X-Files poursuit sa saison 11 avec un épisode 3 qui fera date pour beaucoup de fans.

La critique est spoiler.

Old-school

Plus One est écrit par Chris Carter, le créateur de la série et réalisé par le petit nouveau Kevin Hooks. C’était donc un double test pour cette saison. A la fois, un réalisateur n’écrit pas son épisode depuis le début de ce revival, et à la fois Chris Carter s’essayait à un nouveau loner et une thématique déjà maladroitement traité dans le mauvais Fight Club (saison 7).

Plus One raconte comment un jeune homme a eu un accident à cause de son double qui lui est apparu soudainement. Mulder et Scully prennent l’affaire et sont orientées vers une patiente qui souffre de doublement de personnalité.

L’épisode nous fait le plaisir de caster la très rare Karin Konoval que l’on a vu dans l’excellent épisode de la saison 4, Home dans le rôle de la mère Peacock, fameuse freak sans bras, ni jambes ou encore dans l’épisode comique Clyde Bruckman’s Final Repose de la saison 3. Konoval joue un double-rôle avec grand talent et nous démontre que pour faire un bon épisode de X-Files, la recette est simple : l’antagoniste, le suspect, ou le monstre doit être bien campé et bien écrit.

x-files

Et pour Plus One, la recette est quasiment là. On retrouve Mulder et Scully sur une affaire paranormale, on les voit confronter leurs points de vue divergents, le mystère est bien là, l’ambiance aussi grâce à une mise en scène et un script qui prennent leur temps, même Mark Snow propose une composition musicale qui ne se fait pas discrète. Fait rare, Plus One est peut-être le loner le plus old-school de ce revival. L’enquête va à son rythme et il est très plaisant de retrouver un duo qui revient un tout petit peu dans des schémas qu’on avait oubliés. On ne les avait plus vus comme ça depuis la saison 7. Alors même si leurs personnalités a changé, même si Scully est très ouverte et que Mulder est blasé, il y a encore cette alchimie, cet échange d’idée. Le temps passe, et nos souvenirs nous mentent peut-être. Ce que nous aimions avant peut n’être plus aimés des années après. Nous avons changé et la série aussi. Sommes-nous encore en phase, dans une offre et une demande qui matchent ?

On ne parle plus que ça…

Si l’enquête est réussie, elle ne tient pas la longueur. On sent une petite lassitude dans l’investigation. Par manque de scènes marquantes, on peine à garder l’intérêt. Ce qui fait parler est le genre de scènes entre Mulder et Scully, grossièrement écrites par un Chris Carter qui n’a jamais été très subtil. Autant il traite la relation Mulder et Scully avec grâce et poésie dans How The Ghost Stole Christmas (saison 6), dans Triangle (saison 6), autant il n’arrive plus à être subtil. On voit clairement que les scènes du motel avec Mulder qui vient réveiller Scully sont là pour amener la troisième scène où cette fois, on entre de plein pied dans un échange des plus concrets entre deux personnages en quête de sens. Scully se retrouve à théoriser sur l’âge suite à une remarque de Judy, le personnage joué par Karin Konoval. Comme un cheveu sur la soupe, la thématique prend alors de l’importance et devient la grosse scène de l’épisode. Mulder et Scully enlacés parle de l’avenir et même de rencontrer d’autres gens ! Cette scène n’a plus la même résonance en 2018. D’ailleurs, elle est loin d ‘être aussi efficace que celle de Requiem (saison 7). Carter se met en mode fan-service ou plutôt shipper-service, il écrit une fanfic pour plaire à cette tranche du public qui reste la plus active.

Face à l’évidence même d’un acte sexuel entre Mulder et Scully, il faut aller au charbon : ils ont consommé, ce n’est plus la question. Le seul débat qui existe encore aujourd’hui au sein de la communauté des fans est celle, non plus de savoir si une romance doit avoir lieu (le fameux combat noromos contre shippers) mais comment elle doit être montrée. Avec cette scène grossière, X-Files devient un show banal comme Bones ou Castle, une série où les personnages sont au centre des intrigues, où leur vie est feuilletonisée, où leur intime est mis sur le devant de la scène. On est loin des non-dits de l’époque bénie du tube cathodique où shippers comme noromos aimaient l’ambivalence. A en vouloir toujours un peu plus, les shippers repoussent les limites du mauvais goût scénaristique. Bordel, on en est arrivé là. On ne parle plus que de ça. Quelle misère.