Avec Walter Mitty, Ben Stiller a trouvé son Eternal Sunshine… Vous savez le film qui va peut-être bousculer sa carrière. Devant et derrière la caméra Stiller se permet toutes les fantaisies et propose une sorte de cinéma complet entre divertissement, étude des relations humaines et introspection.

walter mitty

©20thCenturyFox

Walter Mitty est archiviste photo pour le magazine Time qui vit ses derniers numéros. Pour trouver la couverture de l’ultime magazine, Walter Mitty doit tirer la photo 25 envoyée par un célèbre photographe. Mais elle est introuvable. Walter veut aussi se lier d’amitié et d’amour avec Cheryl, une collègue. Dans les deux cas, Walter doit cesser de rêver et passer à l’action.
Après une première bande-annonce absolument terrifiante de beauté et de sens, Walter Mitty débarque enfin sur nos écrans. Loin du chef d’œuvre attendu, Walter Mitty reste un film très réussi qui va être sûrement très discuté. C’est le genre de films qui peut toucher les gens, les faire évoluer, réfléchir. Stiller a su taper là où il faut. Walter Mitty brosse plus d’un thème ! Oubliez la tagline Stop Dreaming, Start Living, le film va plus loin, il va au-delà du simple fait d’agir plutôt que de réfléchir.

Oui Walter doit arrêter de s’imaginer sauver le monde pour Cheryl, il doit aller la conquérir. Non Walter ne peut pas rester là à chercher la photo 25, il doit aller à la source de celle-ci ! Mais dans tous les cas, il y a surtout un échange ! A travers tout le film, les moyens de communication sont mis en avant pour proposer une thématique beaucoup plus large et plus pertinente. Écrans en tout genre, téléphone, ordinateur, photo, magazine, tout est une question de médium et d’information donnée. Il faut que l’humain aille au-delà du moyen de communication et fasse tomber les intermédiaires. Il doit aller à la rencontre de l’autre et c’est bien là où Walter Mitty touche juste.

walter mitty

©20thCenturyFox

Les échanges entre la hot-line et Walter pendant le film démontrent bien, telle une conscience, qu’on s’interroge sans cesse sur qu’on veut faire, on expose sur nos profils multiples, nos désirs, nos faits accomplis, nos preuves photos ou vidéos. Or, et c’est là qu’on rejoint la tagline, il faut vivre ces, ses, nos moments plutôt que de les partager. Etrangement, c’est plus une pratique égoïste qui est montrée dans le film, une pratique individuelle pour aller vers l’autre, partager l’instant présent et… passer au suivant. En somme, les souvenirs ne sont que des traces du passé comme l’est le magazine TIME dans le film. Le passé se construit au présent et c’est ça qui fait que Walter Mitty touche le public.

Au-delà de ça, le film est techniquement réussi, comme un gimmick de jeune réalisateur, Stiller se permet un montage et une mise en scène osés et utilise des effets spéciaux quasi parfaits pour rendre crédible ses fantasmes. Les vrais effets spéciaux sont les paysages splendides de l’Islande et Stiller se permet alors des « mini-kiffs » persos en faisant du skate sur les longues pentes ou simplement gravir des montagnes.
Réussites technique, formelle, scénaristique, Walter Mitty s’adjoint aussi des acteurs inspirés, heureux d’être là, inspirant confiance et respect. Walter Mitty nous livre une belle histoire, une histoire dont on a tous besoin et qu’il faut se remettre en tête souvent