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Saint-Valentin : Que regarder ce soir si vous êtes seul(e) ?

Vous avez commandé des sushis, vous avez dressé une belle nappe et sorti le mousseux et vous attendez votre aimé(e) sur le canapé lit ? Ou tout simplement vous avez fait une belle salade de riz, sorti le Coca Zero et des glaçons, mis quelques cacahuètes dans un bol , le DVD de Transformers ouvert ? Il est temps de rajouter la petite touche romantique.

 

Finies les comédies romantiques ringardes avec Tom Hanks, Meg Ryan, Hugh Grant ou Julia Roberts. Place aux films modernes où l’amoureux transi peut mourir, où l’homme est le héros, où la femme peut-être une pute (mais une fausse là, hein Julia), où le salaud est ailleurs, où la femme prend les devants…

On commence par Garden State (2004 – Zach Braff), joli petit film indé réalisé par JD de Scrubs. Garden State met en scène Andrew Largeman, approchant la petite trentaine, qui revient dans sa ville natale pour l’enterrement de sa mère, il rencontrera par hasard  Sam, incarnée par Natalie Portman. Jeune excentrique, Sam découvre qu’Andrew a perdu toute joie de vivre, tout sentiment concret. Andrew est morne et Sam va lui apprendre qu’il faut aller outre les obstacles pour avancer. Une comédie ni romantique, ni hilarante mais belle. La romance est judicieusement écartée pour construire les personnages. Il y a d’abord une relation qui s’installe, une sorte de complicité douce. Aucun jeu de chat et de souris, aucun grand élan de drague, Sam et Andrew vont apprendre à exister ensemble. Aidé par une BO parfaite, Garden State est un petit bijou encore méconnu.

 

 

 

Cher John, The Notebook, The Last Song et The Lucky One sont quatre adaptations des romans de Monsieur Romantique, Nicholas Sparks. On peut aussi parler de Le Temps d’un Automne ou encore Une Bouteille à la mer (ou l’inconnu Le temps d’un ouragan avec Richard Gere) mais parlons de ceux qui ont fait parler d’eux ces dernières années. Cher John a fait de Channing Tatum (Sexy Dance) l’un des nouveaux piliers de la comédie romantique (Cher John et Je Te promets ont cartonné). Aidé par la charmante Amanda Seyfried, Tatum incarne un soldat éloigné de sa bien aimée. En quelques mots le pitch dévoile l’intrigue, vous l’aurez compris, c’est une histoire d’amour assez cliché rempli de rebondissements attendus. Alors pourquoi parler de ce film si dès le départ je vous prévenais qu’on ne parlerait pas des films clichouilles ? Parce que Nicholas Sparks écrit des histoires d’une dramaturgie intense, on est loin des films où tout est beau, il y a toujours cette part de drame plus ou moins téléphonée qui permet au film de toucher la fibre sensible du public. A ce titre, Cher John atteint son but facilement. The Notebook, du même Sparks, avec Ryan Gosling et Rachel McAdams est quant à lui le summum de la Sparksitude. Le twist final est encore sur tous les mouchoirs (no pun intended). Grande histoire romanesque, N’oublie Jamais en français reste l’une des valeurs sûres. The Last Song et The Lucky One sont des films un peu plus mineurs même s’ils sont portés par les sex symbols des ados de l’époque à savoir Miley Cyrus et Zac Efron. Les deux films sont d’une structure très prévisible et Sparks n’hésite pas à réutiliser les mêmes formules à chaque fois. A réserver donc pour un fond sonore et visuel…

Outre la simple histoire d’une femme qui rencontre un homme, les films cités ici sont surtout des histoires intéressantes par le contexte ou la façon de raconter l’histoire.

 

Preuve en est avec 500 Jours Ensemble (2009, Marc Webb), véritable hymne à la relation amoureuse mais qui ne parle pas d’amour. Film de chevet de votre serviteur, 500 Days of Summer est un film d’amour pour hommes. Tom (joué par Joseph Gordon Levitt) rencontre Summer (Zooey Deschanel). Le film suivra le point de vue de Tom pendant une heure et demie à coup de souvenirs entrelacés. La narration éclatée comme des bribes de souvenirs qui reviennent à Tom joue beaucoup dans l’originalité du film. On peut ajouter à cela une part importante laissée au point de vue masculin. Jamais Summer ne sera porteuse du point de vue narratif. Tout passe par Tom et en cela le film gagne à être dans le panthéon des Rom-Com modernes. Loin d’être une histoire d’amour comme les autres, elle est quasiment l’histoire d’amour définitive. Le héros n’existe pas, n’a plus raison d’exister, ce film parle d’une partie de la vie, celle où l’amour ne pose pas des balises du genre « ici commence votre vie ».

Et si l’homme est le héros, la femme passe pour tout sauf un modèle du genre. En rendant sensible et fragile l’homme, le film rend hommage à tous ses films qui doivent faire des sacrifices pour les femmes comme dans bon nombre de films du genre. Si un vieux beau adepte de prostituées est pour vous l’homme idéal, posez-vous des questions.
500 Jours ensemble. Un sommet.

Comet (2014, Sam Esmail) est un petit bijou qui trouve sa place aux côtés de 500 jours Ensemble. Avec sa narration toute aussi originale, le film du créateur de Mr Robot met en scène Emmy Rossum (trop rare à l’écran) et Justin Long (habitué aux comédies simplettes) dans un trip fantaisiste dopée à la mise en scène très inspirée. C’est fort, surprenant et très méconnu.

