Attention, mesdames et messieurs, le spectacle va commencer ! The Greatest Showman nous livre une performance passionnée et symbolise le film de divertissement comme on en voit peu. Oui, c’est magique, oui, c’est réconfortant, et absolument oui, on ressort de la séance avec un grand sourire aux lèvres.

The Greatest Showman en salles le 24 janvier… cela faisait fort longtemps qu’un film musical de cette ampleur qui rappelle les grands noms de Moulin Rouge! ou Cabaret n’avait causé autant d’impatience chez les amateurs du genre. Un premier long-métrage à plus de 86 millions de dollars, c’est le défi qu’a relevé Michael Gracey avec brio en se plaçant derrière la caméra pour The Greatest Showman. Certes, James Mangold (le réal de Logan) est venu l’aider vers la fin pour des scènes à re-tourner et pour la post-prod, mais grosso modo, c’est son travail et il est admirable. Le design est léché, les chorégraphies sont travaillées, au niveau de la photographie, il n’y a franchement pas grand-chose à dire et en plus, c’est moderne. Le projet n’était pas évident à vendre, et pourtant, le voici en salles pour le plus grand plaisir de nos yeux.

Suivez les pas de P.T. Barnum (inspiré du véritable bonhomme avec beaucoup de libertés) dans sa quête de sensationnel et de reconnaissance. À l’imagination débordante, le jeune Phineas Taylor rêve de gloire et de spectacle. Marié à son amour de jeunesse, le couple va traverser de nombreux obstacles avant de réaliser un rêve : monter une troupe hors du commun pour offrir de la joie dans le cœur des gens. Mais est-ce suffisant pour un homme soif d’ambition ?

The Greatest Showman rassemble des acteurs chanteurs qui prennent un plaisir évident à donner vie à leurs personnages. Plus ou moins connus, Hugh Jackman était clairement fait pour le rôle de P.T. Barnum où il donne carte blanche à son côté showman. Michelle Williams est toute réservée, Zendaya et Zac Efron (surnommé Zefron par affection) ajoutent une touche de romance bienvenue, la révélation qu’est Keala Settle (qui interprète la chanson This Is Me victorieuse aux Golden Globes plus connue pour son rôle dans la comédie musicale Waitress) ne s’arrêtera pas là, l’élégance de Rebecca Ferguson et le sentiment de solidarité qui émane de tous les autres. Les rebuts de la société s’assument, chantent, dansent et s’amusent, qui pourrait s’y opposer ? Comment ne pas se joindre à leur euphorie et les soutenir à surmonter les obstacles qui se dressent sur leur chemin ?

Qui se cache derrière cette musique pop qui devrait convaincre les plus réticents aux comédies musicales ? Ben Pasek et Justin Paul, alias Pasek & Paul, le duo derrière le phénomène Dear Evan Hansen qui a remporté les Tony Awards l’an dernier. Les cinéphiles les connaissent peut-être mieux comme étant les paroliers de La La Land. Ils ont également écrit pour des chansons figurant dans Smash ou l’épisode musical de The Flash. Ce qui est certain, c’est que leurs paroles font preuve d’optimisme et d’acceptation. Faire des erreurs, oui, mais apprendre de ces erreurs, c’est encore mieux ! En tant que film musical, The Greatest Showman réussit à intégrer les chansons pour faire avancer l’histoire, donc il vaut mieux prêter à ce qui est dit en mélodie. Ce mélange de pop pour un divertissement en costumes présente presque une sorte d’anachronisme qui rajoute du charme au film. Non, on est loin du spectacle de cabaret ambulant.

Quoi, des défauts ? Bien sûr, des tas ! Comme par exemple un lip sync à la limite de l’amateurisme accompagné de soucis audios vraiment pas terribles. Comparé aux Misérables, on peut pas dire que The Greatest Showman a géré. Et le cast des Miz chantait live. En plus, Rebecca Ferguson est doublée pour sa voix chantée de Jenny Lind (véritable chanteuse d’opéra), ce qui est assez ridicule de nos jours quand des comédiens talentueux savent aussi bien jouer la comédie que pousser la voix. Enfin, les enjeux peuvent paraître bien faibles tellement ils sont concentrés sur la fortune d’un seul homme (c’est le Jackman show, ne vous leurrez pas). Mais je pardonne tout car d’une part, l’important ici ce n’est pas tellement l’histoire en elle-même qui est assez superficielle, mais plutôt les différents tableaux qui se succèdent. Ensuite Ferguson est absolument sublime dans ce rôle (où ses yeux pétillent, vraiment) que ça ne me dérange pas de voir la scène en sachant que c’est Loren Alldred qui chante. Enfin, la bonne volonté dégagée par les danseurs et chanteurs à travers les différents numéros fait oublier la piètre maîtrise audio. Ces défauts disparaissent vite tellement on est happé par la magie du film qui prend sens. Le spectateur s’émerveille devant les chorégraphies, et le spectacle se déroule presque en live sous nos yeux.

(P.S. : bref, mon manque d’objectivité vis-à-vis de ce film est assez marqué, mais devant la pauvreté des films musicaux, je tire mon bonheur où il y a de l’offre… Pour les amateurs de comédies musicales, une vidéo des coulisses explique comment pour vendre le projet principalement grâce aux chansons plusieurs grands noms de Broadway ont chanté sur la bande demo, et notamment Jeremy Jordan qui a dû remplacer Hugh Jackman qui venait de subir une opération chirurgicale qui l’empêchait de chanter… normalement. Vous reconnaîtrez Jeremy Jordan ou encore Cynthia Erivo.)

(P.P.S. : j’ajoute une performance live présentée à l’occasion de la comédie musicale live de la FOX à Noël A Christmas Carol où ils ont incrusté le cast de The Greatest Showman pour faire de la pub. Alors juste pour prévenir, ça fait un peu plus kitsch que dans le film, mais y a une idée de la qualité et de la précision de tout ça.)