La saison 1 s’est achevée avec les épisodes 9 et 10 le 3 mai dernier sur Arte. La saison 2 est annoncée en diffusion suédoise en octobre prochain, et début 2014 en France. Une saison 3 est en cours d’écriture !

Sur ces bonnes nouvelles, je vous propose un petit bilan de cette formidable saison 1. Ce que je peux dire en premier lieu, c’est que je vous encourage à la découvrir. Si le sujet n’est pas d’une originalité folle (l’idée qu’un jour les hommes auront créé des robots à leur image qui peu à peu prendront le pouvoir, est une théorie régulièrement abordée), il est traité à la perfection grâce à l’apparition de multiples personnages, personnalités et situations, que permet le format de la série tv.

La famille Ikea a de petits soucis

La famille Ikea a de petits soucis

Les deux premiers épisodes nous avaient présentés les personnages, qui resteront tout au long de la saison 1 les principaux. En fin de saison, on comprend que certains personnages arrivés en cours de route, s’imposeront comme les principaux de la saison suivante. Certains sont tués, d’autres triomphent, d’autres menacent de prendre de l’importance…

Ce qui est admirable, au-delà de l’histoire en elle-même, c’est cette accroche actuelle qui ne peut pas être ignorée. Alors que des humains se prennent d’affection, voire d’amour, pour leurs hubots, la société leur rappelle à chaque instant qu’ils ne sont pas autorisés à vivre de la sorte. Apparaît en fin de saison (je pense pouvoir le dire sans trop spoiler, car on s’en doute dès le début) le concept de la trans-humain-sexualité. Identité sexuelle reconnue qui concerne certains humains. De plus en plus, des hommes et des femmes choisissent de vivre au grand jour leur relation avec leur hubot. Choix toléré mais pas reconnu par la loi du pays…

Les relations amoureuses avec les hubots ne sont pas les seules abordées. Il y a aussi les relations d’amitié, d’affection, et les sentiments filiaux. Ainsi, Papy Engman vit très mal le fait que sa fille lui achète un nouveau hubot, alors qu’il aimait profondément l’ancien et le traitait comme son fils. Therese, la meilleure amie de maman Engman (Inger), quitte le foyer conjugal pour s’installer en ville avec son fils et son hubot, Rick, avec qui elle débute une relation amoureuse. Elle s’autorise un petit bonus et sur les conseils d’une copine : faire bricoler son hubot pour qu’il devienne un dieu du sexe. Ca ne mange pas de pain ! D’ailleurs, alors qu’elle décide d’emmener Rick en boîte de nuit pour passer une soirée avec lui, le videur lui interdit l’entrée. Elle peut entrer, mais sans son hubot. Therese, choquée, crie à la discrimination et fait appel à Inger, qui est avocate, pour défendre son cas. Le début pour Inger d’une nouvelle vocation : s’intéresser aux droits des hubots, les faire évoluer, et se battre à leurs côtés.

A quelques kilomètres de la banlieue résidentielle où les familles évoluent en compagnie de leurs hubots, on en apprend également davantage sur ce groupe de hubots « indépendants », qui n’ont plus de propriétaires, et vont de maison en maison afin de trouver asile, recharger leurs batteries (au sens littéral du terme) et mener à bien on ne sait trop quelle quête… On sent qu’ils sont différents, mentalement quasi autonomes. Cette indépendance mentale peut-elle être appelée une âme ? Question traitée de manière très intéressante lorsque le groupe trouve refuge quelques temps chez une femme pasteur. L’un des hubots commence à croire en Dieu. C’est lors de flash-backs que leurs histoires nous sont expliquées au fil des épisodes. On se rend compte peu à peu que la plupart des personnages sont liés entre eux.

Les hubots rebelles

Les hubots rebelles

La saison 2 commencera donc sur de très bonnes bases. La menace floue exercée par les hubots gronde plus que jamais. Même lorsqu’il y a de l’action, les scènes paraissent toujours aussi lancinantes. L’atmosphère inquiétante et mystérieuse demeure jusqu’au dernier épisode, pour notre plus grand plaisir. Les acteurs sont absolument remarquables, en particulier les interprètes des hubots. Les personnages humains jouent dans la mesure, à l’image de la série, mais peuvent parfois se révéler agaçants dans leurs répliques attendues et quelquefois un peu bêbêtes (Papa Engman un peu pommé au fur et à mesure que sa femme s’engage dans la défense des droits des hubots « je comprends pu rien moua », Papy Engman souvent fâché contre sa nouvelle hubot « vous n’êtes pas très très zentille heinnn », Papy Engman encore qui a des fous rires avec sa copine du cours de peinture – rires interminables quelque peu opressants… – Therese et Pilar qui se décident à bricoler leurs hubots « rho lalaaaa la folie, tu crois que ça va leur faire kouaaaaa »).

human_2-fbc88Les hubots, par contre, sont fascinants. Maquillage et habillage absolument impeccables. Sourires figés, yeux inexpressifs et perçants à la fois. Le travail d’acteur est parfait. On y croit, vraiment. Leurs moments de lucidité ainsi que leurs moments de bugs, sont très réussis. Ils sont tout aussi attachants qu’inquiétants : on comprend que c’était là l’effet que souhaitait donner le créateur, et la mission est accomplie.

Excellente note donc pour cette série, qui a su s’imposer et être encensée par la presse un peu partout ! Vous l’aurez compris : j’attends avec beaucoup d’impatience la saison 2. Une inquiétude cependant : l’appauvrissement de l’intrigue que l’on sent en fin de saison 1. Les épisodes sont centrés sur le mystère que représentent les hubots indépendants, et la saison 1 en dévoile selon moi un peu trop. Un retour sur la vie quotidienne humains-hubots (parfaitement traitée en saison 1) serait appréciable, ainsi qu’un nouveau souffle pour l’intrigue.