Gros succès aux box-office chinois, The Wandering Earth (La Terre Errante) est une fresque de SF catastrophe rondement menée et impressionnante de maîtrise.

Wu Jing incarne le héros. IL est une superstar en Chine et sa dernière réalisation et son dernier rôle étaient pour Wolf Warrior 2… plus gros succès au box-office chinois !

Dans un futur proche, le Soleil se meurt et le Gouvernement mondial décide de construire des propulseurs pour sortir la Terre de son système solaire et la diriger vers Alpha Du Centaure.
Les catastrophes naturelles se multiplient, les bunkers géants sont réquisitionnés et le climat change drastiquement. La Terre erre jusqu’à Jupiter mais son attraction est trop forte et il faut à tout prix redresser la trajectoire.

Le film est fou. Il est fou car il est dans une ambition démesurée, une histoire qui est trop grosse pour notre imaginaire… Les Américains en auraient fait un film au budget géant. Les chinois l’ont fait pour… 50 millions de dollars. Et tout tient.

Les images sont fabuleuses. La neige constante donne un aspect très survivaliste à l’entreprise lors des scènes extérieures. Côté décors intérieur, les immenses bunkers, les véhicules futuristes et la station spatiale sont dantesques. Le fait que le film se passe beaucoup de jour permet des images propres, une immersion rapide et comble de tout cela? Les effets spéciaux tiennent la route. C’est d’une richesse visuelle rare.

Entre les exosquelettes, les véhicules, les décors, les paysages, on se sent vraiment ailleurs, on se sent dans un univers de science-fiction riche. Et on ne s’ennuie pas. Le film débute quand la Terre a déjà entamé son voyage. IL n’y aura donc pas de grande scènes catastrophe montrant une certaine fin du monde. Quelques flashbacks rendront honneur à cette certaine idée du plaisir de voir du post-apocalyptique à défaut d’avoir du destruction porn.

Si le film a subi quelques coupes pour entrer dans les clous des standards chinois, on ressent clairement ce choix avec des ellipses et des dialogues sortis de nulle part un poil dérangeant. La confusion règne parfois sans non plus rendre flou un script clair. Et comme on a plus lire à droite à gauche, le film n’est pas des plus politisés. Il met un peu de côté le peuple américain mais dans l’objectif global, beaucoup de pays s’entraident. Evidemment, nous sommes habitués à voir un point de vue américain dans les films catastrophes. Passant du côté de la Chine, le point de vue est tout aussi insistant.

The Wandering Earth reste un film catastrophe de très bonne tenue porté par un cast plutôt bon. Les scènes d’action ont une dimension graphique qui fait du bien, loin de scènes à hauteur d’homme, il y a de tout pour plaire à tout le monde. Humaniste? Le film l’est et si on tombe dans les travers de certaines morales familiales et guerrières et d’espoir poussé, The Wandering Earth arrive à sortir d’un concept hautement improbable (les moteurs de propulsion sont nourris à la roche. Oui on en a beaucoup mais suffisamment pour un voyage de 2000 ans ?) pour offrir une science fiction honnête, généreuse et remplie de moment de bravoure. Si on adhère à ce high concept (tiré d’une nouvelle), on passe un excellent moment.