saint seiya netflix critique
On a terminé

Saint Seiya sur Netflix : au-delà de l’adaptation foireuse, c’est une catastrophe d’écriture

On ne l’attendait pas vraiment avec impatience ou alors juste pour voir les dégâts puisque Saint Seiya arrivait version Netflix US.

Spoilers possibles mais franchement, on s’en balec tellement c’est pas bon.

La Toei Animation est tout de même derrière ça avec comme réalisateur Yoshiharu Ashino (D.Gray-man Hallow, Thundercats 2011, Tweeny Witches) et le scénriste Eugene Son (Avengers Rassemblement, Avengers: Secret Wars).

On retrouve Virginie Ledieu qui, à 59 ans, garde toujours cette voix reconnaissable entre toutes pour doubler Saori.

Il ne faut pas s’attendre à une relecture intéressante, ce Saint Seiya, ce Knights of Zodiac est une abomination.

Ils ont tout simplement pris les points les plus célèbres de ce début d’arc – le combat pour l’armure du Sagittaire – comme le combat Seiya/ Shiruy, le combat Cassios / Seiya, l’arrivée du Phoenix, les traumas de chaque personnage, les chevaliers noirs, les ont gardé quasi intact mais on inventait des idées très mauvaises pour toutes les relier.

Mais le plus gros problème, ce n’est pas tant l’apport de nouvelles idées si mauvaises soient-elles, c’est surtout qu’en tant que spectateur, on accepte chaque réinterprétation, chaque nouveauté et on se rend compte au bout d’un moment, qu’on accepte beaucoup trop de choses et que le produit fini est indigeste et honteux.

C’est tout simplement mauvais.

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L’écriture n’a plus aucune substance, on passe du coq à l’âne sans raison. La subtilité, la dramaturgie sont laissées dehors. Pire, certaines scènes n’ont aucun sens. Exemple, dans un hélicoptère, Saori dit à Seiya qu’il a laissé tomber quelque chose. Quoi? On ne saura jamais. Autre exemple, lors d’une apparition du Sagittaire, c’est le chevalier du Lion qui apparaît le temps d’un plan…

Revenons sur l’écriture pataude. L’entrainement de Seiya se passe d’expliquer les ellipses et la montée dramaturgique ou tout simplement le parcours initiatique du personnage. Il est chez Saori qui lui demande d’aller en Grèce récupérer l’armure de Pégase, la scène d’après, il est face à Cassios après 6 ans d’entraînement… On nous annonce ça tranquillement.

Le tournoi parlons-en

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c’est quand même plutôt beau

Le tournoi se passe dans un vieil entrepôt bunker caché dans le désert avec une plaque d’égout parlante en guise de service de sécurité. Et ce sera l’atout comique de la série. Ce vieux bunker est loin d’être aussi impressionnant que le Colisée. Il n’y aucun public et seuls Saori et Tatsumi assisteront au tournoi. Tournoi qui est expédié. Les règles sont également obscures, il reste 5 chevaliers pour la phase finale… L’ampleur du Tournoi du Colisée est totalement absent. Il pourrait être underground et être jsutifié par une approche moderne et rural. Non.

Chaque chevalier n’est présenté que via son propre flashback qui intervient au milieu d’une scène. Il n’y a aucun désir d’écriture, aucune subtilité d’amorce. C’est brutal. Les flabacks sont respectés pour la plupart. Hyoga et le bateau coulé de sa mère (mais rien n’indique que c’est sa mère), la dure éducation de Shun par Ikki, le maître, la cascade et Shiryu sont bien là sans fausse note.

Le tournoi n’ira pas à son terme, comme dans l’animé, avec l’arrivée du Phoenix et le vol de l’armure d’or. Les chevaliers noirs sont la menace à craindre par la suite et là, c’est le drame.

Les Chevaliers Noirs, américanisation d’un fort concept philosophique

Les Chevaliers Noirs de l’anime étaient les même chevaliers en armure noire. Tout simplement. Le pendant pessimiste, mortel, glauque, noir de nos valeureux chevaliers était l’antagoniste parfait pour commencer. On était loin des valeurs optimistes et guerrières que la série essayait de nous inculquer. Le bien est bien, le Mal est mal.

Dans Saint Seiya version Netflix, ce sont des guerriers modifiés, des Bane façon chevaliers. Depuis que les tanks, et autres hélicoptères sont apparus dans la série avec le personnage de Graad, despote militaire, il y avait une vision assez simpliste de l’univers Saint Seiya. Nous étions dans du bourrin. Ça se confirme avec ces chevaliers noirs, expériences militaires.

La bonne idée est de retrouver Cassios en chevalier noir !

Pour le reste, nous en sommes déjà à l’épisode 6 d’une saison… de 6 épisodes de 20 minutes.

Et maintenant ?

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on reste dans le respect du chara design d’origine

Pendant ces 6 épisodes, la série n’a rien raconté. Il y a les méchants et les gentils, le Grand Pope, les Chevaliers d’Or sont à peine effleurés. Tout va trop vite.

On termine même la saison avec l’apparition surprise d’un chevalier d’Argent sorti de nulle part. Quelle flemme dans l’écriture. Soit le public visé est très enfantin, soit il y a juste un désir bancal d’offrir une version inintéressante.

On peut aussi parler rapidement du choix de chara-design qui, même s’il se rapproche de l’anime et du manga, fait l’impasse sur les premières armures et se permet de ne pas inclure les casques. On ne les voit que durant les interludes façon animé japonais qui n’ont aucune utilité ici d’ailleurs.

Personnages sacrifiés, concept amputé de toute la portée mythologique, ambition laissé au placard, Saint Seiya / Knights of Zodiac est une adaptation qui ne laisse pas indifférent car elle est tout simplement ratée. On avait eu le film La Légende du Sanctuaire qui avait un peu de points positifs comme une animation carrée et un design perturbant mais intéressant. Malgré l’ajout d’un côté bling-bling et tape-à l’oeil insupportable, le film marquait le coup. Ici, c’est pauvre, superficiel et expédié de A à Z.

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Tom Witwicky
Créateur de SmallThings, 1er Geek Picard de la planète Exilé dans le 92

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