Britney revient après 7 ans d’absence mais c’était une première pour moi. Voir Britney en 2018, ça vaut le coup?

Le Pop Pop Pop Tour s’achève donc avec Britney Spears, dernière représentante de la Sainte Trinité Perry (retrouvez la critique de son concert de Paris), Swift (c’était à Wembley), Spears.

20 ans que Britney Spears est arrivé et a chamboulé un peu le monde de la pop. Alors que Madonna régnait en maîtresse, celle sortie du Disney Club nous bombardait le hit Hit Me Baby One More Time.

20 ans. Et il s’en est passé des choses en 20 ans. En 2007, elle pète un plomb et se rase la tête devant des paparazzis médusés. Sa carrière était au point mort après un album bancal, une télé réalité inquiétante et des frasques privées déconcertantes. Gimme more marque cette phase importante dans la carrière de Britney où elle ne semble plus au meilleur de sa forme physique et mentale.
Moins rigoureuse dans la danse, moins percutante dans les chansons, Spears ne fait plus recette. Et ce sont des shows à Las Vegas qui vont la sortir un peu de cette période noire, plus que des collaborations avec des producteurs qui veulent la voir évoluer comme Madonna mais avec moins d’efficacité.

C’est donc à l’Accor Arena que Britney s’installe pour deux soirs de suite avec son Piece of Me Tour. Les prix étaient plutôt élevés pour une chanteuse qu’on n’attendait plus. Playback, danse maladroite et absence de tubes depuis 10 ans ne facilitaient pas la promotion et le succès de la tournée. Que nenni, les deux dates font salle pleine.

C’est Mister Wolrdwide lui-même, Pitbull, qui assure la première partie. L’avantage de l’avoir ? On fait le tour de la planète pop avec ses tubes qui ne sont que des featuring avec des icônes actuelles (ou alors c’es lui le feat?). Plutôt généreux dans les basses, Pitbull permet à la foule d’être bien chauffée pour Britney Spears qui arrive vers 21h10.

Dans une scène qui présente une avancée en forme de T et de grands piliers de chaque côté avec les musiciens, on attend une scénographie importante et des mouvements serrés mais dynamiques. Hélas, on y reviendra mais c’est une configuration ratée.

Les premières basses de Work Bitch résonnent. La star de 36 ans (déjà) s’avance. Rapidement en feu, la fosse ne se calmera pas puisque Womanizer, immense titre qui a des airs de Toxic (peut-être ça qui ne plait pas), s’enchaîne. La foule reprend ce tube avec plaisir. On ne perd pas de temps car Break the ice et Piece of Me se mash-up gentiment mais sûrement. C’est uns ans-faute musicalement parlant. Ce qu’on redoutait, à savoir la danse et le chant, ne surprend pas. C’est dans des mouvements maladroits, retenus et brouillons que Britney effectue. Depuis Gimme more et ce constat malheureux, la chanteuse ne semble pas progresser. Une danseuse qui chante, c’est difficile (n’est pas J.Lo qui veut) mais quand on se donne en spectacle avec 100% de playback, il faut un compromis acceptable pour le public (on ne critique pas le playback, beaucoup l’utilisent comme Michael Jackson)

Le manque de mouvements secs, rapides, carrés fait cruellement défaut. Si on ajoute à ça ses petits gestes de transition agaçants et le fait qu’elle remette sa coiffure toutes les 5 secondes (comme ma voisine de gradin d’ailleurs, insupportable blonde qui a passé le concert à whatsapper le concert), on a en face de nous une fille qui semble peu sûre d’elle. Pourtant, il y a du travail, on le sait, on la suit dans sa remise en forme, dans sa reconstruction mais rien n’y fait, elle s’obstine à danser toutes ses chansons.

