Ce soir, M6 dévoile sa toute nouvelle série : « Elementary ». Adapté des aventures de Sherlock Holmes et du Dr Watson, le show est mené par un acteur de génie, Jonny Lee Miller, et par la superbe Lucy Liu, la Charlie’s Angel qui ne vieillit pas… Le détective anglais débarqué à New York m’a-t-il conquis ?

Ce n’est plus un secret pour personne, aujourd’hui le cinéma et les séries TV s’amusent à recycler des succès déjà bien établis. Après tout, pourquoi chercher à créer quelque chose de totalement inédit quand on peut faire ce qu’on appelle des « remakes ». C’est ce qu’il s’est passé avec « Elementary », série de CBS et adaptation libre des aventures de Sherlock Holmes et Dr. Watson… Vous n’êtes pas sans savoir que les aventures écrites par Arthur Conan Doyle ont été reprises des dizaines et des dizaines de fois au cinéma (les plus récentes étant les films de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr) et à la télévision, et même en dessins animés ! Mais il semblerait que ce soit la série britannique « Sherlock » avec Benedict Cumberbatch qui ait vraiment relancé l’engouement pour le détective anglais sur le petit écran (n’ayant pas vu cette série –un jour peut-être- j’ai écrit cette critique sans faire aucune comparaison avec le show british).

Il fallait s’en douter, nos amis Outre-Atlantique n’ont pas pu s’empêcher d’adapter la chose à leur sauce et de nous offrir un Sherlock Holmes… 1) ex-junkie, et 2) vivant à New York. Vous criez au scandale ? Et pourtant, le vrai Sherlock Holmes (celui inventé par l’écrivain Arthur Conan Doyle, suivez un peu) se droguait en prenant de la cocaïne ! Quant à l’avoir fait déménager, ma foi, moi ça me va tout à fait (accro à NY, bonjour). Il ne m’en fallait donc pas plus pour entamer un marathon « Elementary », à 3 jours de la diffusion sur M6… Allez comprendre.

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Jonny Lee Miller et Lucy Liu, attendrissants cas sociaux

Si j’ai eu un véritable coup de cœur pour cette série, c’est grâce au personnage de Sherlock Holmes, joué par Jonny Lee Miller (vu dans « Dexter » mais aussi au bras d’Angelina Jolie puisqu’il est… son ex-mari !). Ça tombe bien, c’est le personnage principal du show et si vous le prenez en grippe, c’est mal parti. Asocial, brillant, étrange, sauvage, trop franc, complexe : Sherlock vous surprendra un peu plus à chaque épisode, surtout au fur et à mesure qu’il laisse tomber sa carapace face à Watson (mais ne soyez pas trop pressés). On aime faire la liste de ses nombreux TOCs, comme ses coups d’œil furtifs aux alentours pendant ses monologues, le fait qu’il ne tienne pas en place pendant ses explications, son amour des cadenas, de la musique forte ou des expériences farfelues… Et on aime encore plus sa relation avec Joan Watson, jouée par Lucy Liu. Si son personnage est un peu moins intéressant (malgré une bonne histoire de fond sur son abandon de la chirurgie et le fait qu’elle se cherche un peu dans la vie), il faut avouer qu’il complète à merveille le personnage de Sherlock Holmes. Ils ont beau se chamailler, ils se soutiennent l’un comme l’autre (bref, comme dans l’histoire original).

Ajoutez à ces personnages brillants des enquêtes complexes et inventives, et vous obtenez la formule d’une série plutôt réussie, selon moi en tout cas…

Petite anecdote : les tatouages de Jonny Lee Miller sont tous vrais et ont été intégrés au personnage…

Un formula show rassurant et addictif

Comme nombre de séries policières, « Elementary » est un formula show, c’est-à-dire que chaque épisode est filmé en suivant une formule précise (un schéma immuable) : un meurtre, l’enquête, la découverte d’un suspect, de nouveaux indices, l’arrestation du vrai coupable – celui qu’on n’imaginait pas évidemment. Loin d’être ennuyeux, ce rythme devient au fil des épisodes rassurant, voir addictif. On a même hâte de découvrir quel meurtre farfelu les scénaristes ont inventé ! J’en suis même arrivée à râler un peu quand le fil rouge de l’histoire s’est renforcé, avec l’arrivée du mystérieux Moriarty (le méchant que l’on retrouve dans chaque adaptation de Sherlock Holmes, le nemesis), craignant un ralentissement des enquêtes. Qu’on se rassure, les scénaristes équilibrent parfaitement les choses !

Le téléspectateur est lent, aidons le téléspectateur

Si j’avais une petite remarque à faire, cela concernerait la résolution des enquêtes ou plutôt l’explication que Sherlock et Watson en font… Que ce soit pour apprendre à Watson les techniques d’un détective ou pour expliquer les rouages à un détective de la police un peu à l’ouest, les acteurs ont tendance à répéter inlassablement les étapes clés de leur raisonnement, celui qui leur a permis d’arrêter le méchant. On se retrouve donc face à d’innombrables « Tu essaies donc de me dire que le suspect appréhendé n’a pas pu commettre ce crime car comme nous l’avons appris de la voisine, il était à la gym ? Heureusement que la voisine, que nous venons d’interroger, savait que le suspect était à la gym. » Je grossis le trait, bien évidemment, mais ça devient parfois pénible.

Sans parler de la fameuse réplique du capitaine Tobias Gregson, qui cloue toujours le bec des suspects de la même manière. « Vous ne pouvez pas prouver que je l’ai fait de toute façon », dit le coupable, tout content. « Ça tombe bien que tu dises ça, car justement nous fouillons en ce moment même ta maison/ton appartement grâce à un mandat. » Un brin redondant, si vous voulez mon avis.

Avec cette série, M6 pourrait bien avoir trouvé son nouveau show à succès (à regarder en VOST s’il vous plaît), addictif à souhait et pouvant même prétendre se frotter au « Mentalist », show phare de leur concurrent TF1. Il ne reste plus qu’à découvrir les audiences que fera la chaîne…

Awesome Sherlock Holmes is awesome...

Awesome Sherlock Holmes is awesome…