Greg Berlanti a encore frappé puisqu’avec YOU (Parfaite en VF), il signe une nouvelle série qui pourra être la nouvelle série phénomène en France quand elle arrivera sur Netflix le 26 décembre.

Sera Gamble et Greg Berlanti sont des habitués des séries. La première a travaillé sur Supernatural et The Magicians quand Berlanti règne sur le royaume DC sur la CW et Riverdale… Ils créent ensemble YOU, adaptation du roman de Caroline Kepnes. La série a commencé sur Lifetime depuis peu et a déjà été renouvelée pour une saison 2(qui adaptera la suite du roman).

Le CV de You est intéressant puisqu’on y retrouve Penn Badgley (Gossip Girl), Shay Mitchell (Pretty Little Liars) et Elizabeth Lail (Dead of Summer) !

Joe, le gérant d’une librairie new-yorkaise, devient obsédé par Beck, une jeune aspirante écrivaine qui partage sa passion pour les livres et pour la poésie. Persuadé qu’ils sont faits l’un pour l’autre, il va alors se servir des réseaux sociaux pour nourrir son obsession, savoir en permanence où elle se trouve et ce qu’elle fait, et tenter de faire tomber tous les obstacles qui pourraient se dresser en travers du chemin de leur possible romance. Quitte à commettre des actes totalement fous…

Vous pouvez lire les critiques des épisodes 1 à 4 pour vous donner une idée. Le reste est inutile si vous ne voulez pas vous spoiler.

EPISODE 10 spoiler
Le final remplit le cahier des charges avec une Beck enfermée qui découvre le pot aux roses face à un Joe qui retrouve une facette vile ambivalente. On aurait préféré plus de scènes chocs avec des révélations qui pleuvent mais comme le public sait déjà tout, il était surtout utile de tout miser sur la réaction de Beck. Et l’actrice s’en sort bien mieux que durant les 6/7 premiers épisodes !

Les ennuis ne s’accumulent pas tant que ça. L’histoire de Paco n’est qu’un problème mineur qui trouve sa résolution assez facilement. On aurait espéré que le petit devienne un apprenti malgré lui. Hélas, c’est à peine envisagé.

Le détective qui enquête sur Joe a autant de poids que le policier qui avait des doutes, c’est à dire aucun. Une scène et on expédie la menace. On termine avec des échanges vifs entre Beck et Joe qui se terminent comme il fallait… et par une ellipse indécente qui conclue la saison à la va-vite ! Quel dommage. On aurait aimé un final qui tire un peu plus en longueur plutôt qu’un résumé des faits.

La série reste très bonne à suivre avec un héros porté par Penn Badgley habité. C’est frais, moderne, rythmé et à binge-watcher sans problème pour éviter la petite baisse d’intensité.

EPISODE 9 spoiler
L’épisode accélère l’intrigue pour préparer au final. Beck est de plus en plus curieuse sur Candace alors que Joe découvre que Beck l’a effectivement trompé! Le doute sur l’histoire de Candace est bien fichue avec des zones d’ombre et de doute qui apporte beaucoup d’épaisseur à l’ensemble, que ce soit le passé de Joe, ses agissements et surtout la finalité de tout ça. Les mensonges et les cachoteries font place aux vérités. On jubile, on retrouve l’énergie vicieuse des premiers épisodes et la fin de l’épisode nous embarque dans un final qu’on espère audacieux.

EPISODE 8 spoiler
Après la double-narration, le flashback voici l’inversion des rôles avec une Beck qui stalke un peu. Ce petit jeu de chat et souris est intéressant et donne un peu de substance. La relation entre Joe et Karen est parfaite et les ressentis de Joe donne encore une nouvelle façon de rafraîchir le personnage de Joe. Mais on aurait pu s’attendre à une confrontation plus violente. Le fait que Joe et Beck se voient aussi rapidement avec la conclusion la plus clichée possible, c’est dommageable. You détourne les clichés des romcom mais voilà qu’elle surprend en ne contournant rien du tout… Tout ça pour rebondir sur Candace qui était un peu le point mystérieux du personnage de Joe. Si la fin de saison joue la carte Candace, ce serait mentir sur le vrai but de cette série sauf si Candace a vraiment un lien avec tous les agissements de Joe.

