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Star Wars Episode IX The Rise of Skywalker: trailer et analyse

Star Wars revient en ce mois de décembre pour clore la postlogie avant une pause, et doit convaincre de nouveau après un Solo décevant pour les fans comme pour les résultats financiers de Disney. Il n’en faut pas plus à Abrams pour imposer ses vues et revenir à sa bonne vieille tambouille nostalgique. 

Un peu de contextualisation pour expliquer la vraie colère froide qui ressort de ce premier aperçu du film. Après avoir proposé une fausse suite et un vrai soft-reboot de la saga avec The Force Awakens, JJ Abrams avait laissé, pour la poursuite de la saga principale, la place à Rian Johnson qui, au risque de provoquer la colère d’une partie de la fanbase attachée à ses traditions, remis en cause bien des acquis de Star Wars en montrant une facette sombre de Luke, revenant sur le manichéisme assumé de la saga, pour finir par tuer cette idole, sans laisser une porte de sortie à un héritage pur puisque refusant de donner à Rey une noble lignée, forçant ainsi l’indépendance et l’autonomie de la nouvelle figure iconique de la saga. Après le renvoi opportuniste de Treverrow, Disney a choisi de reambaucher Abrams pour clore la saga sur des bases sures. Les pires craintes de l’auteur de ces lignes renaissaient alors : parachuté de nouveau dans un film dont, de son propre aveu, il s’était plus ou moins désintéressé, Abrams n’avait d’autre choix que de faire ce qu’il a démontré savoir proposer dans son premier essai : se reposer sur ces bases sûres pour ne rien innover.

Et c’est exactement ce que ce nouveau trailer, pour un film très bêtement appelé « The Rise of Skywalker »  promet. Après de beaux discours sur l’indépendance de Rey, la voix off passe son temps à rappeler que d’autres étaient là avant elles, demeurent malgré la mort, la soutiennent… Sans clairement oser affirmer qu’elle ne pourra pas faire les choses seules, le texte pose une paternité et un héritage au personnage dangereux  et contradictoires, et force une attache contre productive et toujours plus absurde au vu de l’évolution du personnage. Depuis le commencement, cette obsession des producteurs pour « clore la saga des Skywalkers » menait vers cette finalité pour le moins peu audacieuse, montrant une incompréhension totale vis à vis de Last Jedi qui était déjà une fin en soi pour cette dynastie, et promettait dans son ultime plan l’arrivée d’une nouvelle génération. 

On aurait aimé ne pas raisonner, tels des Sith, en absolus. Mais l’intégralité du trailer est dans la même veine : retour du sabre de Skywalker dans la main de Rey, retour du masque de Kylo, retour de Lando… Et, peut-être pire que tout, retour du méchant iconique de la saga qui a déjà occupé, voir parfois parasité, six de ses films : l’Empereur. Symbole de la volonté apparente d’Abrams d’un retour à des fondamentaux usés et hors du temps, le film reviendra donc visiblement, c’est en tout cas ce qui nous est vendu, sur ce que proposait Johnson avait la mort de Snoke : la fin d’une personnification unique ou quasi-unique du mal, pour une noirceur en germe au sein de tous personnages. La marche arrière semble donc double : le retour d’un ancien symbole, et la mise de côté du nouveau. 

Un petit disclaimer peut, bien sûr, avoir ici son utilité : un avis sur une bande annonce ne veut pas dire un avis sur un film. L’auteur de ces lignes lui même avait détesté la bande annonce de Last Jedi, pour le résultat qu’on connaît (insère ici le lien de la critique du 8). Mais ce qui est vendu semble, pour les raisons évoquées, très problématique. Comme un parfum de conservatisme, qui n’étonne plus chez Disney ni même chez Abrams, en tous cas d’un point de vue artistique. 

AMD 

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