Amy Poehler, que vous pouvez suivre dans Parks and Rec, nous livre une première autobiographie très personnelle.

Peut-être qu’à 42 ans, la moitié de notre vie est passée. Mais est-ce qu’une moitié suffit pour écrire des mémoires ? Quand on s’appelle Amy Poehler, on peut dire que oui, très certainement, et qu’il était temps.

En tant qu’autobiographie, je pense pouvoir dire que tout y est. Son enfance, son adolescence, les galères du début de sa vie professionnelle, ses années Saturday Night Live et la fin de Parks dans le désordre en variant de thème d’un chapitre à l’autre. Surtout, c’est la fin de Parks & Recreation dans quelques mois, il n’y a rien de plus juste au niveau du timing. On se rappelle aussi des petites pastilles d’humour lors des cérémonies des Emmy Awards ou des Golden Globes, ben sur tout ça, il y a un petit mot dessus. La présentation de son livre est vraiment originale, ça faisait longtemps que je n’avais pas lu quelque chose avec des images en couleurs. Des petites notes du boulot, des photos de son enfance, tout est là pour retracer son parcours. On a le droit en plus à des participations de guests comme Seth Meyers (son ancien collègue du SNL et le présentateur du Late Night) ou Mike Schur (le créateur de Parks) et bien sûr une très grande pensée de Tina Fey (qui est sa femme du travail). On apprend des détails assez drôles sur le cast de Parks (la tante de Retta est la présidente du Libéria ?!), ceux du SNL et même sur son frère (le créateur de Welcome to Sweden). Le livre est généreux de compliments sur tous ses collaborateurs, il décrit bien les difficultés de trouver la bonne blague au SNL, et combien au final, elle a eu de la chance.

yes please

©NBC

 

Alors, Amy Poehler est actrice, mais elle est aussi une mère (qui n’a pas peur de dire qu’embaucher une nounou n’est pas un crime). Ses chapitres sur la maternité se complètent très bien avec ceux de son enfance. Son ex-mari se pointe au cours de notre lecture sans tabou avec ses livres favoris pour surmonter un divorce, ses aventures d’un soir aussi, sans oublier la drogue récréationnelle qui a pu lui donner des idées, et quelque part, c’est rassurant de voir à quel point elle est normale. Poehler, elle, n’a pas connu tout Hollywood avant d’être connue. Diantre, elle n’est pas hyper connue aujourd’hui, même. Mais son talent est bien là. Le pouvoir du rire, ça pourrait être un chapitre de son livre, mais elle a préféré choisir des titres qui collaient mieux à son parcours comme « how I fall in love with improv », au développement personnel comme « do whatever you like » ou « be whoever you are ». Faire rire intelligemment, pas grassement.

I love saying ‘yes’ and I love saying ‘please.’ Saying ‘yes’ doesn’t mean I don’t know how to say no, and saying ‘please’ doesn’t mean I am waiting for permission. ‘Yes please’ sounds powerful and concise. It’s a response and a request. It is not about being a good girl; it is about being a real woman.

C’est ce qu’elle dit de son titre. Et ça reflète bien le contenu. On a droit à des anecdotes sans fioritures, on peut rire mais on peut surtout se sentir très inspiré. L’esprit de Smart Girls (sa websérie où elle parle des questions que peuvent avoir les jeunes filles sur des trucs girly) est bien là, la féministe dans son temps (aussi appeler assumer sa blonderie), qui pense que chacun devrait faire de son mieux pour tout, et qu’on ne devrait pas agir différemment devant une femme ou un homme. D’accord, ce n’est pas une grande écrivaine, mais euh, je pense qu’on s’en fiche un peu, c’est pas pour le style qu’on lit ce genre d’ouvrages. Ses messages sont assez généralistes et universels, oui, mais elle illustre ses opinions d’une anecdote personnelle à chaque fois. Beaucoup de sujets sont mentionnés, elle donne un avis respectueux tout en essayant de distiller des conseils par-ci et par-là, mais on sent bien que c’est sa vision de la vie. Attention, hein, ce n’est pas forcé ni imposant, ça nous élargit juste l’horizon sur des réflexions plus ou moins fréquentes. C’est une actrice engagée, dans le quotidien, et qui dégage cette aura qui donne envie d’y croire. Croire qu’il reste un espoir pour l’humanité.

(P.S. : okay, mon objectivité est peut-être pas des plus neutre, mais ça vaut la lecture, vraiment. Vivement son film avec Tina Fey.)