On reste sur les fausses comédies romantiques avec Last Kiss (2006, Tony Goldwyn), autre film de chevet. On retrouve encore Zach Braff qui joue un trentenaire en pleine recherche de soi. Il est en couple, bientôt papa mais il se questionne. Quand il rencontre une jeune étudiante à un mariage, sa vie bascule. Doit-il succomber ou poursuivre sa vie déjà tracée ? Film chorale à la BO encore parfaite (Zach Braff en était responsable), Last Kiss parle d’amour mais aussi de jalousie, de haine, de désir, de passion et de sexe. Mais surtout, le film parle des choix de vies, à part le personnage principal, ses amis ont aussi leur importance avec chacun une étape à franchir dans leur vie, un choix à prendre ou simplement une situation à accepter. Porté par des acteurs formidables (Braff mais aussi Eric Chritian Olsen, Casey Afleck et Rachel Bilson), Last Kiss reste et restera un film sur la vie plus que sur l’amour.

Passons sur Valentine’s Day, Happy New Year, Love Actually, véritables Rom-Com dans la pure tradition du genre.

Parlons P.S. I Love You (2007, Richard Lagravenese), film sur l’amour mais aussi sur le deuil. Vu comme ça, il y a de quoi déprimer mais un film d’amour est aussi un film où on peut pleurer. Hillary Swank joue Holly qui est avec Jerry (Gerad Butler). Seulement Jerry meurt et Holly va devoir refaire sa vie. Quand elle découvre que Jerry lui a laissé des messages pour qu’elle parvienne à s’en sortir, Holly  commence son long chemin vers l’acceptation. D’une originalité confondante de malice, P.S. est un film qui parle d’une relation impossible, terminée, mais il arrive à transcender l’amour. Aime t-on encore après la mort de l’autre ? Qu’est-ce qu’être un couple ? Aimer est-ce une chose à faire à deux ? Film d’une beauté rare, P.S. nous prend par la main et nous emmène là où la vie prend son souffle. Avec des thématiques comme la mort et la mémoire, P.S. parvient à se hisser dans les films où l’amour est racontée encore d’une bien belle façon.

Elle s’appelle Ruby (2012, Joanthan Dayton) est un film sur la recherche du partenaire parfait ou de l’acceptation de l’autre, et nous fait rappeler que les comédies romantiques savent encore raconter quelque chose. Il reste à Zoe Kazan, interprète de Ruby et scénariste du film, grande égérie du genre depuis quelquse années mais qu’on oublie beaucoup trop. D’ailleurs, on la retrouve dans What If, (2013, Michael Dowse) petite bluette indé très fraiche où Daniel Radcliffe arrive à faire oublier Harry Potter. Avec quelques touches d’originalité dans la forme, ce film a tout pour vous faire passer un excellent moment.

The First Time (2012, Jonathan Kasdan) reste un teen-movie méconnu qui met en scène une rencontre entre deux stars de teen-shows : Britt Robertson et Dylan O’Brien. Si le film se déroule sans vraie originalité, il y a dans ce film une naïveté qui fait du bien et qui surprend par une scène qui frôle un érotisme prude. Les deux termes antinomiques sont pourtant bien choisis. La prudence adolescente se joue avec une érotisation des deux individus d’une manière fort jolie. Alors oui, vous êtes seul(e) ce soir, donc rincez-vous l’œil aussi (et il y a Victoria Justice).

 

19059175Une Nuit à New York (2008, Peter Sollett)  termine cette sélection avec Michael Cera, anti-playboy de son état qui arrive à séduire Kat Dennings en quelques heures. Alors que leur groupe favori joue ce soir dans une salle gardée secrète, Nick et ses potes vont parcourir New-York à la recherche d’indices les menant à ce concert. Fraîchement largué, Nick tombe sur Norah, amie de l’ex.

Toute la nuit, ils vivront des mésaventures les rapprochant jusqu’à la conclusion qui s’impose. L’originalité dans tout ça ? Le film a une atmosphère spéciale. Tout se passe durant cette fameuse nuit et les décors, la musique et les personnages qui entourent nos héros donnent un ton frais, agréable et vraiment jouissif. On suit avec plaisir ce duo qui finalement n’est que spectateur de ce qu’il se passe autour. Leur attirance met tout au second plan. Film sur l’amour pour la musique, Nick and Norah’s Infinite Playlist parle des goûts, de l’amitié mais aussi de l’indépendance vis à vis des choix. Doit-on suivre ses potes ? Accepte t-on tout d’eux ? Peut-on décider par soi-même ? Avec une BO quasi géniale, Une Nuit à New York a un capital sympathie énorme ! Cera possède cette force surhumaine d’attirer l’attention et son duo avec Kat Dennings, girl netx door new-gen limite pixie dream girl permet au film de sortir des chantiers battus de la Rom Com.

 

Terminer sur un film sur la musique est symbolique de cette sélection où une bonne moitié possède une playlist aux petits oignons. Véhicule des émotions, la musique aide beaucoup à produire du sens. On peut trouver ce choix cathartique dans des cas comme ceux cités, ce ne sont pas de grands violons mais des chansons qui rappellent immédiatement des souvenirs et des ambiances. Quant aux films sans réelle playlist, c’est avant tout les personnages meurtris qui font la différence. Parfaits représentants de drames humains, ces personnages touchent là où il faut dans ces moments-là.

Vous l’aurez compris, cette sélection a été faite avec le cœur.

 

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