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Jeanette Winterson – Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?

Je l’avoue : j’ai lu ce livre par le plus grand des hasards. Je n’en avais jamais entendu parler, ne connaissais pas l’auteur et, pire, je cherchais tout autre chose à la bibliothèque. Bref, ma main a glissé dans les rayonnages, j’ai emprunté ce livre en pensant qu’il s’agissait de tout autre chose et… je me suis dit qu’il fallait que je vous en parle.

On plonge d’emblée dans l’univers difficile d’une petite fille que l’on identifie assez rapidement comme étant l’auteure elle-même. Première surprise : c’est une autobiographie. La deuxième surprise, et de taille, c’est le style : ça coule, les mots s’enchaînent et nous entrainent avec eux dans cette course vertigineuse qu’est la vie. Dès la petite enfance, il faut lutter, contre tout. Abandonnée par sa mère biologique à l’âge de 6 semaines, Jeanette est adoptée par une famille très particulière. Un père effacé, une mère sévère à l’extrême, fervente religieuse admirative de l’Apocalypse et sans doute un peu dérangée. Les parents se partagent le même lit, mais à tour de rôle ; ont-ils jamais eu une vie intime ? Les punitions à l’égard de la petite Jeanette sont aussi simples que cruelles : on l’enferme des heures dans la réserve de charbon, ou dehors sur le pas de la porte. Et on l’oublie parfois. Et au fond, c’est sans doute ce que beaucoup auraient finalement recherché : se faire oublier. Pour éviter les réprimandes de cette mère qui ne sait aimer personne, pas même elle-même. Mais Jeanette est d’une autre trempe. Elle s’affirme, remonte le courant, fait face, prend les coups, les rend quand elle le peut et décide que, décidément non, elle ne se laissera pas briser par cette vie qu’elle n’a pas choisie.

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