Stephen Hawking est un exemple fascinant d’homme que la Vie n’a pas épargné. Tout un sujet pour en faire un film dramatique de haute volée.

Hawking est un homme qui a vu son destin quasi-brisé quand la maladie de Charcot s’est déclarée. Lui qui voulait comprendre le temps et l’univers s’est vu coincé dans un corps qui ne voulait plus avancer. Lui-même se retrouver alors dans une spatialité réduite et un temps compté. Hawking voulait aller dans les étoiles et la Vie lui a simplement laissé son cerveau pour y parvenir. Surpporté par sa femme, Jane, Stephen va continuer sa quête philosophico-physique.

Supporté est bien le mot. Le film dresse le portrait de Jane (Felicity Jones, parfaite) qui se permet une parenthèse de deux ans pour aider et aimer Stephen. 2 ans, c’est l’espérance de vie du docteur Hawking. On est dans les années 60. 15 ans plus tard, Stephen Hawking est toujours là et de nos jours, il est encore célébré (guest-star dans Big Bang Theory !). On comprend vite que Jane sacrifie beaucoup et que s’occuper d’un malade est un combat de tous les jours. Eddie Redmayne interprète Stephen Hawking avec un mimétisme incroyable. La déchéance du corps et la magnificence de l’esprit sont magnifiquement rendues. Les deux personnages sont aussi importants l’un que l’autre et le film dresse vraiment un portrait de deux personnages liés, complémentaires, différents, riches.

merveilleuse histoire du temps

©Universal

La vie de Stephen Hawking es un roman (d’ailleurs le film est bassé sur le livre de sa femme qui a raconté cette histoire d’amour), il est vrai mais le film n’arrive pas à dépasser le côté quasi-cliché de ce drame romantique. Une Merveilleuse Histoire du Temps narre rapidement les événements, on ne s’attarde pas sur la progression du mal qui ronge Stephen, James Marsh et Anthony McCarten (réalisateur et scénariste respectivement) s’attardent avant tout sur la progression de l’histoire d’amour, de couple. Il est difficile de ne pas penser à l’aura même de Stephen Hawking qui transcende le projet cinématographique. Si on ne connaît pas l’individu, le film est assez basique, académique. Certains choix de mise en scène soulignent le propos comme les séquences en super 8 ou le personnage de Jonathan assez cliché.

Pourtant, le film excelle dans certaines propositions comme des images diablement poétiques, des dialogues intelligents entre la foi et la science et une musique de Johan Johansson magnifique (lauréat d’un Golden Globe). S’il n’évite pas quelques longueurs, Une Merveilleuse Histoire du Temps rend compte du combat quotidien de Stephen Hawking et d’une histoire d’amour obligée, une amitié sans faille, une compassion éternelle. Les acteurs sont parfaits, l’histoire assez balisée, mais merveilleuse. Alors oui le film est très académique, oui le film est assez mélo, mais l’académisme n’est-il pas ce qu’on enseigne dans le cinéma ? Le mélo n’est-il pas finalement la base de toute histoire dramatique ? Servi par l’histoire d’un homme incroyable, Une Merveilleuse Histoire du Temps rappelle à chacun que le temps est sacré, qu’il défile et qu’il laisse des traces, mais qu’il en restera toujours pour vivre. Nous ne sommes rien et tout à la fois.

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