Comme souvent, deux films avec le même sujet sortent à quelques mois d’écart, Hercule de Brett Ratner et La Légende d’Hercule de Renny Harlin. Le second est une grosse purge et le premier, dont on va parler, est une bonne surprise.

Dwayne Johnson est devenu une masse musculaire en quelques films. Déjà impressionnant dans des films comme Le Roi scorpion, Bienvenue dans la jungle ou Southland Tales, il est devenu le montre que l’on connaît avec Voyage au centre de la Terre, Fast and Furious ou encore Pain and Gain. Acteur au capital sympathie énorme, celui que l’on connaît sous le nom de The Rock semble prendre beaucoup de plaisir à faire la promo de Hercule, son dernier film.

Hercule raconte le combat du fameux demi-Dieu avec sa bande de combattants enchaînant les missions contre un peu d’or. Hercule doit son aura à sa légende montée de toutes pièces par les dons d’orateur de son neveu.

Ne vous fiez pas à la bande-annonce du film, Hercule ne montrera pas de combats dantesques entre créatures mythologiques et demi-Dieu ou d’histoire d’amour tragique. Le coeur même du film est vraiment la légende d’Hercule ou comment on construit la réputation d’un guerrier à travers les récits fantaisistes que l’on fait de ses batailles. C’est pas ce biais que le ton et l’ambiance du film se construisent. C’est assez agréable de voir une certaine modernité dans la façon de décrire ce genre de personnage. Ce détachement par rapport à toute l’emphase autour d’Hercule rajoute un second degré quasi permament qui parcourt le film.  Il ne sera pas rare de trouver dans des idées de mise en scène et dans des dialogues, cette volonté de casser les mythes anciens et de rendre compte, finalement, que les plus grands récits bibliques ou antiques peuvent être issus d’interprétations. Ratner arrive avec quelques idées de mise en scène à rendre compte de ce constat (les centaures notamment) néanmoins sa réalisation reste assez plate. Au niveau du trauma du personnage, il n’envahit pas la bobine et sert juste à enchaîner sur le climax avec un Ralph Fiennes totalement hors sujet. Dwayne Johnson fait le travail et on le voit vraiment donner de sa personne avec un certain plaisir. Il aurait été intéressant de travailler un peu plus son personnage avec des scènes plus intimistes.

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©Paramount

Jouer et démonter les légendes deviennent les atouts de ce film qui finalement n’a pas grande ambition. Le film reste très plan plan et n’est pas aidé par un scénario qui est très très mince. On peut découper le film en 5 phases très claires : introduction, première bataille, entraînement, seconde bataille, révélation et scène finale. La courte durée du film (1h39) donne un beau rythme au film mais donne surtout l’impression de ne voir rien de vraiment époustouflant. Ratner propose des batailles assez morbides, frontales mais peu originales. Au delà d’une production value assez pauvre (il faut voir Dwayne Johnson dans un costume clairement mal conçu qui n’épouse pas du tout son corps et des décors sans grande recherche plastique), Hercule propose une histoire sans surprise et avec des personnages bien campés qui voleraient presque la vedette à Dwayne Johnson s’il n’avait pas quelques scènes de bravoure qui mettent quand même tout le monde d’accord sur le fait que cet acteur en impose. On notera que Rufus Sewell (Dark City) ou Ian McShane (Blanche Neige et le chasseur) sont très à l’aise dans l’exercice, mention spéciale pour le personnage de McShane qui vole certaines scènes et qui se trouve toujours sur le fil du ridicule sans jamais y tomber. Cete bande de guerriers est pour beaucoup dans la construction de la légende d’Hercule, cette Justice League de Grèce est très sympa à suivre !

Hercule reste donc un divertissement qui pue la bonne volonté ! On sent que l’idée était de rendre compte d’une légende. On oubliera vite les dialogues un peu stéréotypés sur l’art de la guerre, la volonté et le don de soi pour se concentrer sur la vivacité de l’entreprise. On ne peut pas nier l’honnêteté du propos qui restera fraîche et intact au moins le temps de découvrir cette aventure. Pas sûr que cette fraîcheur reste à la seconde vision.