Hazbin Hotel
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Hazbin Hotel enfin disponible sur YouTube

On vous en avait parlé il y a un an, voilà enfin les débuts de Hazbin Hotel.

Oui, Halloween, c’est fini depuis 10 jours. Oui, c’est vrai, c’est un peu tard pour cet article. Mais votre serviteur a chopé la grippe et puis, il n’est jamais trop tard pour vous montrer cette pépite, si vous ne la connaissez pas encore ! Lors de notre rapide compte-rendu de l’an dernier au sujet de la bande annonce de « Hazbin Hotel », nous vous avions précisé qu’il s’agissait d’un beau projet lancé par l’américaine Vivziepop, de son vrai nom Vivienne Medrano. Un long-métrage était prévu depuis, et le voici ! ENFIN ! Il est sorti sous forme de pilote le 28 octobre 2019 sur Youtube, et dure près de 32 minutes. Le travail est phénoménal, entièrement réalisé par des animateurs d’amateurs à semi-professionnels ! Ils sont rémunérés grâce à la plateforme Patreon, grâce à des publicités sur de précédentes vidéos ainsi que de divers dons donnés sur les streams, ce qui est franchement méritant vu le résultat très propre qui en ressort :

Mais c’est quoi le scénario, dans tout ça ? Voici donc : nous y découvrons les péripéties de Charlie, la Princesse des Enfers, fille de Lilith et de Lucifer. Gentille, naïve et téméraire, elle est attristée de voir son peuple de démons en partie anéanti par des génocides organisés par des anges envoyés par le Paradis. Afin de gérer la surpopulation de démons et tenter de les sauver, elle fonde le « Happy Hotel », un endroit où ils peuvent se réhabiliter et racheter leurs péchés. Son projet est soutenu par sa compagne et petite amie, Vaggie, mais tous les autres démons se moquent ouvertement de ce projet farfelu. Si l’enfer est un lieu de perdition, ce n’est pas pour rien ! Même Angel Dust, une star de films porno dans les Enfers, échoue dans sa « réhabilitation » et retombe dans ses travers habituels. N’écoutant que ses vices, il replonge allègrement dans la prostitution et enchaîne les clients avec joie (oui oui, il s’agit bien d’un dessin animé). Désespérée, Charlie ne sait plus que faire et envoie en vain des messages téléphoniques à sa mère qui semble l’avoir abandonnée depuis longtemps. C’est là qu’entre en scène Alastor, un étrange démon aux oreilles de cerf, plus communément appelé le « Démon Radio ». Très puissant, il suscite des craintes chez Vaggie car elle connaît bien le personnage, connu pour avoir perpétré des carnages dans le passé avant de les retransmettre dans tous les Enfers par radio, terrorisant ainsi la population. Mais Charlie accepte de donner une chance à Alastor qui s’intéresse à son projet d’hôtel (c’est d’ailleurs lui qui le rebaptise « Hazbin Hotel »). Tous les démons méritent d’être sauvés, pense-t-elle… On ne connaît pas encore les desseins de l’inquiétant Alastor, mais on sait qu’il ne croit nullement à l’espoir de réhabilitation des démons. Bien au contraire, il se délecte d’avance de voir autant d’âmes perdues se faire de faux espoirs et retomber toujours plus bas, allant d’échec en échec…

On peut dire que de grands moyens ont été mobilisés autour de ce film indé. Le générique de fin nous montre une véritable petite armée au travail, avec des ingénieurs du son, et même la mise en place de CGI à la création de quelques plans. Le rendu général est vraiment impressionnant pour un travail dit «d’amateurs » : on est clairement dans une délicieuse ambiance Burtonienne qui fait penser à « L’Étrange Noël de Mr. Jack ». D’ailleurs, il est vrai que le personnage de Charlie ressemble étonnamment à Jack dans cette œuvre: tous deux sont les leaders d’un monde étrange censé faire peur alors qu’en réalité, ce sont des cœurs tendres ! Ils rêvent tous deux d’affection, de bonbons, d’étoiles et de paillettes, et demeurent gravement incompris par leur entourage (sauf de leur crush respectif). Jack finira par abandonner l’idée de fêter Noël et se réconciliera avec Halloween, mais comment évoluera Charlie ? Son problème est plus profond : c’est carrément de sa condition de démon dont elle souhaite s’émanciper. C’est même très surprenant de voir une princesse des Enfers aussi gentille : comment a-t-elle pu développer des émotions dans un  monde sans foi ni loi ? Est-elle vraiment un démon à la base ? Est-ce qu’il ne s’agit pas en vérité de la princesse du Paradis tombée en Enfer et que la vraie fille des Enfers se retrouve chez les anges ? Est-ce que les deux bébés ont été échangés à la maternité ? Son caractère poli et naïf détonne tellement que parmi les commentaires de la vidéo, certains disaient qu’ils ne comprenaient pas ce que faisait « Une Princesse Disney en enfer », ce qui est assez bien trouvé ! D’autant plus qu’elle se met à chanter pour exprimer son envie de faire un hôtel, ce qui ne fait que renforcer l’idée (La chanson « Inside of every demon is a rainbow » est tout simplement géniale). Bien sûr, les chansons sont moquées dans cet univers, qui se veut très parodique.

Le personnage que je trouve le plus fascinant, c’est aussi et surtout Alastor, qui en impose rien qu’à sa présence inquiétante. Vivienne Medrano a eu la brillante idée de créer un personnage dont la voix est perçue comme si l’on entendait une vieille radio des années 30. C’est d’autant plus parlant que selon mes recherches sur le site https://hazbinhotel.fandom.com/wiki/Alastor, ce personnage a bel et bien connu le crash de 1929 et est décédé en 1933 avant sa « chute » aux Enfers. Toujours accompagné d’un vieux micro (qui semble vivant et parler au démon lui-même), ce personnage est également haut en couleurs et  n’hésite pas non plus à pousser la chansonnette entre deux menaces démoniaques des plus flippantes. Chaque personnage semble avoir sa propre histoire, et il en est de même avec Angel Dust qui aurait vécu à New York dans les années 40, et serait décédé d’une overdose.

hazbin hotel

Ce dessin animé est également un concentré de pop culture geek qui a de multiples références sur le net. En particulier concernant la communauté LGBTQA+, avec Charlie et Vaggie qui sont ensemble (d’ailleurs, à mon sens, Vaggie est une référence non dissimulée du sexe féminin). Angel Dust est ouvertement gay et s’il lui arrive de coucher avec des femmes, c’est uniquement pour l’argent. Il est également probable qu’il ait un sugar daddy dans la série, ce qui ne l’empêche pas de faire des propositions impudiques à chaque fois qu’il croise un personnage masculin (« Je peux te sucer la b… ! » Et quand on lui dit « Vas te faire foutre ! » il répond un malicieux : « Seulement si tu me regardes ! »). Bref c’est une série très décomplexée comme vous pouvez le constater ! Et ça fait du bien. On dirait qu’il existe une tendance à certains dessins animés indé de devenir davantage tournés vers les adultes, et c’est justement ce qu’on aime. 

 

Bien sûr, il y a quelques défauts d’animations avec certains personnages en arrière-plan un peu « raides » dans leurs mouvements au début, mais « come on ! » c’est vraiment du bon travail pour une équipe d’animateurs qui au départ, partaient de presque rien. Notons tout de même qu’ils ont suivi des études d’animation, et cela se voit ! Quoiqu’il en soit, ne passez surtout pas à côté de cet univers décomplexé et surcoloré aux accents halloweenesques. Vous ne le regretterez pas ! 

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