Après l’échec de Everything Sucks en 2018, Netflix propose une nouvelle série ado à l’ambiance assez rétro avec Sex Education, créée par Laurie Nunn.

Derrière ce titre simpliste se cache un teen show anglais qui raconte comment, Otis (Asa Butterfield, Hugo Cabret, la Stratégie Ender), le fils d’une sexologue, décide de mettre en place son propre cabinet de thérapie sexuelle dans son lycée avec l’aide de Maeve (la débutante Emma MacKey). On retrouve également au casting Gillian Anderson (X-Files) en mère thérapeute très libérée, et James Purefoy (Rome).

Sex Education possède cette ambiance rétro assez étrange puisqu’elle se passe de nos jours mais avec des looks d’une autre époque. Vous allez nous dire que c’est normal, on est en Angleterre, le pays où l’habit ne fait pas le moine. On pense à des séries dures comme Skins, Degrassi, à The End of The Fucking World et même à la saison 1 de Dawson et ses looks improbables. Sex Education gagne finalement sa propre identité au fil des épisodes. Comme toute série qui se respecte, elle arrive à créer son petit monde, à jouer avec ses personnages et à satisfaire. L’épisode 3 (il faut toujours aller jusqu’à l’épisode 3 d’une série) nous met devant le fait accompli : la série a un univers.

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Chaque épisode commence par une scène de sexe qui découlera du problème traité dans l’épisode. C’est plutôt malin, bien écrit, assez juste et ouvre la porte à beaucoup d ‘autres choses que le simple sujet qu’est le sexe. Ça traite évidemment du harcèlement, du revenge porn, de la première fois… et c’est surtout dans le sujet sous-jacent de la découverte de soi que la série gagne à être vue. Au-delà d’une identité un peu potache, la série pointe du doigt beaucoup de choses. C’est encore trop tôt pour dire si la série sera pertinente sur le long-terme. Les triangles amoureux, problèmes parentaux… les sujets ne sont pas nouveaux, le traitement n’est pas révolutionnaire ou original et la série joue clairement en terrain connu. Reste à le conquérir et à offrir plus de matière.

Aidé par le fragile mais très bon Asa Butterfield, Otis parvient à devenir attachant rapidement avec ses traumas et son originalité. Tous les personnages sont des clichés ambulants avant de sortir de leur archétype pour gagner en profondeur dès ce fameux épisode 3. Les touches comiques, portées principalement sur le sexe, feront reculer les plus réticents à l’humour American Pie et c’est dans le drame que la série gagnera en efficacité. Cependant, on n’échappe pas aux tropes classiques (euphémisme) du gay persécuté, à la marginale persécutée, bref à tous les types de harcèlements qu’un jeune peut subir. Et si on déjoue les mécanismes évidents d’une dramaturgique rincée, il y a comme un ressenti un peu désagréable de se dire que la série joue déjà sur des plate bandes connues pour faire avancer son récit.

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Petit mot sur Gillian Anderson. Comme vous le savez peut-être, votre serviteur ne supporte plus l’actrice malgré le fanatisme aigu envers X-Files. Sa manière de jouer en faisant la gorge tendue, en regardant la bouche et en dandinant de la tête devient vite irritant. Pourtant, son rôle de thérapeute quadra/quinqua à la vie sexuelle épanouie est plutôt touchante. Les adultes, dans la série, sont plutôt bien lotis. C’est très important de doser la place des adultes dans un teen-show. 13 Reasons Why l’a compris assez vite. C’est un atout non négligeable dans la qualité d’une série de ce genre.

Côté musique, on joue sur du bon vieux rock anglais, on notera encore que comme quasiment toutes les séries teen de Netflix, le héros adore Joy Division…

Comme tout teen-show, la saison 1 gâche beaucoup de cartouches sur ces personnages principaux en jouant sur un triangle amoureux facile, une quête identitaire déjà bien élaborée pour qu’en saison 2, l’ajout de nouveaux personnages viennent bousculer ce petit monde, fait perdre un peu de charme avant de rebondir en saison 3. Sex Education sait qu’il faut user sans abuser des ficelles classiques du genre comme avec cette fin de saison qui n’a rien de surprenante.

Sex Education, c’est 8 épisodes de 50 minutes, diffusée depuis le