Film de Jon Hurwitz (Harold…) et Hayden Schlossberg (…et Kumar) avec Jason Biggs, Seann Michael Scott, Chris Klein, Mena Suvari et tous les autres !

10 ans après le troisième film qui souffrait déjà du manque d’idées et après une demi-douzaine de suites non officielles, American Pie 4 réunit la bande originelle mais pas la bande originale (on y reviendra !) pour un épisode axé sur le principe « c’était mieux avant ».

Effectivement, c’était mieux avant, le film tente de dresser un portrait de la bande qui a grandi, vieilli et qui a perdu beaucoup de folie par rapport à leurs jeunes années. Le contraste avec l’époque d’aujourd’hui est plutôt vraie, amer, le constat est clair, les jeunes d’aujourd’hui sont différents des jeunes d’antan et le fossé se creuse.

Certes, tout est vrai et c’est l’impression étrange que les réalisateurs et les scénaristes et même les acteurs y croient tellement qui fait pencher le film vers une chronique douce d’une génération perdue. Il y a clairement moins de folie dans ce film  comme pour souligner le propos et AP4 a le cul entre deux chaises. Soit il propose une comédie potache comme avant, soit il propose une comédie légère sur des trentenaires qui veulent s’amuser sans y arriver. Il y a toujours de très jolies filles au petit cul rebondi et aux cheveux longs et ça, c’est déjà un bon point.

Les situations comiques paraissent poussées, le public riait pour des choses complétement bateaux ou accessoires, la conclusion était malheureusement celle-ci : j’ai grandi et vieilli comme les personnages. Je ne riais plus, je paraissais dépassé par les évènements. Je ne retrouvais plus cette ambiance, cette marque de fabrique du teen-movie.

C’est un peu l’identité des films tels que Bon à tirer, Old School ou The Hot Tub Time Machine, il y a une atmosphère de défaite sociale, on ne peut plus être jeune sans passer pour quelqu’un de ringard. C’est con, c’est la vie et ça souligne encore plus ma déprime passagère.

Autrement, le film a trois parties, la première à la plage qui aurait pu donner de bonnes choses, une seconde chez Stifler avec sa fête qui fait un peu pitié tant les idées auraient pu fuser entre les invités tous mariés et parents et le désir de faire la fête, et enfin une dernière partie durant la réunion d’anciens élèves qui fleurent bon la nostalgie et qui est sûrement ma partie préférère. La musique y est meilleure, la volonté de raconter quelque chose est palpable et on soupire à l’idée que le film arrive dix ans après le dernier.

Les 3  films étaient connus pour avoir une BO détonnante à base de morceaux rock, mais là c’est fini comme pour souligner une nouvelle fois que l’époque est révolue et que le rock est fait pour les jeunes (je refuse ce constat). Nouvelle déception.

Côté casting, on retrouve le noyau dur des premiers films, Oz (Chris Klein) revient ainsi que Heather (Mena Suvari, toujours aussi craquante), les acteurs ont enfin compris qu’il faut accepter les suites quand sa carrière est au plus bas. Le dernier quart d’heure permet de revoir les anciens seconds couteaux des films et de voir que les acteurs ont bien peinés à percer. Seann William Scott prend plaisir à retrouver Stifler et nous aussi. Le reste semble vraiment content également de reprendre le rôle qui les a fait connaitre (ou oublier pour certains)

American Reunion n’est clairement pas le meilleur film de la franchise mais l’idée de la réunion était bonne. L’équipe a eu de la chance de réunir tout le monde dix ans après, c’est rare et rien que pour ça, ça fait plaisir. D’ailleurs c’est l’occasion pour une bonne partie dont Tara Reid d’être sur une affiche de cinéma !

Le film est un four au box-office, à croire que tout le monde attendait le film sans vouloir le voir, que le public a grandi avec lui mais se refuse à accepter le constat que les teen-movies avec des adultes c’est moins drôle, que…. j’en sais rien, le film n’est pas très efficace, il est plaisant mais est un cran en -dessous des Hangover ou autre comédies qui cartonnent (il n’y a que celle-ci). IL reste drôle et il y a ce plaisir de revoir la bande dans des situations loufoques mais il prendra sûrement de la valeur à côté des trois autres car je n’ai pas revu les films depuis des années !

A voir la dernière scène, on se plaît à croire qu’ils feront autant de suites que les non officielles mais si même les scénaristes de Harold et Kumar (comédies inconnues du grand public mais cultes) n’y arrivent pas, je ne sais pas ce qu’il faut.

Petit PS sur les acteurs de séries du film à commencer par Katrina Bowden (30 Rock) absolument magnifique, Jay Harrington (Better Off Ted) qui me fait dire que sa série manque, Rebecca Field (October Road) qui passe pour une moins que rien à cause de son physique, Neil Patrick Harris (How I Met…) dans une micro-scène et Vik Sahay (Chuck) qui tente de rebondir après la fin de sa série.