Dragon Ball Super Broly
Critiques de films

Dragon Ball Super : Broly, la légende des Saiyens (spoilers)

« Dragon Ball Super Broly » était présenté en avant-première au Grand Rex à Paris le 23 janvier 2019. Malheureusement, la salle était déjà pleine, ce qui m’a poussée à attendre le lendemain pour aller voir le film à l’UGC des Halles. Oui, ô miracle, la France a accepté de distribuer le film dans plus de cinémas en avance, vu son succès écrasant au box-office américain.

Il était temps, pour un pays comme la France qui est le plus gros consommateur de mangas dans le monde après le Japon ! Le film était-il réussi ? Et bien OUI, ho que oui. D’autant plus que cette fois-ci, Broly devient canon et s’inscrit dans la lignée de la série « Dragon Ball Super ». Il fallait donc absolument s’y pencher.

Dragon Ball Super Broly

ATTENTION CETTE CRITIQUE COMPORTE DES SPOILERS MASSIFS!

Merci d’éviter cette critique si vous voulez garder la surprise en salles !

Dragon Ball Super Broly

Le jeune Freezer assoit sa domination sur les Saiyens

Tout commence 41 ans avant la fin de la série Dragon Ball Super, sur la planète Végéta. Là, les Saiyens doivent se soumettre au Roi Cold et à Freezer, encore enfant. Dès le début, le fan de Dragon Ball est plus que servi : nous avons droit à un retour dans le passé des Saiyens avec le Roi Végéta, Broly enfant et son père Paragus. Cinq plus tard, est introduit Bardock, le père de Goku. (Et non, le petit Goku, Vegeta et Broly n’ont pas le même âge, contrairement à ce que l’on avait craint lors des bandes-annonces.) Cela fait vraiment plaisir de revoir Bardock, guerrier de troisième catégorie, avec sa classe légendaire. Mais que dire de Gine, la mère de Goku qui est la grande absente de la série animée ! Et oui, Gine n’est pas si inconnue que ça pour les fans inconditionnels: elle a été dessinée par Akira Toriyama dans« Dragon Ball Minus » dès le 4 avril 2014, et a déjà été vue auparavant dans « Jaco, le Patrouilleur Galactique ». Mais c’est la toute première fois qu’elle apparaît en version animée ! Son mari Bardock, qui sent le danger arriver, décide par lui-même d’envoyer son fils Kakarot dans une capsule sur Terre. Inutile de dire que c’est un moment que tout bon fan rêvait de voir dans la série.

Dragon Ball Super Broly
Gine et Bardock décident d’envoyer Superman sur Terre… Euh, Goku bien sûr.

L’histoire de Goku, tout le monde la connaît. Mais personne ne savait à quoi s’attendre avec ce nouveau Broly. Car il faut bien garder une chose en tête : ce Broly-ci n’a plus rien à voir avec le Broly des années 90. Ce personnage a été rebooté, présenté autrement, pour devenir un personnage canon de la série Dragon Ball Super. Et oui, la série n’est pas finie, et on reverra Broly dans de prochains épisodes, c’est prévu ! L’ancien Broly des films, souvenez-vous, était une vraie machine à tuer, sanguinaire et incontrôlable. Pire encore, il a été complètement gâché par la suite, cloné, recloné, pour se transformer en un immonde vomi rose qu’un duo stupide de Trunks et de Goten avait dû achever (J’en ai encore des visions d’horreur). Mais ici, rien à voir : Broly est encore un enfant perdu, ne parlant qu’à peine, certainement traumatisé par son exil forcé sur l’astéroïde Vampa et poussé au combat par un père exigeant. Nous retrouvons toute la tension shakespearienne d’un fils mal compris par son père et qui risque à tout moment de le tuer. Mais Broly, désormais, a des sentiments, une histoire. Il réussit à dire quelques phrases, au lieu de l’éternel « KAKAROTTOOOOO !!! » hurlé 20 fois par film. Il se fait même des amis, et il est touchant. Seul rapport avec le premier film où il a été introduit en 1993 (« Broly, le Super Guerrier »), il est bel et bien incapable de contrôler sa propre rage et doit être contenu par un collier électrique, mis en marche à distance par son père.

