Depuis le 27 décembre, Netflix a mis en ligne un épisode spécial de Black Mirror intitulé Bandersnatch qui se veut interactif.

Avant toute chose, ce n’est pas le premier contenu interactif de la plateforme puisque 4 programmes pour enfants proposent ce système : L’épopée du Chat Potté, prisonnier d’un conte, Buddy Thunderstruck : La pile des peut-être, Stretch Armstrong : L’évasion et Minecraft : Mode histoire, disponibles dès maintenant.

Bandersnatch est un épisode « hors continuité », situé entre la saison 4 et la prochaine saison 5, sans date encore.

En Angleterre, en juillet 1984, un programmeur de 19 ans, Stefan Butler (Fionn Whitehead), rêve d’adapter un livre « Choose Your Own Adventure » appelé Bandersnatch et écrit par l’écrivain tragique Jérôme F. Davies. Butler produit le jeu pour la société Tuckersoft qui emploie le célèbre créateur Colin Ritman (Will Poulter).

Difficile de juger un épisode interactif puisque chaque fois rendra l’expérience différente. Mais il semblerait qu’un schéma type, une structure par défaut se dessine malgré les choix. Evidemment, la longueur de l’épisode et le nombre de choix varieront suivant le spectateur.

Vous pouvez d’ailleurs voir toutes les solutions et le nombre d’occurances de chaque choix sur ce lien. 

bandersnatch

La première chose qui frappe est le récapitulatif quand un choix semble mener à une impasse scénaristique. Il y a beaucoup de choix « mauvais » qui font revenir en arrière. Un « previously on » est alors proposé. Au bout de 2 ou 3 fois, ça va, mais après 5, 6 fois, cela devient un peu ennuyant et rend l’épisode ennuyeux… C’est surtout après une longue série de choix qu’une impasse nous guette. A force de se « louper », nous sortons de l’histoire, n’avons plus envie d’avancer. Nous ne sommes plus dans l’histoire, nous rejetons toute forme de choix et à ça s’ajoute un personnage principal assez insupportable.

L’histoire prend un côté très méta puisque le personnage parle d’un jeu interactif et c’est d’ailleurs assez drôle de voir Netflix s’auto-citer pendant une longue séquence qui fait partir l’épisode dans un tout autre délire. C’est d’ailleurs un peu le gros avantage de l’expérience. Bandersnatch se transforme petit à petit en trip horrifique, en film expérimental, en conte de SF
Au final, la plupart de nos choix ont débouché sur une fin quasi identique. L’épisode aura donc duré 1h28 avec beaucoup de retours en arrière.

C’est ludique, un poil redondant et peut-être trop découpé pour proposer une histoire prenante. On s’interroge sur l’évolution de l’histoire, sur ce que le scénariste (Charlie Brooker, qui écrit tous les épisodes de la série) veut raconter en oubliant peut-être les prises de risque, les situations clichés… Bref, on essaye de rendre le récit comme il devrait être pour nous surprendre ou, au contraire, pour être logique. C’est clairement une expérience à réitérer pour une nouvelle forme d’histoire.

bandersnatch