Le King nouveau est venu ! Après un an et demi passés à attendre la traduction de ce dernier opus, voici enfin que vous avez la possibilité de voyager dans le temps grâce à lui ! Le voilà ce beau petit pavé qui va vous occuper un moment, car oui, ce nouveau bébé fait quand même 930 pages, ce qui est un fort beau gabarit à même de vous occuper pour les dernières nuits d »hiver qu »il nous reste.

Il faut reconnaître à Albin Michel d »avoir soigné l »apparence du livre ainsi que le papier et l »impression, on a un bel objet entre les mains, mais il faut surtout signaler la traduction, c »est, hélas, assez rare pour être souligné, d »autant que traduire les différentes utilisations d »argot régional et le jeu de registres de langage présents dans le livre n »a pas du être une sinécure.

Le contenu ensuite nous propose donc un petit voyage dans le temps. Les vieux fans de La Tour Sombre ou les vieux briscards de la première heure se diront « Tiens, King fait encore dans le voyage dans le temps ? » et ils risqueraient d »être surpris à plus d »un titre.

Le résumé de l »histoire est assez simple : Jack Epping, professeur d »anglais à Lisbon Falls, un petit village du Maine découvre dans le fond de la réserve du Dinner »s d »un ami la possibilité d »atterrir en 1958. Cet ami mourant lui demande alors d »aller dans le passé et d »attendre un certain 22 novembre 1963 pour aller sauver le président Kennedy à Dallas. On suit alors les pérégrinations de ce monsieur tout le monde pendant qu »il découvre un nouveau monde, le Monde d »Antan, ses règles et ses codes. La chose n »est pas aisée pour lui alors que tous les repères et les habitudes qu »il avait sont brouillés, plus de Justin Bieber ou de Rihanna (Quelle chance!) mais cela implique également de vérifier toutes ses références et ses codes (il l »apprendra à ses dépends, siffloter cette « vieille » chanson des Rolling Stones qui parle des filles faciles de la ville peut choquer), sans parler du langage (plus de dicks ou de boobs, si vous voyez ce que je veux dire). Le roman nous prend très vite par beste online casino la main pour suivre la nouvelle vie de ce héros et le style d »un Stephen King maîtrisant son sujet fait de ce roman une aventure assez prenante. Riche en petits détails sans pour autant être trop ennuyeux, on se laisse porter autant que Jack Epping dans ce charmant petit voyage dans le temps et la découverte des effets papillons. Car en effet, il est bien beau de retourner dans le temps fort de ses connaissances historiques pour vouloir en modifier le cours, il ne faut cependant pas perdre de vue que le passé défend malgré tout le bon online casino canada déroulement des choses, souvent à force d »effets de hasard et de coïncidences semés en travers du chemin.

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Tout ceci fait de la première partie du livre quelque chose de plaisant à lire. Mais une fois passé les premiers pas du héros, on attend avec lui bien sagement entre 1958 et 1963… et c »est là que les choses se gâtent un peu. Certes le style de l »auteur est toujours aussi agréable et on apprécie le foisonnement de détails et la précision avec laquelle il restitue les États Unis de la fin des années 50, mais j »avoue que lire les aventures de monsieur tout le monde vivant une petite vie banale pendant 500 pages m »a un peu déçu. Stephen King nous avait habitué à être le maître de l »angoisse, distillant l »horreur et le malaise à longueur de livre, nous renvoyant en face de nos pires cauchemars… et bien si celui-ci est la banalité, vous allez être servis ! Même si la petite vie tranquille du héros est mignonette et sa romance touchante, je n »ai pas bien compris le plaisir sadique qu »il y a à nous en servir jusqu »à la nausée. J »ai eu l »impression de lire du Marc Levy pendant un bon moment, là où je m »attendais à avoir peur et à être cramponné à mon bouquin, je me suis retrouvé à ne plus trop avoir envie de le reprendre. Je pense que les lecteurs aguerris et abreuvés d »angoisse et d »horreur risquent donc de se sentir un peu déçus, ceux qui apprécient les jolies histoires douces-amères par contre se délecteront de ce roman ; vous aurez saisi dans quel camp je me situais. Ne jetons cependant pas le bébé avec l »eau du bain, comme je l »ai dit, le style est très bon, mais il faut s »attendre à de très grandes longueurs dans le milieu du livre ; je peux malgré tout vous assurer sans trop vous révéler que le rythme s »accélère bien à la fin et que l »action continue jusqu »à la dernière page (Je n »en dirais pas plus!).

22/11/63 est malgré tout un livre très bien écrit et il a ce pouvoir particulièrement étrange de vous envoûter et de vous happer en même temps que son héros dans le Monde d »Antan, on se surprend à vouloir conduire de vieilles américaines, à swinguer sur « In The Mood »… et à surveiller les micros du FBI et à vouloir soi-même réécrire le passé. Ne l »abordez par contre pas comme un summum de l »angoisse mais plutôt comme un bon moyen de voyager dans le temps et d »en savoir plus sur l »assassinat de JFK.

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