Le réalisateur grec Dennis Iliadis avait surpris tout le monde en remakant avec succès La Dernière maison sur la gauche en 2009. 4 ans aplus tard, il s’attaque au teen-movie et au voyage dans le temps avec +1. Titre difficile pour les recherches google et finalement ce n’est pas plus mal. Grosse curiosité post-trailer, Plus One est un immense ratage.

Plus 1

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Durant une fête étudiante, une météorite s’écrase dans la ville perturbant les installations électriques et provoquant des phénomènes temporels étranges.

Passons sur l’interprète principal ressemblant à un Ryan Gosling qui s’est pris un coup de poing en pleine face, le casting de Plus One est plutôt bon, avec la petite brune mignonne, la petite rousse mignonne, l’indien rigolo, le beau gosse con, le… ah non en fait le casting est déjà vu et pas très original. En même temps, nos potes ne sont pas plus originaux que d’autres !

Donc nous avons une base de teen-movie plutôt pauvre. La fête bat son plein et David a rompu avec Jill dans une scène totalement incohérente où David embrasse une fille qu’il avait pris par mégarde pour Jill… bien trente secondes après avoir bien remarqué que ce n’était pas elle. On nage en plein surréalisme et ça continue comme ça pendant 1 heure et demi.

plus one

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Cherchant à la reconquérir, David va se rendre compte qu’une faille temporelle renvoie tous les invités 10 minutes plus tôt dans la soirée, seuls David, Teddy son pote, Allisson, Melanie et Jill ne sont pas touchés mais existent désormais en double. Petit à petit, au fil des failles temporelles qui rapprochent de plus en plus l’événement passé au vrai présent (vous me suivez ? En gros plus ils avancent dans la soirée plus le retour en arrière se fait moins grand), les doubles se multiplient.

Sur le papier Plus One  est excitant, mais dans le film, c’est terriblement bordélique. Rien ne tient, que ce soit la chronologie des événements, la cohérence géographique et surtout la psychologie des personnages principaux qui ne semblent pas surpris plus d’une minute de la situation. L’un va vouloir éliminer son double, l’autre s’en fout, le troisième tente d’en profiter et une autre est plutôt ravie. Plus le temps passe, moins le concept tient debout. Le scénariste  oublie constamment que l’unité de lieu joue beaucoup et on ne comprend pas comment une centaine de personnes peuvent ne pas se croiser entre une maison et son jardin. Tentant de justifier la thématique des dopplegangers, Plus One  n’arrive jamais à être efficace. Le fond parait diaboliquement opérationnel mais la forme laisse franchement à désirer.

plus one

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Passons aussi sur un personnage qui reste scotchée à la manifestation du phénomène (des arcs électriques dans les installations) et qui ne présente strictement aucun intérêt scénaristique.

PLus one

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Vous l’aurez compris +1 est un film raté dans tous les domaines malgré un effort certain dans la construction du récit. On s’attend à un climax de fou quand le passé et le présent se rattrapent et que les doubles se retrouvent face à leurs modèles. On passe d’un teen movie à une SF violente un peu inoffensive. Après nous avoir endormi pendant 1 heure et quart, le film prend enfin un peu de substance mais peine à emporter l’adhésion finale.

Nudité, alcool, humour zéro, mise en scène maladroite, Plus One  contiendrait presque la check-list d’un teen-movie classique. La touche SF apporte un regard intéressant et la bande-annonce soulignait l’aspect intrigant du concept (se tuer soi-même, s’embrasser, se rencontrer). Le trip voyage dans le temps peut attirer le public, ici, on pense que c’est raté, à vous de juger quand le film sortira sur nos terres.