The Walking Dead continue de faire toujours plus d’audience avec toujours moins de contenu…

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode précédent, nous avons fait connaissance avec le modèle de prêtre le plus cliché au monde, le père Gabriel (le prénom n’est pas significatif, nooon), un froussard patenté qui n’agit qu’au nom de Dieu. Mais pire encore : alors que Rick et ses potes s’installent dans l’église sans trop de souci, Bob, l’un des membres, est capturé par Gareth (l’ancien proprio du Terminus) qui ne se fait pas prier et se « sert » sur le corps de Bob. L’épisode finissait sur la meute de cannibales mangeant la jambe de Bob

Now, nous arrivons juste après le charmant festin de Gareth and co, tandis que Rick et les autres sont divisés quant à la question d’un départ pour Washington…

Four Walls and a Roof

©AMC

20 secondes. C’est le temps d’apparition, toutes scènes confondues, de zombies à l’écran dans ce troisième épisode. Record battu, bravo Greg Nicotero, Robert Kirkman et tous les autres. Il faudrait leur expliquer que ce n’est certainement pas en réduisant le temps d’apparition des zombies qu’on appréciera plus la série, bien au contraire. D’autant que question personnages, le mal est fait : ils sont déjà tous aussi profonds qu’une coquille de noix, ce qui ne compense aucune réduction. Chaque épisode semble confiner un peu plus un ou plusieurs personnages au décor : Glenn et Maggie, cette semaine, en sont les victimes, alors que Glenn est quand même l’un des plus anciens et que Maggie est connue pour son caractère. Et encore, ceci n’est que l’un des nombreux paradoxes et incohérences que chaque épisode soulève : par exemple, pourquoi Rick utilise- t-il toutes les balles de son flingue pour tirer dans le vide alors qu’il veut économiser les munitions ? Pourquoi le père Gabriel, qui explique qu’il ferme les portes à minuit et que, quand il a entendu tous ses fidèles tambouriner désespérément la porte, il n’a pu que pleurer en les entendant se faire dévorer, n’a-t-il justement pas ouvert la porte ? Ca va faire plaisir à l’Eglise, ca. Des armes dans le sanctuaire du Seigneur, et en plus un serviteur de Dieu cliché et couard ? C’est à se poser des questions sur l’esprit des producteurs…

Mais on s’égare. Pourquoi s’égare-t-on justement ? Parce que cet épisode est vide. Vide, oui, c’est le mot. Entre Gareth qui, à part avoir une gueule ressemblant peu ou prou à Robert Knepper et une attitude pompée sur le Joker, entre les dialogues inutiles (Rick : « qu’est ce que ca t’a fait d’arriver au Terminus, Tyreese ? » ; Tyreese : « Ca m’a tué » ; Rick : « Non ca ne t’a pas tué ». Fin du dialogue), ou encore le mélo interminable sur les souffrances de Bob, on aurait largement pu réduire les frais de tournage en faisant de cet épisode le plus court jamais réalisé sur petit écran. Car en effet, qu’en retenir ? Une espèce de pseudo-tension créée par un ennemi cannibale franchement pas angoissant, pseudo-tension ruinée par le déferlement de violence auquel se livrent Rick et ses amis, et une franche rigolade quand on voit Bob s’agiter comme un fou et révéler un truc qui pourrait être fatal à Gareth et son groupe (on vous dira pas quoi, on n’aime pas vraiment la série, mais pas au point de spoiler). C’est tout. Le reste n’est que discours interminables, dialogues yeux dans les yeux tous plus ennuyeux les uns que les autres, avec toujours plus de poncifs. La série traîne et se traîne, écrase le spectateur d’un mélo et d’un pathétique toujours plus désespérants. Se focaliser sur un seul personnage secondaire, qui par la même occasion passe de ombre à lumière en un clin d’oeil, ne rendra pas le personnage plus profond, et de surcroît quand ensuite on fait tourner les dialogues à vide.

Four Walls and a Roof

©AMC

Cette série n’est rien que du sang et beaucoup trop de larmes, et cet épisode en est le parfait exemple. Il y a longtemps que Tyreese a cessé de nous toucher, que Glenn ne nous fait plus rire, que Rick ne nous berne plus par sa grosse voix… Même Daryl semble au second plan et Michonne perd en punch. Quant aux « sidekicks » (Bob, Sasha, Abraham…), ils sont tous plus délaissés les uns que les autres par la réalisation. Le Père Gabriel, tant qu’à être cliché, aurait pu être traité sinon à contre-emploi, du moins avec plus de secrets que celui d’une paroissienne particulière qu’il a vu se transformer en zombie… Quant à Gareth, méchant éphémère, n’importe quelle poupée paraît plus effrayante à côté de lui. Le seul bon point de cette semaine est l’invalidation, par Robert Kirkman (dessinateur et producteur exécutif) de la théorie selon laquelle tout cela n’est que le fruit du cerveau comateux de Rick. Tant mieux : tant qu’à foirer son entrée, autant protéger la fin, et cette fin aurait été vraiment la chose la plus décevante de The Walking Dead, ce qui aurait constitué un exploit, après 5 saisons d’une telle teneur

Dans l’univers de The Walking Dead, la Terre est désolée. Et nous, nous avons aussi sombré dans la désolation.