Série de Josh Shwartz (Gossip Girl, The OC) avec Zachary Levy (Raiponce), Yvonne Strahovski, Joshua Gomez, Adam Baldwin (X-Files), Sarah Lancaster (What About Brian, Sauvés par le gong, la nouvelle classe)

91 épisodes, 5 saisons et pratiquement autant d’annulations prévues.

Retour sur une série fraiche, divertissante, bien ficelée et à la fanbase solide.

Ma première approche avec la série s’est faite par l’achat de la saison 1 en blu-ray, le prix était minuscule et je me suis dit : pourquoi pas ?

L’image HD est dégueulasse mais voilà, je me mets à regarder ce produit NBC qui traîne une réputation de série plutôt sympathique. Je regarde quelques épisodes puis m’arrête faute de motivation. C’est en cherchant à regarder quelque chose de frais que je me suis remis à la série. Surpris d’avoir à faire avec une saison de 13 épisodes, je me tourne vers la saison 2 puis 3. Après une petite pause puisque mes séries revenaient, j’ai pu me tourner vers Chuck et rattraper le temps perdu. L’annulation était proche et je voulais suivre les derniers instants de la série avec des fans sur les forums. Je n’ai pas réussi ma mission mais j’ai pu rattraper mon retard et finir la série quelques semaines après son ultime épisode.

Le bilan est plutôt positif. La série a résisté à pas mal de rebondissements que ce soit dans la série ou en dehors et je me devais de faire un résumé de mon avis.

Une série qui avance

Déjà le premier point sur lequel je vais commencer est bien entendu Chuck Bartowski incarné par le sympathique Zachary Levi qui a su donner tout son talent pour interpréter ce faux idiot, maladroit, espion, petit ami, frère, bref un rôle plutôt bien fourni en émotions. S’il n’est plus le nerd / geek des débuts de la série, Chuck arrive à avoir un capital sympathie plutôt élevé jusqu’à la fin.
Ce n’est pas sa relation avec Sarah qui va plomber le personnage mais plutôt la lente désintégration des personnages et de l’aura de la série au fil que les saisons avancent. J’y reviendrai.
Le personnage prend de plus en plus d’assurance et finalement, le capital sympathie s’oriente plutôt vers Morgan qui devient la version 2.0 de Chuck.

Sarah magnifiquement incarnée par Yvonne Strahovski, est une espionne badass pendant au moins 3 saisons puis se vend aux dieux du shipperisme et perd tout charisme en mettant en avant ses émotions, chose que Chuck a du mal à gérer pour que l’Intersect fonctionne correctement. D’ailleurs cet Intersect fonctionne rarement de la même façon suivant les saisons…
Sarah et Chuck mettent en avant leur relation au fur et à mesure que la série peine à renovueler ses intrigues. Et comme dans toute série qui ne croit plus en ses chances de revenir la saison suivante, elle fait avancer ses personnages en tuant en quelque sorte l’essence même du concept originel.
Ce n’est plus un mais deux puis trois puis tout le monde qui découvre que Chuck est un espion, le charme se rompt petit à petit. Les derniers seront Jeff et Lester.

Revenons sur ce duo de bras cassés qui passe de duo drôle et frais à duo caricatural et pénible, la faute à une gestion difficile des intrigues eu rythme de certains épisodes. Le Buy More (pour des raisons budgétaires) est souvent oublié, délaissé, minimisé et il était difficile de mettre Jeffster en avant sur autre chose. La caution comique est assuré par ses deux personnages et à part un changement de personnalité pour Jeff en fin de saison, rien ne saura les sortir du carcan de bouffons.

Du côté de Casey, pas énormement de choses à dire, Adam Baldwin assure le job en faisant le bourru. Sa relation avec Chuck ira vers un respect mutuel plutôt bienvenu. Seule sa relation avec Morgan deviendra surfaite. L’ajout d’une fille pour Casey a plutôt transformé le personnage en un gros nounours prouvant à juste titre que la série a misé sur l’évolution des personnages et le capital sympathie plutôt que sur la cohérence du propos.

Chuck, une fanbase solide, un public volatile

Pendant 5 saisons, l’audience a perdu un million par an à peu près mais a su garder son public le long de chaque saison. En regardant les courbes de l’excellent site AudiencesUSA, on remarque une certaine stabilité dans les chiffres et la fanbase a réussi à maintenir la série.

Chaque année, voire chaque mi-saison, la série peinait à convaincre les moins septiques qu’elle allait être reconduite. NBC a compris que la série avait une image plutôt positive sur la chaîne (comme Heroes ou The Office à l’époque) et a renouvelé la série chaque année non sans crainte. Les scénaristes avaient bien compris les enjeux et ne sachant jamais si la série vivait ses deniers instants, faisaient avancer rapidement les intrigues et les personnages. Cela avait deux effets contradictoires, la série n’ennuyait pas, les arcs narratifs étaient résolus dans un délai court mais les personnages évoluaient trop rapidement et les conséquences sur l’aspect global de la série étaient importants. La série se rebootait elle-même chaque mi-saison. Il n’y avait plus de vision à moyen terme pour l’équipe et le challenge était d’offrir quelque chose de cohérent, en peu de temps mais qu’au final tout tienne parfaitement.

Même si la série a évolué et a perdu du charme des premiers épisodes, les fans sont restés, prétextant un profond attachement aux personnages.

Chuck est une supernova, un monument pop impeccablement calibré entre la parodie nerd désaltérante, l’increvable romantisme adolescent (pléonasme ?), et l’action funky 

dixit Odessa James sur Chuck France le site référence.

Chuck a été un plaisir à suivre, c’était du pur divertissement, on en oublie les incohérences inhérentes au genre (les déplacements à travers le monde en un temps record) et on s’attache à voir évoluer des personnages si proches et lointains de nous. Le petit geek devenant sauveur du monde qui tombe amoureux de la blonde canon et à fort caractère, le prototype même de la tendance actuelle dans les séries. Chuck est arrivé avant le syndrome geek dans les médias et il est dommage de voir que la série n’a pas eu un impact aussi fort en France malgré la programmation de NT1 avec la saison 4 en prime-time !

L’homme aux Converse a fédéré bon nombres de fans à travers le monde, l’ensemble des acteurs constitue une joyeuse bande de rigolos à l’image de leurs conférences au Comic-Con où la bonne humeur était de mise. Même Zachary Levi est venu de lui-même à Paris pour rencontrer les fans, chose impensable.

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Chuck ne restera pas dans la liste des grandes séries mais gardera cet aura de sympathie et il serait honteux de bouder son plaisir. Il ne reste que 91 épisodes pour vous faire votre idée. Le reste est désormais aux mains des fans. Ils savent qu’au delà de la série il y avait autre chose.