« Allow him to reintroduce himself, his name is… » Zak. Lancée en catimini en 2011, cette comédie marquait les premiers efforts de OCS (ou Orange Cinéma Séries) de s’investir dans la production de séries originales. La saison 4 (qui est en fait la saison 3, Zak ayant interdit à l’équipe de tournage fictive de diffuser la saison 2) de la série arrive dès ce soir, 11 novembre, à 22h30 sur OCS Signature. Cette saison a été annoncée comme la dernière par son créateur et trublion en chef, Arthur Benzaquen.

Zak, c’est ce chanteur de r&b totalement immature propulsé au sommet des charts, et avec un ego surdimensionné : il a fondé une maison de disques à sa propre effigie, Zak Rekordz. Et pour cette saison 4, il doit affronter son plus grand défi : convaincre le jury de l’Eurovision (parmi lesquels Doc Gynéco) avec une chanson pour représenter la France et venger Sébastien Tellier (si si). Il a également mis sur pied un magasin de produits dérivés siglés Zak, tenus par son manager Prosper (Nader Boussandel). Sauf que dans les faits, ils reçoivent tout et n’importe quoi, et on passera beaucoup du premier épisode dans ce magasin foutraque.

« Zak » était une fiction courte passée au format sitcom la saison précédente, et on sent beaucoup l’inspiration de « The Office » pour le côté mockumentaire. Qui se résume ici aux regards embarrassés à la caméra et à l’idée de réutiliser les caméras de surveillance installés par Zak en saison dernière. Mais comme son alter ego, « Zak » manque de cohérence dans son montage et on passe des tracas de Roxanne, qui a fort à faire avec son nouveau mec (François Berléand, dans son propre rôle) aux pitreries de Zak et Prosper avec leurs nouveaux joujous… littéralement.

Y aller fort… pour pas grand-chose

Le moins qu’on puisse dire, c’est que des colères homériques de Roxane aux expressions hagardes et pétages de plombs de Sonia (Rebecca Azan, qui est celle qui s’en sort le mieux, avec une interprétation rappelant Pam de The Office USA), « Zak » y va très fort pour faire travailler les zygomatiques du téléspectateur. Et la surenchère ne fonctionne qu’un tiers du temps, malheureusement. De plus, le brocardage attendu de l’industrie musicale française est systématiquement détourné : une tentative de tirer à boulets rouges sur le slam va être détournée. Certes, la pirouette dans ce cas précis est réussie, mais ceux qui pensaient trouver en « Zak » une satire à la « Entourage » des clowns de la soupe FM et ceux qui en tirent les ficelles en seront pour leurs frais. Le Pascal Nègre de cet univers, ici la boss de World Records affublée de sa propre souffre-douleur, n’est que très peu présente et semble s’époumoner beaucoup pour pas grand-chose.

Et les « guest stars » venus brocarder leur image restent finalement dans les clous de la comédie gentillette : une Lorie très partante pour l’autodérision n’aura droit qu’à une intrigue poussive et surjouée de bout en bout ; et Kev Adams joue les utilités, ne servant que de toile de fond à une rivalité artificielle entre Sonia et Roxanne. Même si « Zak » semble avoir compris mieux que quiconque les recettes d’une sitcom réussie, elle ne semble pas vraiment avoir d’intentions  autres qu’un divertissement légèrement poussif et décousu. Au final, elle viendra rejoindre « Off Prime » au panthéon de ces tentatives honnêtes de sitcom à la française après ces 10 derniers épisodes. Mais à l’instar de Frank Michael, elle peut toujours tenter un comeback auprès des futurs seniors que nous serons tous.