Le nouveau film d’Ang Lee est un petit bijou formel. Pendant deux heures, la pupille est caressée dans le sens du poil avec des séquences à la frontière de l’onirisme pour conter l’histoire fabuleuse, le destin flamboyant de Pi.

Le film commence comme toute fable moderne à la Benjamin Button ou Forrest Gump : une voix-off raconte la petite vie du personnage. Le procédé est connu du spectateur averti et il va s’attendre à une succession de séquences où la voix-off va donner de l’importance aux évènements plus ou moins anodins.

Le film est beau, un poil long, contient le B.A.ba des films de ce genre (voix off, enfance du héros, grandes scènes, morale finale et interprétation) mais a une originalité telle que l’on passe outre. Et Richard Parker est FA-BU-LEUX technologiquement parlant et narrativement, qu’on se le dise !

Pi

©Fox

Richard Parker vole chaque scène, le charisme de cet être virtuel est fabuleux. On a plus d’empathie envers lui qu’envers Pi. C’est bien simple, suivre le périple de Pi c’est suivre la relation entre l’homme et la nature, ses instincts et ses peurs, ses désirs et ses envies. La relation entre l’humain et le tigre est le fil rouge du film et les péripéties ne seront là que pour magnifier les liens qui les unissent.

Pour les amoureux des animaux, le film aura son lot de scènes chocs, émouvantes et belles. Pour les cinéphiles, le film offrira des séquences d’une simplicité déconcertante mais à la beauté sidérante. Ne cherchons pas l’ennui dans le film, ni des défauts dûs à l’histoire si particulière  Pi nous raconte une histoire qui touchera chacun différemment. On peut y trouver une bondieuserie affligeante comme une ode vers la paix intérieure, un voyage long et pénible comme un voyage initiatique, une métaphore lourdingue comme un récit d’aventure enchanteur.

La 3D n’est pas vraiment indispensable, la magie des séquences visuelles n’est pas renforcée par le procédé. Tant mieux, un film doit savoir se voir en 2D.

L’acteur qui joue Pi n’est ni bon ni mauvais, il s’en sort plutôt bien. Il faut faire abstraction du côté un peu too much de certaines scènes (la baleine par exemple) mais L’Odyssée de Pi est une fable humaine qui a un côté religieux qui fera débat. Quelle est la place de la religion chez l’homme, pourquoi y croire…

Pi

©Fox

Le film se veut un interprétation de la religion et de sa portée. Doit-on retenir de la religion de le côté « belle histoire » et accepter que les histoires dramatiques ou presque anodines soient finalement à retenir si la forme est travaillée ? Pi a souffert dans l’histoire mais on retient les éléments qui ont accompagné le récit, les animaux, le bateau, les péripéties. Au final, que reste t-il des histoires