Presque 10 maintenant que Dragons est apparu sur nos écrans. Avec un capital sympathie énorme, le film s’est transformé en immense saga animée. Plusieurs fois repoussé, le troisième et dernier film arrive enfin sur nos écrans.

Faire grandir et vieillir des personnages animés est un peu une audace créative. Il est rare de voir des personnages. évoluer dans le temps. Les plus mémorables sont Son Goku dans Dragon Ball, Dragon Ball Z, Ben 10, peut-être Andy dans Toy Story. Si beaucoup de personnages sont vus petits dans les films, c’est avant tout pour un flashback. Pour Dragons, l’idée était de raconter une tranche de vie du peuple de Berk avec son héros Harold.

Nous voici donc après deux films et une série télévisée avec un Harold, roi de Berk. Le village a prospéré, les dragons sont de plus en plus nombreux mais il est peut-être temps de se protéger. Harold se remémore les dires de son père qui voulait trouver le monde caché où se tapissent les dragons. Avec l’arrivée de Grimmel, tueur de Furies Nocturnes, Harold prend la décision de déménager le village… et les dragons.

A LIRE : Dragons, le spectacle, les livres, la série animée

Suite très attendue, saga défendue sur ce site bec et ongles, l’univers Dragons a quand même du mal à percer aux Etats-Unis avec un Dragons 2 qui a moins marché que le premier malgré des critiques très positives. Ce Dragons 3 est encore une fois accueilli chaudement. Il est difficile de juger un film qu’on attend quand on est surtout hors de la cible principale. On s’attend à quelque chose de grand mais à échelle réduite puisqu’il ne faut pas oublier que, même si tout le monde peut regarder un film d’animation, ça reste principalement un film familial avec ses qualités et ses défauts.

Déjà souligné dans la suite, Krokmou est encore une fois le trublion du film, multipliant les grimaces et attitudes amusantes. La poésie passe donc en second plan, nous ne sommes plus dans l’aspect introductif du premier film (modèle du genre). Dragons 3 est la dans la droite lignée du 2 avec un film rythmé qui s’attache aux acquis et ne cherche pas à révolutionner la saga.

dragons 3

C’est donc avec peu de surprises que le film se présente. Le scénario est somme toute simple avec une menace (Grimmel) et la recherche du monde caché qui reste juste un prétexte pour avoir une porte de sortie à la saga. Montrée dans la bande-annonce, cet endroit n’arrive que tard dans le film et n’a quasiment aucun poids dans la balance. Ce qui compte est la Light Fury, ce Krokmou blanc qui reste dans les codes enfantins puisqu’elle n’est là que pour des scènes comico-romantiques à l’exception du dernier tiers du film qui s’emballe pour offrir une belle dramaturgie.

L’effet de surprise ne marche pas à cause des bandes-annonces qui dévoilent les scènes clés. Il y a donc une redondance maladroite qui gâche un peu le plaisir. Toujours est-il que Dragons 3 sait jouer sur des acquis précieux avec des relations entre personnages toujours justes, bien tracées et pertinentes. Le script a un souci d’équilibre entre les différentes strates de l’intrigue. Grimmel, la Light Fury, le départ de Berk… Si la menace Grimmel peut paraître accessoire, la faute à un temps de présence réduit qui fait la part belle à la Light Fury.  Le temps passe et on cherche la poésie. L’attente était-elle trop forte pour qu’on soit frustré à ce point? Possiblement. Assurément même. La poésie pointe son nez dans des scènes de vols et des flashbacks bien sentis qui titille la fibre nostalgie.

dragons 3

Avec un climax rapide, Dragons 3 se conclue avec une sensation de plénitude. Et d’un coup, après avoir retenu son émotion par frustration, on lâche les vannes. On se prend de plein fouet des émotions retenues. Dragons 3 marche sur les plate-bandes de Toy Story 3, parle de transmission, de temps qui passe, de souvenirs, de choix, de destinée. Et la scène finale, portée par un John Powell en feu, nous cloue au siège. Elle comporte tout ce que Dragons a offert, de l’émotion, de la poésie, de l’humour, de la facilité, de la simplicité mais surtout de la générosité !

Alors merci Dean DeBlois de nous avoir offert une trilogie dense avec une technique qui ne cesse de se perfectionner (les lumières et les mouvements sont d’un naturel déconcertant).

 

SPOILERS SUR LA FIN DE DRAGONS 3

A VOS RISQUES ET PERILS !

Grimmel arrive à capturer Krokmou et la Light Fury. Dragon alpha, Krokmou ordonne aux autres dragons de ne rien faire et de les suivre pour être capturés.

Sans dragons, Harold et les autres arrivent avec leurs combinaisons volantes sur les bateaux de Grimmel. Ils libèrent les dragons. Harold tente de libérer les deux Furies. Grimmel prend le contrôle de la Light Fury (avec du venin de dragon) tandis que Harold libère Krokmou.

Un combat aérien s’engage. Harold parvient à libérer la Light Fury de l’emprise de Grimmel mais ce dernier tire sur Krokmou avec une flèche anesthésiante. Harold parvient à dégager Grimmel de la Light Fury et se laisse tomber en chute libre avec lui poussant la Light Fury à sauver Krokmou.

La Light Fury parvient à récupérer Krokmou en vol pour s’écraser sur une falaise tandis que Harold et Grimmel tombent toujours. La Light Fury apparaît pour sauver Harold, laissant Grimmel tomber dans les eaux.

Il est temps pour Harold et les autres de libérer les dragons pour qu’ils aillent vers le monde caché.

Plus tard, Harold et Astrid se marient.

Des années après, Harold, désormais père de famille est avec Astrid et ses deux enfants sur un navire. Ils se dirigent vers le monde caché. Au loin, ils voient Krokmou, la Light Fury… et trois bébés dragons. Krokmou vole vers le bateau, l’air menaçant. Le temps a passé, il ne reconnait plus Harold. Ses yeux sont vifs, méchants. Mais rapidement, des gros yeux ronds se font voir sur la tête de Krokmou. Les deux compères se retrouvent. Les enfants de Harold et Astrid qui n’ont jamais vu de dragons ont peur mais Harold leur demande d’avancer leur main pour saluer Krokmou… qui pose son museau contre les deux mains.

S’en suit une scène de vol avec Tempête, Krokmou et la famille avec une voix-off de Harold qui raconte qu’il fut un temps où il y avait des dragons et qu’ils reviendront peut-être un jour.