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On a testé

Le teen-show de HBO, Euphoria: héroïne sous héroïne sous influence

Les teen-shows se redécouvrent une jeunesse avec des tons plus sombres et Euphoria joue à fond la carte du spleen.

Il y a eu Degrassi, Dawson, Hartley et on a basculé dans autre chose avec Skins. 13 Reasons Why a mixé le tout. Euphoria sent qu’il est temps de montrer autre chose d’encore plus âpre et dur.

HBO se met aux teen-shows. Euphoria, produite par le chanteur Drake, met en scène Zendaya (Spiderman, The Greatest Showman) en ado droguée, perdue, entourée d’ados paumés, drogués… Au top du fun.

Euphoria sort de l’esprit de Sam Levinson à qui on doit déjà les films comme Another Happy Day et Assassination Nation, des œuvres déjà blasées, glauques et pessimistes.

On retrouve Eric Dane, méconnaissable en père de famille pervers, Maude Apatow (fille de Judd, le réal’) qu’on a vu dans Assassination nation justement, mais aussi Jacob Elordi qui a explosé dans The Kissing Booth, la rom-com de Netflix. Hunter Schafer, actrice trans, joue une Jules superbement incarnée. Enfin, nous avons Sydney Sweeney (Emaline dans Everything Sucks!).

Euphoria est un croisement entre Springbreakers de Harmony Korine et 13 Reasons Why ou Skins. Une oeuvre à l’esthétisme fort et aux thématiques tranchantes qui ne veut rien montrer d’autres que son thème principal. C’est bien là le problème.

Euphoria accroche à la première minute malgré l’usage rincé de la voix-off pour présenter l’héroïne. On sent un personnage déjà écrasée par une époque anxiogène. On sent qu’il n’y a rien de lisse et de facile. Mais on bascule dans un spleen permanent sans grande justification. Chaque personnage est déjà mort à l’intérieur, souffre de carences de sympathie énormes. La série fait un portrait peu flatteur d’une jeunesse américaine. Réalisme? L’esthétique poussée de la série nous sort quelque peu d’une certaine réalité. Les tons pastels permanents font vraiment penser à un autre monde, à un refus total de montrer le monde réel.

euphoria

On est clairement dans un fantasme glauque, une histoire Larry Clark-ienne filmée chez Nicolas Winding Refn, un Sofia Coppola sous acides. Oui, il y a de la nudité frontale, une cruauté et une humiliation qui rappellent 13 Reasons Why, des personnages désabusées comme dans Skins. En gros Euphoria se veut un pot-pourri de références mais qui sent surtout comme du réchauffé sous couvert d’un post-modernisme latent… et grossier.

On s’ennuie un peu, on ne ressent aucune empathie même si Zendaya est excellente. Mais derrière ce trop-plein de spleen, que se cache t-il? Si c’est pour dépeindre des jeunes perdus car ils sont perdus et sont sans repères car ils sont sans repaires, Euphoria n’a aucun intérêt. Ce côté too much ne convainc que difficilement. Ce côté artificiel et superficiel se limite à lui-même.

 

Euphoria est disponible sur OCS.

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