EPISODE 7
Quand un personnage disparaît, il faut le remplacer et l’épisode 7 nous propose donc John Stamos, (oui, Oncle Jessie de la Fête à la Maison) avec une barbe étonnante qui joue les psys. La série joue encore avec ses codes puisqu’elle met le doute chez Joe quant à aux agissements de Beck. On retourne un peu la situation histoire de donner un peu plus d’enjeu et c’est réussi. On regrette un peu que les conséquences de l’épisode précédent soit balayé par un « un mois plus tard ». Et concernant le shérif, on espère que ce ne soit pas terminé aussi facilement. A cause de ça, la psychologie de Beck est encore fragilisée et son écriture assez brouillonne.

EPISODE 6
Finalement, les perspectives proposées sont vite balayées puisque l’épisode conclura un arc. L’épisode est un jeu de cache-cache plutôt plaisant et original mais qui ne va pas assez loin. Les enjeux sont même un peu revus et corrigés et c’est assez excitant de voir Peach prendre un peu d’ampleur. On ne s’ennuie pas mais You reste encore dans sa zone de confort. On a même eu peur quand au début de l’épisode, la vision de Joe ne soit que le début d’un épisode « et si » ou « rêve ». Cette scène permet d’introduire une nouvelle petite menace en la personne du shérif. Si on l’ajoute à celle du voisin et de Peach, Joe devrait être en mauvaise posture pour la fin de la saison.

EPISODE 5
L’épisode contraste beaucoup avec le précédent puisqu’on avance beaucoup dans l’intrigue principale. Peach se révèle (même si on s’en doutait) une parfaite pétasse. Beck joue encore les ingénues… ou est-ce notre conception du personnage via Joe qui en rajoute à chaque fois. La voix-off omniprésente peut légèrement gonfler mais c’est un gimmick indispensable pour souligner l’intention de la série. Joe nous impose sa vision des personnages et on se met à douter de tous. Les dernières minutes sont impitoyables et ouvrent de belles perspectives.

EPISODE 1 à 4
Dix minutes, c’est ce qu’il a fallu à la série pour accrocher et signer sa note d’intention. Le personnage est déjà campé, installé, dominant et extrêmement sournois dans son écriture pour qu’on s’identifie maladroitement à ce stalker. Habitué aux voix-off depuis Gossip Girl, Badgley s’en sort à merveille en jouant ce croisement entre l’amoureux transi et un fils spirituel de Dexter. Omniprésent dans la narration et les scènes, Joe écrase tout sur son passage. Il est quand même au milieu de personnages secondaires finement écrits entre le petit garçon adepte de bouquins, le père alcoolique, les copines de Beck toutes plus superficielles les unes que les autres.

you

Beck est la girl next door parfaite sauf qu’au fil des épisodes, les failles seront montrées, les vérités dévoilées. Et ce qui fait la grande force de YOU est que le personnage principal impose sa vision au public, il est alors ludique de trouver soi-même la vérité. On avait laissé Elizabeth Lail dans l’honteuse série Dead of Summer avec son jeu approximatif. Elle s’en sort déjà mieux ici, auréolée d’une direction juste et audacieuse. Dommage que l’épisode 4 annihile ce sentiment avec un personnage plat.

You semble avoir le même ADN qu’UnReal à l’époque de sa saison 1 en allant là où les séries n’ont pas été (l’ambiance y est très urbaine, charnelle et un peu « naughty ») et en offrant une série moderne, divertissante et ouverte sur beaucoup de choses. On sent que ce sont deux séries très millenials, avec ce monde cliché, des gens qui s’aiment faussement, qui boivent du Starbucks et qui ont des Iphones… le monde moderne quoi.

La série trouve souvent la bonne idée pour faire basculer une scène d’une ambiance à une autre. On pense notamment à la conclusion de la scène du métro ou à la fin de l’épisode 3 qui pourra, sans honte, détourner le regard des fans des réflexes gatro-scénaristiques de 50 Nuances de Grey. D’ailleurs, cette scène , qui renvoie Joe à quelqu’un de plus terre à terre, est répété trois fois (previously et deux fois dans l’épisode) comme pour souligner l’effet voulu. L’épisode 4 tranche avec le début de saison puisqu’il utilise la double narration et pose une voix-off désastreuse au personnage de Beck. Et d’ailleurs, il tranche totalement avec le ton des trois premiers épisodes. On nous lâche un épisode aux accents de soap assez prononcé, peut-être trop. On s’ennuierait presque.

You est une série résolument bien ficelée avec peu de personnages mais la forme et le fond sont assez frais pour offrir une série divertissante. Le personnage de héros / bad guy fait mouche rapidement et l’histoire est prenante. Lifetime tient là encore une série recommandée qui arrive sur Netflix en France en fin d’année sous le titre Parfaite.