Zemeckis revient aux films live 13 ans après Seul au Monde et des incursions dans l’animation qui ont permis surtout de progresser dans la performance capture.

FLIGHT met en scène Denzel Washington, Whip Whitaker, pilote alcoolique qui arrive à faire atterrir son avion après une avarie matérielle. 6 personnes ont péri. Pour tenter de comprendre la catastrophe, la NTSB (National Transportation Safety Board), mène l’enquête. On comprend vite que le problème d’alcoolisme de Whip Whitaker va être le point central de l’enquête.

Tout commence bien pour Flight, cinq secondes de film et un plan poitrine, puis un Full Frontal. On ne pouvait commencer plus brutalement. Flight allait-il être le film le plus dur et le plus brut sur les dérives d’un homme ?

En fait non, Whip boit, se drogue mais n’est pas un sex addict. En parallèle, on nous présente Nicole (Kelly Reilly) prostituée et drug addict. Pourquoi ? ON ne sait plus vraiment après deux heures de métrage.
Le personnage de Nicole, tout comme Whip, est une dépendante et leur histoire d’amour, faussement racontée, n’est là que pour pointer le doigt sur le combat journalier de Whip face à ses addictions. Rien de bien méchant mais pas mal de choses un brin appuyée.

En fait, le film tourne autour de l’alcoolisme et de la force qu’aura Whip pour garder la tête et l’esprit (et le sang) clairs jusqu’à son audition. Le suspens ne tient qu’à ça. IL y a pourtant matière à donner au film une dimension procédurale intense et prodigieuse. La manœuvre de pilotage d Whip était-elle due à un courage énorme? Un manque de lucidité de l’instant ? Un acte de Dieu ? Le film ne répondra jamais à ces questions pointant simplement le problème d’alcoolisme du pilote.

Dieu justement, le film en parle assez longuement et appuie bien son propos maintes et maintes fois. Pourquoi ne pas en avoir parlé durant l’audition et faire de la seconde partie du film un procès consistant sur la place de Dieu et de l’Homme ? L’Amérique est assez conservatrice pour qu’elle soit pointée du doigt de cette façon. Mais rien de tout cela de ne pas parasiter l’audition? Elle se déroulera sous une tension palpable qui sera éventée par le « verdict » final. Décevant.

Avec une première partie accès sur les retombées du crash non sans être polluée par les états d’âmes un peu bancals de Whip mais marquée  par une scène sous haute tension avec cet avion en perdition, FLIGHT aurait pu être tendu jusqu’à la dernière minute. Il n’en est rien. Washington est au centre de toutes les attentions et son personnage s’impose sans convaincre. En effet, une personne saoule est déjà ridicule et j’ai eu du mal à voir Washington jouant un personnage saoul comme quelque chose de crédible. Peut-on jouer le ridicule en n’étant pas ridicule ? Dur à dire, restent un John Goodman charismatique durant ses trois scènes et un casting plutôt bon.

Quelques pointes d’humour bienvenues ponctuent le film et fait passer les 2 heures 18 comme une lettre à la poste.
Finalement, les conséquences du crash sont vaines et ne pèsent en rien sur le reste du film. Tout est centré sur le personnage.  En voulant trop accès son film sur ses personnages, le script perd de sa puissance. Zemeckis, lui, fait le strict minimum et offre une très bonne scène de crash et un oud eux plans bien troussés mais reste posé, classique. Cela aurait pu être un grand film… dommage.