Le constat fait, on s’intéresse à la setlist qui oscille entre moments de nostalgie pure et plaisir coupable. On peut le dire aussi, il y a de grandes chansons pop. Et vous le savez, ici, on aime la pop. Par excès de confiance peut-être, des grands tubes sont ré-orchestrés. Adieu donc les versions attendues de …Baby One More Time et Oops!… I Did It Again et bonjour des versions moins punchy. Si on ajoute à ça une piste voix qui est identique à la version de 98/99 (donc plus aiguë, plus juvénile), on se dit que l’excès de zèle n’était pas pour ce soir. A partir de là, on ressent, non pas de l’ennui, mais quelque chose de gênant. On aimerait participer à la fête. Il semble juste que l’énergie dégagée sur scène -car il y en a, il n’y a quasi aucun temps mort dans les sons et lumière- ne passe plus. La foule est d’ailleurs assez éteinte, eux qui ont payé le prix fort pour être à dix mètres d’elle…
A ce titre, l’avancée ne servira quasiment pas et les gros piliers enlèvent une bonne partie de l’espace scénique. On sent un étouffement des mises en scène.

Les titres suivants font retomber un peu les bras. Clumsy ou Change your mind sont des titres quasi inconnus ici et Gimme more n’a jamais été aussi puissant que les titres qui faisaient la promotion des sorties d’album. Ce ventre mou durera quelques chansons, Boys fait figure d’intrus dans une playlist ou ne figure même pas Everytime ou Overprotected. Et c’est bien le puissant Slave 4 U qui nous sort d’une torpeur étrange. Encore ré-orchestré, le titre garde quand même sa saveur moite. Le trio Make Me, Freakshow et Do Somethin’ permet de refaire monter la température de feu Bercy.

Les sous-estimées Circus et If U Seek Amy font plaisir à entendre et font approcher déjà de la fin du show après 1h10. Toxic remixée nous déçoit, ce titre que personne ne déteste, il faut l’avouer, reprend finalement son ton originel et donne la pêche à tout le public. Stronger / (You Drive Me) Crazy sont un drôle de choix pour terminer le concert, mais c’est suffisamment repris par la foule pour donner  de l’entrain à cette conclusion.

Je n’ai pas parlé de l’interaction avec le public. C’est simple, elle hurlait tellement dans le micro qu’on ne comprenait pas grand chose les deux rares fois où elle s’est exprimée. Quand elle fait monter quelqu’un du public (trop « mâle » pour être vraiment quelqu’un du public), c’est pour un moment SM, un t-shirt signé et basta. Tout est trop millimétré pour offrir un instant de relâchement et de naturel. Dommage.

C’est le titre peu engageant Till the World Ends qui fait office de rappel et met fin à ce second concert parisien.

Que retenir d’un show qui semble très travaillé mais qui, par moments, semble dépassé? Britney Spears doit assurément cesser de vouloir opérer une chorégraphie à chaque titre. Elle était danseuse, elle ne l’est plus et doit assurer son rôle de chanteuse pop. Quand la piste sonore de ses premières chansons sont vraiment ceux d’origine, on comprend que la face « spectacle » prend le pas sur tout le reste. Alors oui, le plaisir évident d’entendre tous ces titres pop fait du bien, il y a quelque chose de spécial. Il faut juste trouver le bon dosage entre spectacle et show musical. Katy Perry fait dans l’excès mais c’est assumé. Spears fait dans le clinquant et ça semble désuet. Ses tenues en cuir sans originalité sont d’un autre temps. Swift faisait dans la sobriété e se permettait quelques excès intéressants et pertinents. Malgré tout le respect pour Spears qui reste une très grande icône pop (on ne fera jamais aussi puissant que Baby one more time ou Toxic), il faut désormais éviter de garder cet aspect « show de Vegas » et construire un spectacle posé, généreux.

Act I
Work Bitch Intro
Work Bitch
Womanizer
Break the Ice / Piece of Me

Act II
Darkness
…Baby One More Time / Oops!… I Did It Again

Act III
If I’m Dancing
Me Against the Music
Gimme More
Clumsy / Change Your Mind (No Seas Cortes)

Act IV
Scream & Shout
Boys
Do You Wanna Come Over?
Work It / Get Ur Freak On / WTF (Where They From)

Act V
Get Naked (I Got a Plan)
I’m a Slave 4 U
Make Me…
Freakshow
Do Somethin’

Act VI
Magic Circus
Circus
If U Seek Amy
Breathe on Me

Act VII
Jungle Fever
Toxic
Stronger / (You Drive Me) Crazy

Rappel
Till the World Ends