Dragon Ball Super Broly
Broly et son collier électrique

La mythologie des Saiyens, brillamment dépoussiérée, est ainsi réactualisée, mise en place pour une meilleure cohérence des événements de la série. Mais bien sûr, l’épopée des Saiyens n’aurait aucun sens si Freezer n’était pas là. Et Freezer, ressuscité aussi durant le Tournoi des Univers, n’est pas en reste sur son éternelle vengeance. Il compte bien sauver Broly et Paragus de leur exil et se servir d’eux contre Goku. D’ailleurs, Paragus nourrit une haine sans borne contre le Roi Végéta, responsable de l’exil de Broly encore enfant, condamné à survivre seul sur une planète hostile. Quoi de mieux que de se défouler sur le prince Végéta, ce fils qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau ? L’éternel retour de Freezer aurait pu paraître redondant. Mais il n’en est rien. Freezer s’éclipse joliment derrière le duel au sommet de Broly et de nos héros, mais il participe toujours au bon déroulé de l’histoire. C’est même lui qui tue Paragus pour rendre Broly encore plus violent, faisant un pied-de-nez joliment ironique à la mort de Krilin, responsable de la transformation de Goku en Super Saiyan 1.

Dragon Ball Super Broly
Paragus, le père de Broly qui apparaît les cheveux gris dans son « reboot ».

Afin d’approfondir davantage la psychologie de Broly, deux personnages secondaires retiennent particulièrement l’attention, à savoir Lemo et Chirai. Chirai est une soldate de Freezer qui était déjà apparue dans le tournoi des Univers. C’est elle qui a découvert où se trouvaient Broly et son père, avant de les ramener à Freezer. Mais son rôle ne s’arrête pas là : elle est la seule à avoir compris que Broly n’est pas quelqu’un de mauvais, et que de plus, il déteste se battre. C’est elle qui se rebelle contre Paragus en lui volant sa télécommande électrique censée contrôler Broly. Elle jouera même un rôle important dans le plotwtist de fin, en invoquant le dragon Shenron des Dragon Ball, afin de sceller le sort de Broly dans la bataille finale. Fûtée et agissant avec impulsivité, ce personnage secondaire n’a rien à envier à Jaco, le Patrouilleur galactique ( qui, hélas, n’était pas présent dans le film ). On espère la revoir dans la suite de la série, car son amitié avec Broly ne demande qu’à se développer. Comme on peut le constater, Broly a bien évolué depuis son apparition dans les films des années 90. Son personnage gagne en épaisseur et en intérêt, ce qui se rapproche bien plus de l’esprit de Dragon Ball.

