« Lucy », le nouveau Luc Besson (« Le Cinquième Élément », « A.N.G.E.L.A », « Malavita »…), , doit beaucoup, par son postulat, à « Limitless » (Neil Burger) sorti en 2011. Qu’adviendrait-il si une personne utilisait son cerveau au maximum de ses capacités? Ici, c’est Scarlett Johansson qui s’y colle: son personnage, après avoir été plus ou moins accidentellement exposée a une drogue futuriste, se retrouve dotée de ce pouvoir terrifiant. Si le concept est amusant, le constat est là: le film n’a scientifiquement aucun fondement, se contentant d’expliquer vainement le fait qu’une telle ouverture d’esprit (à prendre ici au sens propre) apporte à l’humain super-pouvoirs. Empli de stéréotypes faussement scientifiques et philosophiques (déblatérés comme de bien entendu par Morgan Freeman, dont le récent « Insaisissables » avait pourtant prouvé sa capacité à jouer autre chose qu’un gentil moralisateur), le film tente de noyer le spectateur de scènes d’action (d’une violence vraiment gratuite, autant en ce qui concerne les actes des « bons » que ceux des « mauvais ») pour éviter qu’il ne réfléchisse trop sur l’inanité du propos.
Dans le rôle titre, Scarlett Johansson est égale à elle même. Si son omniprésence à l’écran ces deux dernières années commence un peu à fatiguer, elle offre toutefois comme d’habitude un jeude qualité, un peu altéré par les poncifs Besson (ce fameux regard sur le côté…). On a déjà évoqué Morgan Freeman, lui aussi égal à lui même mais pour d’autres raisons, les autres acteurs sont quant à eux assez transparents, sans être vraiment mauvais.
L’ensemble est certes divertissant. Mais il manque à ce blockbuster ce qu’il manque à la plupart des productions Besson, à savoir une âme propre. Le film pourrait avoir été réalisé par n’importe qui de par son absence totale de point de vue ou d’originalité, ne serait-ce que dans la manière de filmer. Bien sûr, on s’amuse bien, mais Besson a t’il vraiment déjà eu des choses à dire…?