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On a testé

Creepshow, la saison 1 en détail, et ce n’est pas glorieux

Creepshow, c’est plusieurs films inspirés des comics EC qui ont aussi inspiré Les Contes de La Crypte. Mais c’est surtout une série qui est diffusée sur Shudder et qui fait rire de honte.

Il y a eu un film à sketches par George Romero en 1982, et deux suites. Le premier reste, évidemment, le plus connu avec la participation de Stephen King au script. EC Comics a aussi inspiré trois films. Le premier, Histoires d’outre-tombe (Tales from the Crypt) date de 1972 (à ne pas confondre avec Histoires de l’autre monde (Tales from the Dark Side) qui est une série d’horreur qui a donné un film Darkside : Les Contes de la nuit noire avec Christian Slater en 1990). En 1973, Le Caveau de la terreur (The Vault of Horror), était aussi un film à sketches.

En 1985, Weird Science (Une créature de rêve) en 1985 est tiré d’une histoire de la collection Weird Science d’EC Comics justement.

Les Contes de la Crypte, série des années 90, est aussi inspirée des Comics EC d’où la ressemblance mais aussi la confusion faite entre Creepshow et elle.

Creepshow a aussi un gardien squelettique mais il ne parle pas et ne manie pas l’humour noir comme le CryptKeeper de la série culte. Il est juste là pour illustrer et introduire les histoires, mettre dans l’ambiance sans dire un mot. C’est l’un des points faibles de la série Creepshow que nous a concocté Greg Nicotero, spécialiste des effets spéciaux de maquillage  qui a bossé sur The Walking Dead, Evil Dead et bon nombre de films d’horreur depuis 40 ans.

Le squelette est animée d’une façon tellement old school qu’il devient presque ridicule par rapport à l’animation du gardien des Contes de la crypte. C’est saccadé, honteux pour un produit de 2019. Nicotero souhaite revenir aux effets d’antan mais il aurait été judicieux de mettre en pratique les techniques actuelles. On ne sent rien de moderniser et fatalement, sans le charme  d’antan, il y a un décalage qui se crée. Les practical effects (pas de CGI, pas d’ordinateur) sont une bonne idée, mais il faut que ce soit pour une bonne raison.

Il y a eu 6 épisodes de 2 histoires.

creepshow - Creepshow, la saison 1 en détail, et ce n'est pas glorieux

Critique des épisodes

Le premier épisode, Gray Matter, est tiré d’une histoire de Stephen King. Dans une petite ville, un jeune garçon vient alerter des locaux que son père devient étrange. Toute l’histoire sera centrée sur la découverte du père et de ce qu’il est devenu. Autant vous dire que rien n’est raconté, aucune progression ne vient bousculer le récit. On ne s’appuie sur sur la fin qui aurait été un bon début…
Le monstre a une scène est en quelques secondes, on passe d’un effet raté à un mouvement esthétique génial. On sent même qu’un ordinateur est passé par là tellement c’est plutôt efficace.

On sort donc un peu perdu.

The House of the Head est un segment un peu mieux maîtrisé car il y a une belle narration. Raconter une histoire banale dans une autre histoire banale via une maison de poupée est une idée originale. On gagne en densité dans les deux cas, chaque histoire nourrit l’autre. Il est dommage de plomber le tout par une fin qui ne résout rien.

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Le second épisode a également deux histoires différentes et à la qualité aléatoire.
Bad Wolf Down est une histoire de loup-garou durant la Seconde Guerre mondiale. Un sujet que les fans de série B ont déjà vu plusieurs fois. On voit arriver la révélation mais l’épisode nous prend de court et c’est une histoire encore plus banale qui vient nous endormir. La fin est honteuse et nous plonge dans un questionnement intérieur profond : doit-on supporter ça en 2019?

The Finger se la joue comique avec un doigt venant d’une créature inconnue qui est recueilli par un collectionneur d’objets perdus. Jour après jour, le doigt se reconstruit et c’est une créature entière qui apparaît. Elle est animée image par des techniciens et l’incrustation frôle le carton jaune. L’épisode est plutôt bien mené jusqu’à la conclusion qui n’en est pas une, encore une fois.

