peinture d’hommes et de femmes fantasmants une vie rêvée comme dans Asylum, Murder House ou Coven/ Vie parfaite de couple parfait, pouvoir suprême, immortalité, utilité dans la société, chaque saison voit la miséricorde humaine soulignée.

On retiendra de cette saison 4, une Jessica Lange, un peu en deçà de son talent, son personnage reste assez similaire aux précédents. Sarah Paulson tire son épingle du jeu avec une double interprétation fascinante des sœurs siamoises et devient de plus en plus extraordinaire. Evan Peters a un rôle totalement à l’opposé de Coven et ça fait du bien. Les ajouts comme Michael Chiklis ou Finn Wittrock sont devenus indispensables. Il ne manquait vraiment que pour relever le tout.

Freak show

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Dans AHS, la somme des parties est supérieure à l’ensemble. Freak Show n’échappe pas à la règle. Des épisodes sont formidables, mais le tout manque de tenue. On sent clairement un fléchissement après le premier tiers. Les audiences s’en ressentent aussi d’ailleurs. Si on parle d’une refonte totale du concept pour la saison 5, on aimerait surtout que la série parvienne à intriguer et à faire parler pendant toute une saison.