The Haunting of Hill House nous a déjà conquis en quelques épisodes. Mais durant l’épisode 6, l’expérience a pris une toute autre dimension.

Mike Flanagan a réalisé les 10 épisodes de cette saison et a supervisé toute la production. C’est assurément l’oeuvre d’une vie. A seulement 39 ans, il a réalisé la prouesse d’adapter, et de rafraîchir, un roman jugé un peu dépassé.

L’épisode 6 aurait dû être l’épisode qui rassure l’équipe technique après avoir pris un peu de bouteille en produisant 5 épisodes. Il aurait dû aussi un peu les épuiser. Mais Flanagan a eu l’idée de proposer un nouveau challenge en faisant un épisode avec des plans-séquences.
Après l’épisode de Kidding qui nous a tous bluffé avec sa vidéo de tournage du grand plan-séquence de l’épisode 3, The Haunting of Hill House a démontré qu’elle avait encore à donner dans cet épisode 6.

ATTENTION SPOILERS

Alors que Nell est prête pour la veillée funèbre, la famille Crain se réunit. Les vieilles rancœurs s’emmêlent avec l’émotion. Durant un premier plan-séquence de plus de 20 minutes, on suit les déambulations de la famille près du cercueil. A des moments précis, la caméra se déplace et laisse entrevoir des apparitions fantomatiques, des changements de décors et la surprise est totale. Mention spéciale à la scène où le père entre dans la pièce et voit sa famille version enfant.

Alors que dans un montage classique, notre attention est remise à zéro en une fraction de seconde, d’un plan à un autre, le plan-séquence possède ce pouvoir de scotcher et magnétiser l’attention.

Durant un autre plan-séquence, nous voici dans la Hill House avec la famille rajeunie et une nuit d’orage. C’est une prouesse de faire tourner un plan-séquence avec des enfants! Et si certains peuvent tiquer sur le déroulement de la fin de la séquence 4 (et quatrième plan-séquence!) avec les parents qui ne descendent pas tout de suite, c’est expliqué facilement par le mouvement de caméra qui suivra. Elle descend d’un étage en traversant la balustrade ! Il fallait donc préparer le matériel pendant que les parents hésitent à bouger. Du grand art. Mieux encore, les scènes d’apparition et disparitions et même de fenêtre brisée qui se reconstruit en une seconde sont exemplaires.

L’épisode se passe évidemment en temps réel et l’immersion est totale. La partie émotion et introspection de la famille dans le présent et la partie « épouvante » du passé se complètent à merveille. C’est un épisode clé et pivot avec une fin glauque assez forte.

The Haunting of Hill House est à suivre sur Netflix.