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L’épisode 3 nous offre, avec All Hallow’s Eve, une histoire banale de vengeance d’outre-tome qui ne joue sur aucun suspens. Il ya pourtant une bonne ambiance et une thématique plutôt macabre. Sous-exploitée, la thématique ne donne rien de transcendant. Les décors font toujours cheap et la réalisation est plate.

The Man in the Suitcase est déja plus plaisant. Il part sur un postulat un peu plus magique que fantastique. De plus, le côté décalé de la situation donne un cachet certain. Si la conclusion est un peu grotesque, l’épisode est plutôt minimaliste dans les effets. Ça ne vole encore pas très haut mais on passe un moment agréable.

L’épisode 4 tend vers des histoires minimalistes aux effets maximisés. The Companion nous conte l’histoire d’un épouvantail tueur. L’effet de surprise est totalement désamorcé en quelques minutes et l’épisode ne tient que par le flashback explicatif qui aurait pu donner un meilleur épisode. Les décors sont encore une fois cheap avec cette brume artificielle.

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Lydia Layne’s Better Half est un huis-clos mettant en scène Tricia Helfer (Battlestar Galactica) et unc adavre dans un ascenseur bloqué. Deux personnages, dont un mort, mais rien n’y fait, on loupe tout ce qui est entrepris. La mise en situation est bancale, le cadavre respire (sur toutes les scènes), Helfer cabotine et l’effet final est d’une médiocrité déconcertante.

Night of the Paw ouvre l’épisode 5. On retrouve le vétéran Bruce Davison, plutôt bon dans la retenue, moins dans d’autres registres, qui a une main de singe qui permet 3 voeux. C’est macabre, bien rythmé et réfléchi mais il y a toujours ce côté cheap du cimetière qui nous perd. Le background général de l’épisode est développé mais la conclusion n’est pas à la hauteur.

Time is Tough in Musky Holler parait très court tellement, il n’y a rien à offrir. On est dans le burlesque gore. David Arquette prend son chèque, joue trente secondes et tchao. Intérêt zéro alors que c’était le plus original.

Le dernier épisode part sur une idée originale avec Skincrawlers et ce ver qui suce la graisse des obèses. Un script très mal fichu empêche toute surprise. C’est juste un compte à rebours auf estival gore qui n’est pas jouissif.

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By the Silver Water of Lake Champlain aurait pu faire un bel X-Files, un honnête Contes de la Crypte mais l’exécution empêche juste l’épisode d’être bon. La brume omniprésente fait cache-misère, les acteurs sont plutôt jsutes pour une fois, la facette « conte » est bien dosée avec ce monstre mais, sans surprise, le script va là où il doit aller.

Une saison facile, cheap 

Très simplifié dans son enjeu principal, chaque segment est avant tout une bande-démo pour des artistes en effets mécaniques ou maquilleurs. Pour le reste, on sent que le côté fauché n’était pas d’une importance suffisante pour tenter de masquer les lacunes. La réal est plate, les acteurs rarement bons.

Le problème de ces projets qui ne veulent pas surfer sur la vague des images de synthèse nous rappellent à la bonne époque des effets spéciaux limite limite qu’on a bouffés étant jeunes. C’est par ce biais cognitif que nous jugeons, à la hâte, des projets qui ne sont juste pas formatés par le modèle dans lequel on baigne.

Alors oui, la série ne révolutionne rien sauf qu’elle prend à contre-pied les techniques de production actuelles. Oui, la série est d’une simplicité extrême. Mais non, Creepshow ne doit pas être vendu comme un désastre, elle correspond simplement à un pan que l’on a oublié dans les séries : celles qui ne sont pas là pour faire date, qui ne sont pas là pour remplir des cases horaires. Elles sont juste le fruit d’un amour du genre.

On pardonne les erreurs esthétiques, on ne pardonne juste pas un ton peu défini. Qu’est-ce que Creepshow ? En lisant les prochains synopsis des épisodes, on ne s’attend pas à autre chose qu’un vibrant hommage aux films des Jeudis de l’angoisse ou aux Contes de la Crypte, des histoires très simples. Sauf que Creepshow est simpliste à défaut d’être simple.

La saison 2 est commandée et la seule question qu’on se pose est: si on revoyait les Contes de la Crypte 20 ans après, ne serions-nous pas aussi déçus?

 

 

 

 

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Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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