Alors que la saison 11 est en cours de diffusion sur la BBC et 4 jours après, chez nous, sur France 4, il est temps de faire un petit point sur cette nouvelle saison : nouvelle Docteur (Jodie Whittaker), nouveau showrunner (Chris Chibnall), nouveau compositeur (Segun Akinola) et nouveaux compagnons (Bradley Walsh, Mandip Gill et Tosin Cole).

Commençons par le commencement : Jodie Whittaker incarne-t-elle correctement le Docteur ? La réponse est oui !

Malgré un début où on sent qu’elle se cherche un peu (mais c’est aussi son personnage qui se cherche, la réincarnation fait du Docteur une nouvelle personne avec une nouvelle sensibilité, un nouveau caractère, de nouveaux goûts, etc.), Jodie Whittaker incarne le parfait mélange entre l’assurance du Docteur, le petit grain de folie mêlée d’insouciance avec un soupçon de solitude toujours présent chez le tout dernier être de son espèce.
Pour le dire plus prosaïquement, je suis tombée amoureuse de chaque docteur à chaque nouvelle incarnation et Jodie ne déroge pas à la règle !

Chris Chibnall est le nouveau showrunner de la série. Pour les amateurs de séries, sachez qu’il a été le showrunner des 2 premières saisons de Torchwood (le spin-off de Doctor Who) et créateur de Broadchurch, série de 3 saisons comptant dans les acteurs et actrices un certain David Tennant et … Jodie Whittaker. On peut donc clairement imaginer que la série est entre de bonnes mains avec lui.
C’est à la fois vrai et faux. On sent qu’il veut apporter un nouveau souffle à la série. C’est ainsi qu’on sait que pour cette saison, on ne verra aucun des monstres mythiques (les daleks, les cybermen, les anges pleureurs notamment). Clairement, le style d’approche de l’histoire est totalement différent. Là où les précédentes saisons s’attardaient sur le Docteur et son TARDIS qui vivent des aventures au gré du temps et de l’espace, ici, on est plutôt sur le schéma inverse, l’aventure commence sans le docteur, et elle vient, avec ses 3 compagnons, s’intégrer à l’aventure.
La différence est subtile mais palpable : on n’a plus l’histoire au service du Docteur mais le Docteur au service de l’histoire. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, ça nous donne même d’excellentes choses (« Rosa Parks » notamment, ou « Arachnids in the UK »), mais cela nous donne parfois un sentiment de manque. Il manque un peu du Docteur. Dans une série dont le nom est « Doctor Who », c’est tout de même étrange, non ?

D’un point de vue purement scénaristique, la rigueur de Steven Moffat (le précédent showrunner) me manque aussi. Les histoires sont bien mais elles sont privées de rigueur. Dans le premier épisode, l’alien parle anglais sans aucune justification (ils sont loin du TARDIS, donc il n’y a pas de traduction instantanée, il n’y a aucun traducteur universel), dans l’épisode « Arachnid in the uk », on nous signale des cas d’araignées partout dans le yorkshire, et une fois la maman araignée tuée, on ne se préoccupe plus des autres, dont celle coincée chez la voisine de Yaz, notamment. Bref, ça manque de rigueur. (Oui, je sais, ça fait 3 fois le mot « rigueur », mais c’est parce que ça manque vraiment !)

En ce qui concerne les compagnons, les 3 sont intéressants, et sont tous à leur façon des « handicapés de la vie ». On sait que le Docteur va les aider à passer ce « handicap ». Ils sont tous les 3 intéressants, pas encombrants mais mathématiquement, cela réduit le temps de présence du Docteur. Ce qui frustre un peu dans une série consacrée au Docteur, vous en conviendrez.

Pour la musique, je préfère attendre avant de me prononcer de façon péremptoire, mais je ne la trouve pas spécialement présente. Rien ne me saute aux oreilles, pas de ligne mélodique qui donne envie de ré-écouter. Je ne critique pas le talent du compositeur, sa ré-interprétation du générique est plutôt sympa à écouter, mais disons que rien ne m’a l’air de sortir du lot. Là où on avait le puissant « I am the doctor » de Murray Gold (des mesures à 7 temps ! Personne ne fait ça ! Tout le monde se contente de faire à 2 ou 4 temps, mais lui nous trouve un super thème sur 7 temps !), le thème de Clara (ré-interprété par Capaldi à la guitare électrique), ici, pour le moment, nous avons… et bien pour le moment, rien de probant à mon sens. J’écouterai la playlist pour m’attarder uniquement là-dessus et me faire un avis basé uniquement sur la musique et non l’accompagnement de l’image.

Au bout du compte, j’ai l’air de me plaindre mais je sautille toujours d’impatience chaque jeudi à l’idée de revoir le Docteur et ses compagnons et je pense que, comme la saison 8, où Capaldi fait ses débuts, il se peut que je me mette à défendre ardemment Chibnall et sa team après quelques saisons passées en leur compagnie.

Vivement jeudi prochain en tout cas !
(Tous les jeudis soirs, en 2e partie de soirée, l’horaire est variable, sur France 4)