Dragon Ball Super Broly
Chirai et Broly

Et que dire des scènes de bataille, me diriez-vous ? Et bien c’était beau. Oh mon dieu, que c’était beau. Les transformations successives de Goku, celles de Végéta… J’ai oublié de dire ! Végéta apparaît en Super Saiyan God, avec les cheveux rouges !!! Mais c’est un scoop ! De mémoire, ce n’était pas visible dans la série Dragon Ball Super. Pour ce qui est de Broly, ses cheveux ne deviennent pas verts pour autant. Seule son aura est verte mais ses cheveux restent noirs, du moins dans sa première transformation. C’est beaucoup plus logique ainsi, car Broly, élevé quasiment seul sur une planète hostile, n’a jamais vu de Super Saiyan, c’est pourquoi il ne maîtrise pas du tout ce pouvoir de prime abord. Face à Goku, il utilise son énergie de gorille géant en l’intériorisant, comme l’explique son père Paragus. Mais le pouvoir de Super Saiyan, n’est-ce pas de base le pouvoir du gorille géant intériorisé ?… Cela demande réflexion. Attendez… Broly est gentil dans le fond, il ne peut pas contrôler sa colère, et il devient de plus en plus vert… Ce ne serait pas Hulk, par hasard ? Pardon, je m’égare… Juste pour finir, Broly apparaît bel et bien les cheveux hérissés et colorés comme dans les années 90, mais sa transformation est mieux amenée qu’auparavant, face à un Gogeta en pleine forme qui a appris la fusion grâce à Piccolo. Les scènes sont tellement époustouflantes qu’on en oublierait presque le spoiler de la TOEI à propos de Gogeta. Jamais, dans toute la série Dragon Ball, on n’avait vu des scènes de combat aussi belles, aussi bien dessinées, le tout avec des musiques tribales très rythmées. Elles rivalisent quasiment avec les belles scènes de bataille de Dragon Ball Z des années 90, dessinées de main de maître. Et rien que pour ça, il faut voir le cinéma.

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Ce film prend évidemment beaucoup de risques en revisitant le personnage de Broly, en gommant totalement tout ce qui a déjà été fait sur lui dans le passé. Les spectateurs risquent de se diviser en deux catégories. Ceux qui vont adorer ce nouveau Broly, plus fidèle à l’esprit dragonballesque et plus cohérent au niveau de l’histoire des Saiyens, et ceux qui resteront nostalgiques du tout premier film où il apparaît, à savoir celui de 1993 : « Dragon Ball Z : Broly le super guerrier ». broly - Dragon Ball Super : Broly, la légende des Saiyens (spoilers)Ce premier long-métrage est réellement un incontournable : nous avions déjà la tension shakespearienne avec un père incapable de contrôler son fils au point qu’il en était venu à le maltraiter, un Végéta encore hanté par son père, et l’ombre pesante de l’héritage passé des Saiyens. Broly faisait déjà peur et même Goku avait bien du mal à faire face à lui. Certains fans regretteront cette aura si particulière, l’esprit des premières années, impossible à rattraper depuis.

 

En dépit de tout ceci, ce film est une grande claque visuelle et colorée, aux combats dantesques, clairement dans l’esprit d’Akira Toriyama. On apprécie ce retour aux sources qui n’en est pas vraiment un puisque c’est une suite, mais ce film marque un retour en force de l’histoire. Moins commerciale et un peu plus qualitative. J’avais craint des débordements dans la salle de cinéma, mais il n’en fut rien. Nous avions tous environ la trentaine parmi les spectateurs, et nous avons ri et applaudi plusieurs fois durant le visionnage. L’esprit était bon enfant et probablement personne n’a été déçu. C’est sans doute le passé des Saiyens qui a été le plus réussi, pour ne pas dire le plus attendu. Quelques personnages étaient totalement absents du film, à savoir : Krillin, Tortue Géniale, et même Chichi. C’est un soulagement que Goten et Trunks n’aient pas participé au combat, car ils auraient tout gâché, comme d’habitude. Quant à Chichi, on est bien content aussi de ne pas l’avoir vue. A quand un reboot du personnage de Chichi pour qu’elle soit plus gentille, comme Broly ? On ne demande qu’à voir. Pour finir, Whis et Beerus étaient également de la partie, mais heureusement, ils n’ont pas du tout gêné de leur présence les combats épiques entre Broly et Gogeta. Ils ont même rajouté une touche d’humour bien savoureuse au début.

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En conclusion, il est difficile de dire si ce film ne pas encore plus diviser les fans au sujet de ce nouveau Broly toujours aussi bestial et puissant, mais pas sacrifié. Quoiqu’il en soit, le film est excellent. Il est même encore meilleur que « La Résurrection de F… », pour vous dire. Mis à part l’avant-première, le film sortira en mars en France. Et il me tarde de le revoir plusieurs fois.

Le film sort le 13 mars au cinéma.

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