1996

Réalisé par Harold Ramis

Avec Michael Keaton, Andie McDowell

Un homme décide de se cloner pour répondre à un planning serré.

On fait le tri dans les VHS qui traînent et le vidéoclub de Smallthings vous parle de Multiplicity avec l’excellent Michael Keaton échappé de Batman.

En 1996, Michael Bay, Will Smith et Tom Cruise sont les rois du monde avec The Rock, Jerry Maguire, Mission Impossible et Independence Day. Côté comédie, Eddie Murphy fait un bon comeback avec le Professeur Foldingue.

Michael Keaton sort du succès des Batman de Tim Burton avec une nouvelle aura. Il s’oriente vers des comédies populaires qui ne le deviennent pas du tout ou des drames qui en sont pour sa carrière. Il comprend assez vite que sans Batman, son seul succès est Beetlejuice, un rôle déluré. Il accepte alors Multiplicity par l’un des rois de la comédie, Harold Ramis.

Ramis est connu pour son rôle dans SOS Fantômes mais c’est aussi un scénariste et un réalisateur de comédies reconnu puisqu’il a fait Caddyshack ou encore Un Jour Sans Fin. Quand il sort du succès de cette comédie en 1993, il enchaîne avec un petit projet, Stuart sauve la famille, passé totalement inaperçu. En 1996, il réalise Multiplicity sur un script de son ami Chris Miller.

Mes Doubles, ma femme et moi raconte comment Doug (Keaton) se sent vite dépassé par le travail. Quand sa femme (Andie McDowell) souhaite reprendre le travail, il se dit que la vie de famille va en prendre un coup. Il rencontre un scientifique qui sait cloner les humains. Voilà que Doug décide de se cloner sans que sa femme le sache.

multiplicity

Depuis que Forrest Gump a cartonné en 1993 et avait démontré que les techniques de fonds verts peuvent encore être améliorés, quelques années après, l’année 1996 nous a offert deux tentatives à peu près similaires avec Le Professeur Foldingue et Mes Doubles, ma femme et moi. Si Murphy a le timing et la qualité d’improvisation qu’il faut, Keaton est moins à l’aise, il faut qu’il soit bien dirigé. Burton l’a compris et Ramis aussi. Il est plutôt flexible dans l’exercice mais reste limité par un script sage.

Si les scènes avec son double sont réussies et offre de bons moments de quiproquos. Le script est à cours d’idées pour faire survivre le pitch assez longtemps. IL est donc indispensable de rajouter des clones (un précieux et un idiot) pour pimenter le tout. A part une scène où est impliqué sa femme et ses clones, le script s’empêche tout débordement comique, enferme littéralement les clones dans un seul endroit et se met des barrières injustes.

Keaton est parfait dans les 4 rôles, son sérieux apparent cache une autodérision appréciable. Et qui dit multiplication du rôle-titre, dit relative absence de second rôle marquant. McDowell fait le minimum syndical. Elle subit plus qu’elle n’agit. Et dans une morale où tout est sauf, le film se limite donc à être correct de bout en bout. Flop à sa sortie, Keaton a cessé les comédies par la suite même s’il s’essaie à la fable fantastique avec jack Frost. Boudé par le public, il traverse alors une longue période de vaches maigres.

Multiplicity reste un bel essai, porté par cette vague de films qui n’ont que les effets spéciaux comme seule lettre d’intention.