project blue book
On a testé

Project Blue Book : repos, soldat Mulder

Avec Project Blue Book, on revient aux bonnes vieilles années 90 et son climat de parano. Le complot gouvernemental à base d’extra-terrestres n’est plus à la mode à la télévision depuis maintenant une bonne vingtaine d’années et la perte de vitesse de X-Files.

The Event, Disparition, il y a eu la trilogie Invasion, Threshold, Surface et évidemment les Envahisseurs et Dark Skies. X-Files est le porte-étendard du genre et si la mini-série Disparition( Taken, produite par Spielberg) proposait de mettre à plat la thématique du complot alien, tout semblait dit dans le genre. Le complot, s’il n’est pas politique, n’intéresse plus personne. Avec Project Blue Book

A&E Studios (UnReal, You) propose la série à History Channel. Le projet n’est pas un docu fiction, c’est un ersatz d’un Disparition mâtiné de X-Files. En gros, nous sommes dans une série typiquement 90s qui ne révolutionne rien, qui raconte plus qu’elle ne transmet.

Dans les années 50, un militaire (Michael Malarkey, The Vampire Diaries) se voit confier une enquête sur des événements de plus en plus étranges autour de phénomènes OVNI. On lui adjoint un professeur d’astrophysique (Aidan Gillen Game of Thrones, The Wire). Concrètement, le schéma rappelle furieusement les prémisses de X-Files. Dans le premier épisode, la scientifique Scully était appelé pour surveiller les enquêtes farfelues de l’agent Mulder. Pour Project Blue Book, le duo sceptique / croyant a une autre odeur. Le professeur d’astrophysique et le militaire ne sont pas croyants et le professeur, la caution scientifique,, ne veut pas débunker les phénomènes mais justement prouver qu’ils sont vrais. La dynamique est alors différente de la série culte des années 90.

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Au niveau du contenu, Project Blue Book ne propose rien de nouveau. On est en pleine Amérique des années folles, l’Armée est reine et l’insouciance règne. Quelques années avant, le crash de Roswell a mis la puce à l’oreille à la population. Il faut donc essayer de retrouver les bonnes grâces du peuple. Les images d’Epinal du secret gouvernemental, des figures de l’ombre et de la manipulation sont bien là. Le pénétrant Neal McDonough (Desperate Housewives, Suits) se la joue Homme à la Cigarette, clope au bec quand son supérieur, Michael Harney (Healy dans Orange Is The New Black), est droit dans ses bottes de militaire bourru.

Project Blue Book se retrouve donc coincé entre son désir de proposer une version « accurate » de ce fameux projet secret avec des références historiques. Ca ne se veut pas spectaculaire et on se plait à se dire que la série a plus des allures d’anti-Dark Skies plutôt que d’anti X-Files. Dark Skies réécrivait l’Histoire quand PBB l’utilise à bon escient. Et c’est peut-être ce manque flagrant d’originalité qui pourra tuer la série dans l’œuf. Quand sera-t-il de la série quand elle aura aligner les phénomènes OVNI qui se ressemblent quasi tous avec des conclusions quasi toutes identiques ? La série inventera-telle des rebondissements pour faire durer et transformer l’essai?

PBB est carré, a fier allure avec cette belle ambiance 50’s, dans un ton noir accessible au grand public et ne souhaite sûrement pas devenir la nouvelle référence SF (chaîne d’histoires oblige). Gillen est plutôt bon alors que Malarkey est monolithique au possible pour le moment. La SF est à toutes petites doses et si la série peut aller proposer ce que les meilleures heures de X-Files étaient, on achète de suite. La fin de l’épisode marche d’ailleurs plutôt bien avec même un jeu avec le spectateur puisqu’un code secret se fait entendre… Alors que X-Files a perdu de son aura avec son reboot qui a dénigré sa propre substance, il est quand même bon de se remettre dans ce désir de recréer cette parano d’époque nostalgique.

 

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Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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