Blackout Baby, le nouveau thriller de Michel Moatti, est sorti au début du mois d’octobre chez HC Éditions. Un an après son premier roman Retour à Whitechapel, Michel Moatti ne lâche pas ce sujet qui le passionne : les serial-killers londoniens dans les années 40…Une fois encore, et comme le sous-titre l’indique, Blackout Baby nous entraîne dans le Londres de la Seconde Guerre Mondiale, au fil des ruelles sombres et de meurtres inexpliqués…

blackout-baby-moattiBlackout Baby se déroule pendant a Londres pendant le « blitz ». Si vos cours d’Histoire sont un peu loin, le blitz était l’opération militaire de bombardements stratégiques visant la ville de Londres. Pour éviter trop de pertes civiles, des mesures ont été prises par le gouvernement anglais : d’une part la mise en sécurité des enfants « opération joueur de flûte », et d’autre part un black-out complet de la ville afin de rendre les cibles moins faciles à atteindre.

Dans ce Londres sombre, fragilisé, détruit par endroit, d’horribles meurtres sont commis et la police déjà très sollicitée peine à pouvoir enquêter.
Le gouvernement anglais n’a d’autre choix que de faire appel à des gens extérieurs mais expérimentés pour mener l’enquête. C’est ainsi que nous retrouvons l’héroïne du précédent livre, Amelia Pritlowe, à peine remise de l’enquête sur le meurtre de sa mère commis par Jack l’Éventreur.

N’ayant pas lu Retour à Whitechapel, c’est donc sans réellement connaître ni l’histoire de l’héroïne ni le style de Michel Moatti, que je me suis lancée dans la lecture de Blackout Baby. J’ai tout de suite été accrochée par le style et la manière très vivantes de décrire ce Londres meurtri. Dans chaque passage sombre de la ville, le froid nous transperce, l’obscurité nous inquiète. L’héroïne en convalescence apporte un plus du côté psychologie des personnages : comment retrouver une vie normale quand votre ville se fait bombarder quasiment toutes les nuits ?

Blackout Baby étant un thriller, comment ne pas parler de l’enquête ? C’est l’élément qui m’a le moins plu. Les meurtres sont une redites de l’Éventreur : l’écho de Jack est trop présent. Le Blackout Ripper a bel et bien des airs du célèbre serial-killer… J’aurais aimé quelque chose de moins répétitif, de moins prévisible.

Pour résumer, Blackout Baby est un excellent thriller du point de vue de l’ambiance, parfaitement retranscrite, qui fait froid dans le dos. La documentation sur l’époque (point fort de Moatti) est parfaite et donne une vraie valeur ajoutée au livre. Il pêche par contre un peu quant à l’enquête.