1996

Réalisé par Brian Levant

Avec Arnold Schwarzenegger

Un père de famille promet à son fils un jouet très recheché… et introuvable pour Noël.

On fait le tri dans les VHS qui traînent et le vidéoclub de Smallthings vous parle de La Course Au Jouet, comédie où Arnold Schwarzenegger tente de trouver le cadeau idéal pour son fils.

Arnold Schwarzenegger fait partie des icônes de notre adolescence. Avec des films marquants par le côté divertissant et leur allure qui en impose, Schwarzie et Stallone ont squatté les années 80 et 90. Les films d’action étaient leur crédo mais quand il fallait s’essayer à la comédie, les deux acteurs ont eu des fortunes diverses. Quand il fallait se moquer d’eux-mêmes, Last Action Hero et Demolition Man ont fait le travail avec brio. Quand il fallait jouer sur un autre registre léger et premier degré, Arrête où ma mère va tirer a été une catastrophe pour Stallone. C’est d’ailleurs son seul fait comique si on ne se trompe pas.
Jumeaux, Un Flic à la maternelle et Junior ont été des tentatives audacieuses pour Schwarzie. Plutôt à l’aise dans la comédie légère, il est tout de même limité par un jeu d’acteur qui a du mal à se débrider. Jumeaux et Junior sont des films où le comique physique et le comique de situation ne sont pas des plus utiles. C’est pour cela qu’un Flic à la maternelle et cette fameuse Course au Jouet nous proposent un Arnold un peu ridiculisé et donc des films très moyens.

Réalisé par Brian Levant, l’homme qui a réalisé Beethoven et La Famille Pierrafeu quelques années auparavant, La Course au jouet part sur des bases plutôt solides. Le réalisateur a deux comédies réussies dans leur genre, une grande star y est associée et la période de Noël est propice à des sorties ciné en famille. Seulement voilà, Jingle all the way (titre VO) souffre d’un script faiblard, trop gentillet, enfantin et généralement assez niais.

Evidemment, les films de Noël ne brillent pas par leur histoire mais Maman j’ai raté l’avion, par exemple, est un parfait exemple d’un script simple mais solide, d’une énergie folle et d’une sympathie énorme.

Quand j’ai posté quelques scènes du film sur Instagram, plusieurs personnes sont venues me voir pour dire que c’était un de leurs films d’enfance. Je ne pensais pas que La Course au Jouet avait eu une telle résonance chez certains. C’est assez rare de voir plus d’une personne venir réagir à un film que je pensais obscur.

Le film est à 100% familial, on y voit donc le petit Jake Loyd, qui ne sait pas encore qu’il jouera Anakin Skywalker dans 3 ans, déçu par son père, souvent absent. Le père lui promet alors de trouver le Turboman, jouet en rupture de stock. S’enclenche alors une course contre la montre où il fera face à un autre père de famille qui recherche la même chose. Les péripéties s’enchaînent, pas toujours inspirées, à base de rencontre de faux pères-Noël, de concours, de foule en délire…

Arnold fait son possible pour être expressif mais ça sonne relativement faux. Comme il est omni-présent dans le film, il faut supporter son agitation permanente.

course au jouet

Vers le dernier tiers du film, la bonne idée survient. Le père, par un concours de circonstances, devient le héros de son fils. Arnold se débrouillant mieux quand il est dans l’action que la réaction, tout fonctionne. Le film se transforme alors en petit film de super-héros gentillet mais plutôt rythmé et bien fichu. Les effets spéciaux ne sont pas honteux même si les incrustations sont un peu brouillonnes (on est en 1996, deux ans après le révolutionnaire The Mask).

Film familial oblige, la morale est sauve et tout le monde est content pour fêter Noël. La scène post-générique ironise tout de même beaucoup sur le pitch du scénario et démontre bien que tout semblait bien léger dans les années 90…. La Course Au Jouet a été un petit flop et a sonné la fin de la carrière d’Arnie dans le coeur des cinéphiles. Il sortait de True Lies triomphant mais les échecs de Junior et de L’Effaceur font penser qu’il ne vaut plus les 20 millions de dollars qu’il demande. Et quand on sait qu’il a accepté d’être Freeze dans le quatrième Batman à venir, on devine aisément que sa carrière va en prendre un coup.

Le film a vieilli comme Beethoven, ce genre de films qui n’ont plus l’aura cinéma et font pale figure maintenant. J’étais passé à côté à l’époque et il ne laissera pas une trace par un manque cruel de prestance.