On ne donnait pas cher de la série de la CW, The 100. Pourtant, après quelques épisodes, la surprise était là, la série parvenait à passer outre son budget restreint et son côté teen pour offrir un très honnête divertissement.

Loin du guilty pleasure, The 100 est parvenu à accrocher le spectateur. Même si les audiences ont été un peu moyennes, elles sont restées constantes (entre 1.6 et 1.8 millions).

Après une apocalypse nucléaire causée par l’Homme lors d’une troisième Guerre Mondiale, les 318 survivants recensés se réfugient dans des stations spatiales et parviennent à y vivre et à se reproduire, atteignant le nombre de 4000. Mais 97 ans plus tard, le vaisseau mère, l’Arche, est en piteux état. Une centaine de jeunes délinquants emprisonnés au fil des années pour des crimes ou des trahisons sont choisis comme cobayes par les autorités pour redescendre sur Terre et tester les chances de survie. Dès leur arrivée, ils découvrent un nouveau monde dangereux mais fascinant…

Adapté d’un roman pour ado, The 100 se concentre sur ce groupe de 100 personnes et de la vie dans l’Arche. Après des débuts prometteurs, la série, bloquée par un budget restreint et une écriture non exempte de défauts, tente de prendre par surprise les spectateurs pour offrir des épisodes plutôt satisfaisants. On ne donnait pas cher d’une série de SF ambitieuse sur une chaîne comme la CW et pourtant, il serait mentir que de dire que The 100 a de sérieuses qualités à commencer par une histoire qui prend son temps tout en avançant régulièrement ses intrigues. Contrairement à toutes ces séries bouillonnantes et post-apocalyptique ou de SF fantastique, The 100 n’a aucun vrai secret, aucune vraie intrigue qui ne trouvera de sens dans plusieurs épisodes. The 100 n’attend pas une résolution de mystères. Oui, la série est entourée de zones sombres mais elles ne sont pas le coeur de la série. La vraie ambition est de raconter comment, dès le départ, deux univers, deux intrigues s’installent et de les voir se croiser, se répondre comme le montre si bien le logo de la série.

the 100

©CW

Ce n’est pas tant ce qu’on trouvera sur cette Terre qui est important mais comment ce groupe va survivre… du moins pendant deux ou trois épisodes. On se plait à voir comment ces survivants vont se dépêtrer de la faune de la planète mais rapidement, on comprend que, pour économiser du temps et de l’argent sûrement, les scénaristes ont développé des rapports un peu téléphonés et cousus de fil blanc entre les personnages. Il y a donc Blake, la leader née, Bellamy, le beau gosse au sale caractère qui mène la révolte, Finn, le gentil mignon qui se retrouve dans un triangle amoureux évident, Jasper le rigolo du second plan ou Octavia, la jolie plante.

Jamais vraiment convaincante, cette mise en avant des conflits de groupe est assez agaçante quand on voit avec quelle simplicité elle est traitée. Nous ne sommes aucunement dans la nuance de LOST, on entre quasiment la plupart du temps dans des querelles un peu stériles. La seule fois où les survivants vont sur le terrain, c’est dans les deux premiers épisodes. S’en suivent des épisodes où le décor change peu et les rares excursions se soldent par des épisodes assez statiques. Par la suite, les rapports se trouvent plus travaillés et chaque personnage apporte ses propres nuances.

On parlait d’ambition et la série en a mais après 6 épisodes, la série se repose sur ses lauriers et peut-être mal aidé par un budget restreint se concentre sur les relations entre les personnages sur Terre et abandonne peu à peu l’Arche qui peine à renouveler son intrigue. L’ajout de personnages secondaires comme Lincoln ou Raven vient redynamiser le tout et réinstaller les liens entre les personnages. Handicapé par un personnage trop monochrome, Bellamy arrive à trouver une place par la suite et, en perdant un peu de charisme, se fond parmi les personnages clés. Au niveau des intrigues, il ne faut pas s’attendre à de grosses surprises pour les personnages principaux, tout vient des ajouts à droite et à gauche qui permettent de construire au mieux l’univers. Aucun personnage principal ne sera vraiment en danger, on est dans une série de la CW !

Cette guerre entre « 100 » et Grounders (les Terriens) va prendre toute la moitié de la saison et se conclurent dans une bataille plutôt bien fichue avec un suspens bien entretenu et un final qui ouvre de très bonnes perspectives pour une saison 2. A l’instar de Helix, The 100 semble partir dans une autre direction qui peut surprendre mais titille vraiment l’intérêt. Si le final propose beaucoup d’infos, il reste qu’il conclue ce pan de l’intrigue avec les Grounders. Avec son lot d’événements, ce final redistribue les cartes, questionnent sur le sort de quelques personnages et renvoie la série vers un rafraîchissement déjà bien heureux.

 The 100 a été reconduit pour une seconde saison.