On a testé

Roswell, New Mexico: tout pour plaire, de nouveau

Que la presse US et même françaises soulignent que Roswell New Mexico est un reboot, soit. On refait une série mais on réadapte surtout les livres de Melinda Metz, et c’est plutôt pas mal !

Scénariste et productrice de The Vampire Diaries, Julie Plec s’occupe de cette nouvelle version. Pour les souvenirs, Roswell avait duré 3 saisons entre 1999 et 2002 sur The WB et UPN. Katherine Heigl et Shiri Appleby avaient pris leurs marques avant d’atterrir dans Grey’s Anatomy pour la première et UnREAL pour la seconde. Roswell racontait l’histoire d’ados à Roswell. Max et Liz sont attirés l’un et l’autre mais Max est un alien.

Après Charmed, voici une nouvelle série de notre adolescente qui revient.

Jeanine Mason (Grey’s Anatomy) joue Liz Ortecho et Nathan Parsons (True Blood et The Originals) est Max, policier cette fois-ci. On remplace les adolescents par des jeunes adultes pour s’intégrer parfaitement avec la ligne éditoriale de la CW. Lily Cowles (Isobel, Braindead), Michael Vlamis (Michael), Heather Hemmens (Maria, Hellcats), Tyler Blackburn (Alex, Pretty Little Liars) et Michael Trevino (Kyle Valenti, The Vampire Diaries) reprennent les rôles originaux avec leurs têtes connues du public.

Inclusion oblige, Liz n’est plus la Girl Next Door américaine mais redevient, comme dans les livres, une descendante d’immigrés mexicaine. Après avoir tout quitté il y a 10 ans, Liz revient vivre chez son père dans sa ville natale à Roswell, au Nouveau-Mexique. Au cours d’une fusillade, elle est blessée mais Max la sauve.

En revoyant le pilote de la série de 1999 pour les 15 ans de la série en 2014, on avait redécouvert une série avec un ton spécial entre onirisme et atmosphère en suspens. Un brin d’Angela, 15 ans, une Shiri Aplleby frêle et timide et ce premier épisode jouait sur des notes très agréables. La série se perdait ensuite dans une romance pesante puis une SF pensante et enfin un foutoir pesant. Un gâchis incompréhensible qui justifie presque cette nouvelle série.

 

Nous voici donc à Roswell, en terrain connu, jamais oublié, avec ce fameux crashdown Café, ce tir, Liz à terre et Max qui la sauve mais sans générique (Here With me de Dido était le tube de 99). Ce n’est pas fait dans la délicatesse, les souvenirs d’une romance passée s’imposent lourdement tout comme le sauvetage qui n’a pas la subtilité de celui d’époque. Pourtant, ce premier épisode prend son temps. En 1999, il fallait 10 minutes pour que Liz sache tout. Ici, c’est le filigrane de tout l’épisode et on rajoute même un bon background, une excellente base de développement. En effet, Liz a perdu sa soeur, Rosa, et les 10 ans de sa disparition semble raviver quelques élans de violence chez certains.

Les personnages que l’on connaissait sont tous ré-introduits dans cet épisode. Physiquement, on est loin des Colin Hanks ou Nick Weshler, la série pioche dans les canons de beauté actuelles, à savoir des physiques banals de mecs avec une barbe de trois jours et un regard ténébreux. Alex et Kyle se transforment en écorché militaire et médecin pour accorder un peu plus de crédits à l’ensemble dramaturgique. Finies les bluettes adolescentes, place au soap basique entre adultes consentants.

Malgré les efforts évidents pour moderniser le squelette dramatique, Roswell, New Mexico possède une belle vibe rétro avec une BO imposante (il y a même une scène, à la fin, où le scénario utilise une chanson pour une scène et se permet de la couper pour en imposer une autre, hors scénario) et une atmosphère de temps suspendu. On se retrouve dans l’intime, le spectaculaire, la confession ou la confrontation en quelques secondes et le ton « 99 » semble vraiment préservé.

roswell

Il est à noter que le script essaye d’évacuer toute sa base un peu trop grossièrement. Outre la romance aux explications expédiées, le fait que Max cache son secret derrière une pauvre planche de bois qui ferme une grotte est un peu ridicule. Notons aussi que le casting n’est pas très engageant au premier abord avec une Jeanine Mason bien peu convaincante. Une sorte de clone de Camilla Cabello du pauvre, de croisement entre Shiri Appleby et Majandra Delfino (Mariah en 99) qui aurait dû jouer Rosa tellement l’actrice qui joue sa sœur a beaucoup plus de sympathie et de charme. Idem pour Nathan Parsons qui semble un mix entre Jason Behr (Max 99) et Nick Weshler (Kyle 99)… Côté psychologie, on retrouve quand même la marginalité de Michael, l’indécence d’Isobel et la petite folie de Mariah.

Ce premier épisode est plutôt dense, le rythme est bon et on comprend vite les développements qui suivront… et qui seront intéressants. Roswell New Mexico a donc tous les atouts pour plaire au public de la CW, aux nostalgiques de la série d’origine et à ceux qui souhaitent une série de genre aux forts accents soaps comme l’ont été Teen Wolf ou The Vampire Diaries. Avec une audience de 1.5 millions et une belle rétention après The Flash, Roswell a de beaux jours devant elles, sera mieux maîtrisée que son ainée et durera sûrement plus longtemps que 3 petites saisons. Mais on aurait aimé le retour de Dido au générique tout de même 🙁

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Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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