Film de Romain Levy (Coursier, Cyprien, De l’huile sur le feu) Avec Clovis Cornillac (Brice de Nice, Poltergay) et Manu Payet (NRJ, RTT, Philibert)

La comédie française ne se résume pas à Dujardin et Merad, à Patric Leconte et à Etienne Chatillez, il y a aussi des petites comédies toutes fraîches, sorties de nulle part, au pitch original et avec une bande de comédiens qui s’éclate.

Radiostars est de celles-là. Après avoir basé sa pub autour de son prix au Festival de l’Alpes-d’Huez, Radiostars sort timidement en France, les critiques ne sont pas unanimes et le film peine à convaincre le public. Mais pourquoi bon sang ?

Radiostars conte l’histoire d’une matinale radiophonique intitulée Le Breakfast Club animée par Arnold (Clovis Cornillac) et Alex (Manu Payet). Ils engagent Ben, jeune auteur qui a fait les planches de New-York avec ses stand-ups. En perte de vitesse, la matinale doit faire des directs dans toute la France pour reconquérir les auditeurs.

Le film parle d’un milieu rarement si ce n’est jamais évoqué à l’écran. Le monde radiophonique est assez original et populaire en France pour que le film intrigue et intéresse. La galerie des personnages est plutôt bien foutue à l’image des deux animateurs charismatiques, de leur troisième homme au look ringard, de leurs larbins bégue et léche-cul ou encore du jeune auteur timide et renfermé. A défaut d’être des personnages très épais, ils sont suffisamment caractérisés pour que chacun ait son importance, sa petite scène et son capital sympathie. Le film communique beaucoup de bonne humeur et arrive à éviter le passage obligé des films comiques français : le drame. Ici il est suffisamment bien intégré et traité pour que le film ne perde pas sa verve comique.

« Blast FM, Breakfast Club, première radio de France, devant les autres et derrière ta femme »

Les comédiens sont assez à l’aise, Clovis Cornillac joue un animateur bourru convaincant et Manu Payet arrive à partager le plaisir qu’il a de jouer ce rôle taillé sur mesure. Les seconds rôles sont aussi bien trouvés et permettent de former une belle homogénéité. On ressent même une vraie authenticité dans l’équipe, qui n’a pas des souvenirs de matinales ou de soriées radiophoniques où il y a dans l’équipe un gars qui fait tapisserie et qui a un surnom improbable comme ici Smithers ?

On prend plaisir à les suivre dans leur tournée et même si les tenants et aboutissants ne sont pas clairement soulignés dans le métrage (la tournée passe au second plan pour s’intéresser à la reconnaissance des uns envers les autres, des sous-intrigues aux conséquences minimes) le film tient ses promesses et offre une aventure humaine drôle et bien écrite. Attention, le film traite de la radio mais ce n’est pas une succession de plateaux, il y a une vraie volonté de raconter quelque chose.

Il y a certains dialogues et scènes qui restent dans les mémoires comme l’apparition de Léonard de Vitry, cible facile mais néanmoins drôle et c’est l’essentiel, ou encore la chanson à la guitare d’Alex. Radiostars a tout pour être une comédie populaire, il ne lui reste plus qu’un bouche à oreille convaincant car pour l’instant le film arrive péniblement à 500.000 spectateurs là où on prédisait 3 fois plus.

Le film mérite beaucoup plus, il est rare de voir une comédie portée par des comédiens qui y croient, avec une histoire originale, bien écrite et aux ressorts comiques efficaces… et à la BO plutôt fraiche !

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=bww91u7HY1w] (rien à voir avec le reste de la BO ^^)